Journée nationale prune : objectif qualité

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    C’est devant une salle comble que la journée technique de la prune s’est tenue à Moissac le 23 janvier. L’occasion de réaffirmer l’hégémonie des prunes traditionnelles et la nécessité d’innover, avec une exigence : la qualité.

    © végétable

    Treizième producteur mondial (en volumes), la France produit 50 000 à 60 000 tonnes de prunes selon les années. « Suite à une année 2019 particulièrement compliquée avec des volumes abondants mais un marché tendu, la filière devra travailler cette année avec l’aval afin de défendre son produit », a déclaré Joël Boyer, président de l’AOP nationale prune, dans son discours d’ouverture. Les exportations de prunes françaises, situées autour de 15 000 tonnes depuis 2011, se font en grande partie avec l’Europe (Belgique, Allemagne, Suisse, Pays-Bas et Royaume-Uni). L’accès aux pays-tiers est en effet particulièrement difficile, comme a pu en témoigner Daniel Soarès, directeur de l’export chez Interfel, qui espère ouvrir prochainement un marché au Vietnam. Pour Marc Peyres, directeur commercial export de Blue Whale, « ce sont les nouvelles variétés américano-japonaises qui permettront à la filière de gagner des parts de marché à l’export ». Ces dernières souffrent en effet d’un manque de notoriété sur le marché national, comme l’indique l’enquête consommateurs menée par le CTIFL. Selon elle, si huit Français sont dix sont capables de citer une variété de prune spontanément, 80 % de ces citations concernent les prunes traditionnelles (mirabelle, reine-claude, puis quetsche). Les variétés américano-japonaises ne sont quant à elle pas identifiées par leurs noms (Golden Japan, TC Sun, Ruby Crunch, Lilyploom, Metis, etc.) mais par leur couleur (jaune et rouge).

    Qualifiées de sucrées, parfumées, juteuses et croquantes, les prunes bénéficient par ailleurs d’une bonne image, la prune préférée des Français étant la mirabelle, en progression constante depuis 1996. Prix et maturité constituent les deux premiers critères d’achat de la prune, suivis par la variété et l’origine, la qualité étant le principal facteur de renoncement à l’achat, devant le prix et l’origine. Autant de constats partagés par les différents intervenants de la table-ronde qui a suivi. Primeur à Toulouse, Jean-Yves Bastides ne commercialise que des prunes produites localement et cueillies à maturité d’août à octobre, et refuse certaines variétés, jugées peu gustatives. Même chose chez Carrefour, qui a blacklisté la variété Golden Japan en 2019, ce qui ne l’a pas empêché de vendre 8 % de volumes supplémentaires. « Il est important de proposer les bonnes variétés au bon moment. On démarre la prune début juillet en origine France avec un minimum de variétés. On met ensuite le paquet quand la reine-claude arrive, car la saison commerciale commence véritablement avec elle », a expliqué Elodie Gardan, sourceuse de l’enseigne. Pour le grossiste Didier Pigasse, gérant de Fayos, « la filière prune doit prendre exemple sur celle de l’abricot, qui a su éliminer ce qui n’était pas bon ». Côté producteurs, une partie de l’avenir semble résider en la certification HVE, qui devrait par ailleurs entrer dans la conditionnalité des aides Pac à compter de 2022. « Il ne s’agit pas d’une démarche supplémentaire, mais d’une mention valorisante pour communiquer, à destination des consommateurs, et pour récompenser les agriculteurs qui méritent de sortir du lot », a déclaré Laurent Brault, membre de l’Association nationale pour le développement de la certification HVE, avant d’exhorter les producteurs à « ne pas passer à côté de cette formidable opportunité » !

    Joël Boyer est président de l’AOPn prune. © végétable

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