Courges : la dynamique se poursuit en butternut

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    La production française de potimarron se stabilise, tandis que le butternut progresse, suivant la tendance mondiale.

    courges en rayon
    © végétable

     « On a probablement atteint un plafond de verre de 2020 en potimarron, alors que pendant ce temps, en butternut, les surfaces continuent de se développer depuis 2018 », assure Simon Gilles, chef de produit courges chez Enza Zaden, présent sur le Sival à Angers. « Et la demande suit, il reste du potentiel. » Un succès qu’il explique par le potentiel culinaire et le pouvoir des réseaux sociaux. « Le butternut permet des usages culinaires très différents. Et il a l’avantage de porter le même nom en anglais. Il est très populaire aux États-Unis : cela ouvre sur des centaines de recettes directement accessibles sur Tik-Tok. »

    Et le travail de sélection variétale contribue à favoriser la consommation. « La gamme progresse… Il nous reste beaucoup de pédagogie à faire sur les usages. Le butternut est encore trop souvent perçu comme un légume d’hiver ou destiné à la confection de soupes, alors qu’une nouvelle clientèle le consomme déjà de multiples façons tout au long de l’année », souligne Hervé Bos, responsable développement de Sakata France.En 2023, la demande en courges s’est montrée soutenue dès le mois de de mai, tirant les importations du Maroc et d’Espagne.

    Saturation précoce du marché à l’automne

    Pour la campagne française, les semis de potimarron se sont déroulés dans des conditions difficiles, plutôt fraîches et humides, entraînant des décalages de cycles et un certain manque de vigueur généraux sur plante, couplés à des à-coups de fortes chaleurs durant l’été. Ces deux facteurs étant limitants pour la conservation des fruits, ils ont provoqué un phénomène de saturation précoce du marché à l’automne 2023.

    « Depuis janvier, l’offre est donc très réduite, avec une augmentation significative des prix d’achat pour les producteurs, et on voit déjà arriver des importations du Pérou », affirme Simon Gilles. « On s’attend à une baisse de surface de potimarron en 2024-2025, qui devrait se traduire par de bons niveaux de valorisation pour les producteurs comme nous l’avons déjà connu entre 2019 et 2021, à la suite d’un creux dans les mises en culture après la campagne 2018. »

    La conservation reste le challenge prioritaire des producteurs de potimarron et, bien que l’offre variétale améliore ce critère par la génétique, les conditions météorologiques de récolte ont un impact considérable sur la capacité de conservation pendant l’hiver. « A contrario, les tonnages de butternut étaient supérieurs, avec un potentiel de conservation naturellement plus long qui leur permet d’avoir une disponibilité au-delà de l’hiver. »