Comment associer protection et innovation ?

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    Invenio a profité de sa journée « bilan et perspectives », le 14 novembre dernier, à l’Inrae de Cestas, pour présenter les avancées de plusieurs de ses travaux de recherche liés à des techniques ou leviers de protection des plantes.

    journée Invenio
    © végétable

    Pas moins de sept avancées mécaniques ouvrant de nouvelles perspectives pour réduire l’usage des intrants et renforcer la durabilité des cultures ont été présentées à la cinquantaine de producteurs, techniciens, chercheurs et expérimentateurs présents dans la salle, le 14 novembre dernier, à l’Inrae de Cestas. Longtemps limitée par sa mise en œuvre, la glu arboricole, méthode éprouvée de lutte contre les bioagresseurs, utilisée pour empêcher la remontée des insectes du sol, trouve un nouvel élan grâce aux travaux du pôle machinisme, réalisés en partenariat avec le fabricant Armosa. Ce dernier a en effet développé une machine qui, à l’aide de deux perches actionnées manuellement par deux opérateurs, permettent de déposer, en un seul passage, de la colle tout autour des troncs des arbres des vergers arboricoles. Elle sera présentée au Sival en 2026, où Invenio espère décrocher un prix.

    De nouvelles technologies évaluées par Invenio ouvrent la voie à une application ciblée et ultraprécise des traitements, permettant de réduire drastiquement les volumes utilisés et de rendre viables des alternatives jusque-là économiquement inaccessibles. Parmi elles, la pulvérisation de précision (projet Aupsa 2024-2027). Testée notamment en carotte sur des problématiques de désherbage (morelles noires, datura, souchet), cette technologie semble en bonne voie avec le pulvérisateur ARA d’Écorobotix. Équipé de caméras dotées d’intelligence artificielle reconnaissant adventices (2 mm minimum) et culture (2 cm), il permet de paramétrer une pulvérisation ciblée sur une zone de 6 x 6 cm et ainsi de réduire les IFT (indicateurs de fréquence de traitements phytosanitaires) et leur impact environnemental.

    Nouvelles stratégies de protection

    La micro-injection sécurisée, testée sur châtaignier dans le cadre des projets Premisse (entre 2015 et 2018) et Mispa (entre 2021 et 2024), est également prometteuse. Grâce à une aiguille directement insérée dans le tronc, l’arbre ne subit pas de meurtrissure et la migration du produit est assurée par les faisceaux du xylème (sève brute). De son côté, le Sigs (Spray Induced Gene Silencing) s’appuie sur la technologie ARN, connue pour son rôle majeur dans la lutte contre le Covid-19, pour renforcer la lutte contre les bioagresseurs, via la désactivation des pathogènes. Les phéromones et empreintes olfactives inspirent de leur côté de nouvelles stratégies de protection.

    Les derniers développements autour de la pose automatisée, par drone, d’anneaux de confusion sexuelle sur châtaigniersouvrent la voie à une utilisation élargie de cette technique naturelle et efficace. Le largage de trichogrammes adultes sur verger est à l’étude. Un travail sur l’identification, par son empreinte volatile, de la pourriture brune de la châtaigne (qui cause 20 à 50 % des pertes mondiales), mené en partenariat avec l’institut des sciences analytiques et de physico-chimie pour l’environnement et les matériaux du CNRS de Pau, semble prometteur pour le développement d’un outil de détection précoce du champignon. Enfin, le désherbage par laser, testé et approuvé sur la carotte avec 95 à 99 % d’efficacité, pose maintenant la question de son intégration dans les itinéraires techniques.