Alors que l’alimentation représente le premier poste d’exportation de la France, ses performances se dégradent fortement. Le CNPA alerte les pouvoirs publics et appelle à « raviver la fierté d’exporter, relancer la compétitivité des productions et conquérir de nouveaux marchés ».

« À l’échelle mondiale, la France est passée entre 2010 et 2024 de la 2e à la 6e place des pays exportateurs. Ses parts de marché, de 2015 à 2024, ont chuté de 5 % à 4,2 % », pointe Yannick Fialip, président du CNPA (Centre national pour la promotion des produits agricoles et alimentaires). Le 18 novembre, lors des premières assises de l’export alimentaire, en s’appuyant sur les chiffres de l’Observatoire des exportations alimentaires du CNPA, il souligne ainsi la dégradation des positions françaises à l’international.
« Les produits agricoles et agroalimentaires représentent le premier poste d’exportation de la France, avec 82,5 Md€ en 2024, et 14 % du chiffre d’affaires global, soit 25 Md€ de plus que l’aéronautique (à 9,8 %), les véhicules et équipements (8,8 %) et la chimie (8,8 %). L’alimentation demeure le 3e excédent de la balance commerciale française. Mais depuis dix ans, de 2015 à 2024, la France, loin de profiter de la croissance de la demande alimentaire mondiale (+2,4 %), voit ses performances reculer au profit de ses voisins européens », déplore-t-il.
Le ton est grave. Sur cette même période, les exportations de produits agricoles ont en effet chuté de 20 % en volume, passant de 41,78 Mt à 37,45 Mt et celles de produits agroalimentaires ont perdu 7 %, de 30,17 Mt à 28,31 Mt, alors que les exportations européennes ont bondi de 61 % et mondiales de 55,7 %.
La balance commerciale des produits alimentaires français a ainsi reculé de 4,5 Md€ (de 10,5 Md€ à 5,92 Md€). « Et ce n’est pas près de s’arranger », assène-t-il. « Les huit premiers mois de 2025 montrent une balance commerciale alimentaire historiquement basse, avec une dégradation de 93 % du solde cumulé par rapport à la même période en 2024 (de 4,5 Md€ en août 2024 à 0,35 Md€ en août 2025). »
Mobiliser les pouvoirs publics
Les raisons de ce marasme, selon lui ? « Une stagnation des exportations françaises vers l’Union européenne qui a conduit la France à perdre sa place sur le podium, derrière les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Espagne, qui suivent, eux, une dynamique de croissance. »
Les solutions ? « Par ses premières assises, le CNPA souhaite contribuer à l’information et à la mobilisation des pouvoirs publics. Nous appelons notamment à simplifier et assurer une meilleure coordination entre ceux-ci et les acteurs du secteur ; à améliorer l’accès aux marchés porteurs et l’accompagnement des entreprises dans les pays clés ; ainsi qu’à mieux promouvoir nos productions à l’international. »
Le CNPA poursuit ainsi sa campagne de sensibilisation, lancée en 2023 avec la création du Collectif export et souveraineté alimentaire, pour la relance des exportations des produits agricoles et agroalimentaires français. Ce collectif fédère les principaux acteurs de la filière alimentaire : Ania, Anivin de France, Chambres d’Agriculture France, CNIPT, CNMCCA, FNSEA, Inaporc, Interbev, Intercéréales, Interfel, et la Coopération agricole.










