Lors d’une journée portes ouvertes organisée chez les Serres du Val à Saint-Denis-en-Val (Loiret), Kultive a mis en avant ses perspectives en aubergine française.

Le 20 mai dernier, une vingtaine de participants se sont retrouvés sur l’exploitation de Yann Jacques pour découvrir ses installations et échanger autour des perspectives de développement de l’aubergine, une production encore minoritaire en France. Parmi eux figuraient plusieurs acheteurs de la grande distribution et du commerce, tels que Leclerc, Intermarché, Carrefour ou Pomona. À travers cette rencontre, Kultive souhaite désormais affirmer son positionnement sur la filière aubergine auprès de ses clients, dans un marché encore largement dépendant des importations.
Le bureau de vente, qui regroupe 3 OP et près de 50 producteurs pour un chiffre d’affaires de 90 millions d’euros, souhaite poursuivre la diversification de son offre. « Il y a des kilos d’aubergines à aller chercher sur les gros mois de consommation, en période estivale », souligne Alexandre Picault, directeur commercial de Kultive. L’entreprise compte aujourd’hui 4 producteurs spécialisés sur cette culture, avec une offre disponible dès fin février. Les volumes commercialisés devraient atteindre 3 000 tonnes cette année. Une progression portée en grande partie par Yann Jacques, qui représente à lui seul environ 80 % des volumes du bureau de vente.
Des investissements pour accompagner la croissance
Repreneur depuis 2019, le gérant des Serres du Val poursuit ses investissements pour accompagner cette dynamique. « L’histoire du bassin orléanais croisée à mon histoire m’a amené à la culture d’aubergines », explique-t-il. Cette année, l’exploitation prévoit de produire environ 1 900 tonnes grâce à la récente construction d’une serre de 2,5 hectares, pour un investissement estimé à 2,5 M€/ha.
Au total, 5 ha sont désormais consacrés aux aubergines sur son exploitation, principalement des variétés noires, auxquels s’ajoutent 2 000 m² de blanches et 4 000 m² de Graffiti. D’ailleurs, ces deux dernières variétés suscitent un intérêt croissant ! Initialement destinées aux grossistes, ces références trouvent désormais leur place en GMS, avec une demande en forte augmentation, comme en témoignaient de nombreux acheteurs lors de cette journée.
À la Sopa, dont Yann Jacques est président, une nouvelle chaîne de conditionnement largement automatisée est entrée en service cet hiver, avec notamment un robot assurant la palettisation de 70 % des palettes pour limiter la manutention des produits. Le producteur revendique également un positionnement qualitatif fort : « Nous nous positionnons en premium. Nous sommes très stricts dans les tris d’écartement. Nous avons cette constante de qualité d’aubergine irréprochable. »
La RSE au cœur du développement des Serres du Val
Au-delà des volumes, les Serres du Val ont également présenté plusieurs actions engagées autour de la décarbonation et de la RSE. L’exploitation mise, par exemple, sur la PBI (protection biologique intégrée) ou encore l’isolation des serres via des écrans thermiques. La question sociale constitue également un enjeu central pour cette culture réputée plus technique et plus exigeante en main-d’œuvre que le concombre.
« Par exemple, les chefs de culture sont des profils en pénurie, donc nous investissons avec de la formation en interne, dans le but de fidéliser nos nouvelles recrues », explique Élodie Vilette, responsable RH des Serres du Val. Deux chefs de culture juniors étaient d’ailleurs présents lors de la visite, formés par la cheffe de culture senior. L’exploitation compte aujourd’hui 23 nationalités parmi ses salariés, faisant du management et de l’intégration un axe structurant de son fonctionnement.











