Une nouvelle banane bio, bonne et française !

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    C’est un réel événement dans l’univers de la banane : l’arrivée d’une nouvelle variété là où la Cavendish règne en maître depuis des décennies. Mais l’UGPBAN avait d’autres nouveautés à annoncer.

    Tous les acteurs de la filière étaient rassemblés, le 25 février dernier, pour présenter une nouvelle banane, à l’occasion du Salon de l’agriculture : développée par la filière des Antilles françaises, et commercialisée par Carrefour, elle se nomme « Pointe d’Or ». C’est qu’elle est le résultat d’un travail de plusieurs années, ayant mobilisé tous les chaînons, depuis la création variétale portée par le Cirad, au développement technique assuré par l’IT2 (Institut technique tropical), puis les premières plantations réalisées par une poignée de producteurs n’ayant pas froid aux yeux, jusqu’aux ajustements en matière de logistique et de mûrissage pour cette variété qui exige des conditions de température et d’hygrométrie adaptées, et enfin, à l’adaptation de la distribution en magasin.

    Issue de la variété Cirad n°925, la Pointe d’Or présente de nettes différences d’avec sa cousine Cavendish et de sérieux atouts pour se faire une belle place dans le rayon. D’abord, elle est naturellement tolérante à la cercosporiose, maladie cryptogamique qui touche les feuilles du bananier. Elle peut donc être plus aisément cultivée en bio, dans une filière dont les pratiques agroenvironnementales ont énormément progressé avec les plans Banane durable 1 et 2. Ensuite, le fruit est plus petit, sa peau un peu plus fine et plus sensible à la marbrure. Enfin, le goût de la Pointe d’Or est remarquable, très aromatique, sa texture assez crémeuse, et elle est produite exclusivement dans les Antilles françaises : 135 ha ont été plantés par 6 producteurs, et une production d’environ 1 000 t est attendue pour 2020.

    La banane Pointe d’Or sera distribuée exclusivement par Carrefour cette année.

    C’est Carrefour qui en assure la commercialisation, en exclusivité, et qui soutient le développement de cette filière, via un partenariat signé pour trois ans avec l’UGPBAN et des investissements prévus dans les magasins. « Nos primeurs seront formés à cette nouvelle banane, et des animations sont prévues, avec l’UGPBAN, pour faire connaître le produit aux consommateurs. On est convaincus que le client l’aimera », témoigne Mathieu Lovery, directeur fruits et légumes chez Carrefour. Pour 2020, il prévoit de commercialiser 500 t de Pointe d’Or bio sur un positionnement prix premium (entre 2 € et 2,8 €/kg), et 800 t encore en conversion sur un prix intermédiaire, les deux gammes se distinguant par deux rubans différents. Soulignons que la Pointe d’Or coûte nettement plus cher à produire que la Cavendish et suppose des coûts de logistique spécifiques. L’engagement prix-volume de Carrefour et la réponse espérée des consommateurs seront déterminants pour le développement à venir. Les producteurs, quant à eux, sont déjà prêts à planter !

    Autre nouveauté annoncée par l’UGPBAN : un second partenariat signé pour trois ans avec Carrefour, qui concerne cette fois l’entrée de sa banane Cavendish dans la Filière qualité Carrefour. « C’est la première fois que la banane entre dans notre filière », souligne Mathieu Lovery. Toute la difficulté est de satisfaire à l’exigence du cahier des charges, qui interdit tout traitement chimique en post-récolte et tout insecticide en production. Si les insecticides ont été supprimés des bananeraies antillaises depuis une dizaine d’années, le post-récolte demeurait un point délicat. Une solution a été trouvée avec l’usage de levures naturelles, le nexy, mais les pertes demeurent encore importantes à l’ouverture des containers. Carrefour prévoit de commercialiser 8 000 t de banane FQC pour 2020, identifiées par une étiquette. Un QR Code permettra au consommateur de retrouver toutes les informations concernant la banane, son parcours, ses conditions de production, via la blockchain.

    Enfin, au niveau de l’UGPBAN, le plein potentiel de production est attendu pour 2020, avec 220 000 à 230 000 t. Le développement de la gamme « La Banane Française » se poursuit, avec sa déclinaison « Équitable », visant à en commercialiser 30 000 t au total (contre 25 000 t en 2019 et 5 000 t en 2018).

    La banane Cavendish FQC porte une étiquette avec un QR Code, donnant une transparence totale sur l’origine du produit, via la blockchain.