S’unir pour la recherche d’alternatives aux phytos

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    Le collectif Contrat de solutions commence à communiquer sur le terrain auprès des agriculteurs et s’est réuni, pour la seconde fois, en Bretagne début décembre.

    Les représentants de Contrat de solutions se trouvaient il y a quelques semaines au cœur du bassin breton de production de plants de pommes de terre à Hanvec (Finistère), à l’invitation de la FDSEA. Cette association nationale créée en 2019 par la FNSEA rassemble 44 partenaires nationaux qui veulent identifier et partager les leviers permettant de réduire l’usage de produits phytosanitaires. Tous les secteurs du végétal sont concernés, du légume aux céréales en passant par l’arboriculture, la viticulture, etc. À ce jour, « 100 fiches-actions ont été validées et font l’objet d’une large diffusion », souligne Éric Fallou, administrateur de l’association et une quinzaine concernent spécifiquement le légume. Également président de la FN3PT (Fédération nationale des producteurs de plants de pommes de terre), il est en terrain conquis à Hanvec. La commune du centre Finistère abrite le siège de Bretagne-Plants, une des trois organisations de la FN3PT.

    Contrat de solutions prône « une approche système, la sélection variétale et l’appropriation des résultats par le terrain », selon Éric Fallou. À la station expérimentale de Bretagne-Plants, différents travaux en cours concernent le désherbage mécanique, l’usage d’huiles minérales en biocontrôle, en lieu et place d’insecticides pour lutter contre les pucerons porteurs du virus Y. On teste également le paillage en inter rangs pour perturber le système de localisation des plants par le puceron, ou encore l’implantation de plantes compagnes pour dévier les insectes de leur cible. Il s’avère en revanche plus compliqué de trouver des solutions alternatives efficaces pour lutter contre le mildiou ou les taupins. Aussi Bretagne-Plants réfléchit à une approche-système dans le but « d’améliorer la fertilité des sols pour réduire leur pression parasitaire », explique Philippe Dolo, responsable technique de la station technique. L’essai nécessite de couvrir au maximum les sols et de limiter le travail de la terre. Démarré cette année sur 4,5 hectares, il devrait donner des résultats au bout de trois-quatre ans. Après Hanvec, Contrat de solutions prévoit de multiplier les déplacements en région en 2022. Une démarche absolument indispensable : le retrait des molécules phytosanitaires les plus toxiques va se poursuivre et les professionnels doivent travailler d’arrache-pied pour valider des solutions alternatives. Le risque est grand, en effet, de voir leur production baisser s’ils se retrouvent dans une impasse technique.

    © Bretagne Plants