Quatrième gamme : affirmation collective et positive

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    Les industriels des produits végétaux frais prêts à l’emploi reprennent l’initiative d’une visibilité collective afin de se repositionner dans un environnement agricole et alimentaire en évolution rapide.

    C’est une association, on pourrait presque dire un club : à cinq (Bonduelle, Crudettes, Florette, Florette Food Service et Rosée des Champs), ils représentent 90 % des produits végétaux frais prêts à l’emploi (principalement des salades) élaborés et consommés en France, pour un volume de 120 000 tonnes de sachets de salades commercialisés à raison de  2/3 en GMS et 1/3 en RHD. La dynamique du secteur reste positive avec une hausse des volumes constatée de 1,4 % en 2018 pour une progression de chiffre d’affaires de 2,3 % qui participe de la tendance généralisée à la premiumisation dans le secteur alimentaire. Les consommateurs plébiscitent la praticité et le gain de temps procurés par les salades de 4e gamme qui constituent un bon moyen de parvenir à ingérer 5 fruits et légumes par jour ! Les achats sont désormais réguliers sur toute l’année et déconnectés des fluctuations du marché de la salade 1re gamme, ce qui n’était pas le cas naguère. Bref, 1re et 4e gamme ont fini par bien positionner leurs place et complémentarité respectives. Les salades de 4e gamme bénéficient d’un niveau de confiance relevé, d’un vaste choix de textures, de couleur, de saveurs. Les fondamentaux sont au vert et les acteurs du secteur s’affichent plutôt sereins même si le gros de la croissance s’opère plutôt dans les Drive et dans les circuits de proximité moins dans les hyper et supermarchés. Les salades de 4e gamme continuent de recruter de nouveaux acheteurs et ont gagné encore un point l’an dernier à 74 % de ménages acheteurs. Il faut dire que les modes de conditionnement et la segmentation de l’offre permettent de concevoir des références adaptées à tous les formats de ménages et tous les modes de consommation sachant que les produits bio sont ici aussi les moteurs de la croissance (6 % de ce marché en 2018) avec un doublement des ventes en 2018 à 10 millions de sachets. Mais ces produits sont toujours proscrits de l’univers du commerce bio spécialisé du fait de leur emballage. La nature de cet emballage est d’ailleurs posée, notamment sa capacité de recyclage et, plus complexe encore, sa biodégradabilité. Des dossiers sur lesquels les industriels travaillent très activement. Notons également que le process de traitement des produits bio proscrit le lavage initial à l’eau chlorée, ce qui implique d’utiliser 5 à 10 fois plus d’eau pour garantir la propreté et la bonne conservation des salades ! Côté végétaux, les salades tendres, laitues et mâches restent privilégiées mais il faut noter la montée de l’iceberg ainsi que des jeunes pousses. D’avril à novembre, 80 % des salades élaborées sont cultivées en France, les proportions sont infiniment plus faibles le reste de l’année, les provenances espagnole et italienne étant naturellement privilégiées. Mais la provenance méditerranéenne n’est pas pour autant une garantie totale vis-à-vis des aléas climatiques de plus en plus imprévisibles… Sur le plan industriel, la France compte 10 sites de fabrication pour un total de 2 500 collaborateurs, auxquels on peut rajouter environ un millier d’emplois en production maraîchère. La relation amont est fondée sur des contrats de culture, le plus souvent de long terme, exigeant le respect de cahiers des charges très stricts. Les orientations actuelles tendent vers le développement d’une agriculture de précision, la réduction des intrants, le recours aux filets anti-insectes, au binage plutôt qu’aux désherbants et naturellement à l’accompagnement de l’expansion des filières bio.

    Quant aux missions de l’association, elles se concentrent sur l’évolution du guide des bonnes pratiques et l’encadrement de ces pratiques, en lien notamment avec l’Anses, le suivi de la convention collective, le travail sur la filière amont et un peu de communication collective.