Pollinisation : nouvelle étape pour L’Abeille rousse

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    L’association L’Abeille rousse-Adipae Pollexpert a inauguré son nouveau laboratoire dans le Vaucluse, en juin dernier.

    Jean-Marc Cheyrias montre des cocons d'abeilles rousses.
    Jean-Marc Cheyrias réintroduit des cocons d’abeilles dans les vergers. © végétable

    L’Osmia Cornuta, plus connue sous le nom d’abeille rousse, est une espèce d’abeille sauvage solitaire. Contrairement aux abeilles sociales plus connues, elle ne fabrique pas de miel. La femelle pond ses œufs dans des cavités qu’elle maçonne, s’accommodant facilement d’abris que l’homme peut lui procurer. Elle consacre sa courte existence à sa future descendance en construisant des cellules pour abriter ses œufs et stocker pollen et nectar.

    Et c’est parce que la collecte du pollen des rosacées et du nectar de pruniers et poiriers est à la base de son alimentation que cette abeille intéresse particulièrement certains acteurs de la filière fruits et légumes. D’autant plus que l’Osmia Cornuta est aussi la première à apparaître dans l’année (courant mars).

    Aider les agriculteurs en période de pollinisation

    L’association L’Abeille rousse-Adipae Pollexpert  (dont nous nous sommes déjà fait l’écho depuis sa création en 2018) a vocation à sauvegarder cette abeille sauvage, préserver son travail de pollinisateur et aider les agriculteurs en période de pollinisation. Trois hommes sont à l’origine de ce projet : Jean-Marc Cheyrias, ingénieur agronome, affiche plusieurs années d’activité professionnelle dans la protection des plantes, dont la protection biologique.

    Paul Bonnaffé, surnommé « Monsieur Polinisateur », est apiculteur professionnel depuis 1985. Il œuvre via un groupe de travail dédié à la pollinisation en Provence, est impliqué au niveau de la filière apicole. Martin Perrigault apporte une précieuse expertise en élevage des pollinisateurs sauvages.

    Le 28 juin dernier, L’Abeille rousse a inauguré son laboratoire à Pernes-les-Fontaines (84). L’occasion de remercier chaleureusement la famille Pantagène qui les héberge sur son exploitation.

    Les producteurs, soutiens financiers, passionnés, étaient venus nombreux pour un bilan de l’association, qui compte aujourd’hui parmi ses partenaires le pomiculteur Pom’Évasion, la Compagnie des Amandes, le producteur Lazare, spécialiste de la cerise au pied du Ventoux…

    La vocation du laboratoire est de protéger les larves des abeilles des prédateurs potentiels (champignons, insectes) et des intempéries durant la période hivernale. Au printemps, les larves seront déplacées à proximité des vergers (cerisier, amandier ou pommier) à polliniser une dizaine de jours avant la floraison.

    Partage des compétences au sein de L’Abeille rousse

    La soirée a également permis de souligner que l’association est ouverte au partage des compétences : Élie Dunand, agronome et conseiller agronomique, y apporte ses connaissances en botanique. « Le pollen est une source de protéines indispensable pour les abeilles. Il faut qu’elles aient accès au pollen 12 mois sur 12, ce qui nécessite environ 120 plantes mellifères ! » s’est-il enthousiasmé, en présentant des échantillons de plantes dans des jardinières installées près du laboratoire.

    cocons d'abeille dans les vergers
    © L’Abeille rousse