Plan de souveraineté : quel bilan un an après ?

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    78 % de l’enveloppe financière de soutien aux investissements issue de différents guichets a été consommée, même si certains se sont ouverts tardivement. Premier bilan positif donc, estiment les principales organisations interprofessionnelles de la filière, même si, sur le terrain, les entreprises attendent des résultats à effets immédiats et de long terme.

    © végétable

    Premier « plan de reconquête pour la filière fruits et légumes » ou « plan de la dernière chance » annoncé de façon historique au moment du SIA (Salon international de l’Agriculture) le 1er mars 2023 : c’est tout naturellement qu’un premier bilan un an après ce lancement s’imposait*. Le 29 février, pendant le SIA, la filière dans son ensemble et le ministère se sont réunis pour pointer constats, difficultés, mais aussi avancées. L’année 2023 a été celle de la mise en route du plan, de l’ouverture des premiers « guichets » et AAP (appels à projets). « C’est un fait, la filière a besoin d’investissements. Les travaux engagés avec plus de 130 acteurs et représentants de la filière ont permis la rédaction de 40 fiches actions définies en faveur de la souveraineté pour la filière. 78 % des crédits ont été consommés, c’est que ça fonctionne plutôt bien ! » a introduit Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. « Une dynamique positive » et un « premier bilan globalement positif » salués de concert par les principales organisations interprofessionnelles, Interfel, Anifelt et CNIPT.  

    Poursuite des travaux en 2024

    Ainsi, 200 M€ du dispositif France 2030 ont été mobilisés au cours de l’année écoulée, dont 100 M€ sur le volet de l’innovation en des agroéquipements dans les exploitations. Pour 2024, le ministère promet de « nouveaux outils plus opérationnels ». Un financement de 100 M€ est dédié à la filière dans le cadre de la planification écologique : nouveau plan national d’expérimentations quadriennal en faveur de la protection des cultures, délivrance d’autorisations temporaires en cas d’urgence phytosanitaire, guichets et appels à projets fléchés sur la transition agroécologique… selon Maud Faipoux, directrice générale de l’Alimentation. Rappelons que l’objectif est de gagner 5 points d’auto-approvisionnement dès 2030 (soit 55 % de production origine France) et 10 points à horizon 2035 (soit 60 %).

    Maintenir les efforts sur la recherche de solutions

    Dans le détail, l’État et les professionnels ont amorcé plusieurs actions. Sur le volet A « protection des cultures », un diagnostic précis des usages menacés a été mené (106 usages déclarés mineurs) et un plan d’anticipation du retrait potentiel de substances actives a été lancé au printemps dernier (plan Parsada). Sur ce volet, l’interprofession a demandé un « maintien des efforts sur l’innovation et la recherche de solutions alternatives, de façon à ne pas supprimer tous les moyens de production dans la période intermédiaire : pas de suppression sans solution ».

    20 M€ pour la rénovation du verger

    Sur l’axe B « compétitivité et équipements », 100 M€ ont été mis au service de cet axe, suivis de l’ouverture de 5 appels à projets dédiés à la filière (guichets serres, agroéquipements fruits et légumes, du verger et outre-mer, irrigation). Dès ce printemps, le montant de 100 M€ est reconduit et plusieurs dispositifs prendront la suite des guichets France 2030, en particulier 20 M€ (en plus des 4 M€ de l’AAP FranceAgrimer existant) sont prévus pour la rénovation verger et adapter les variétés au climat. Le guichet pour décarboner les serres maraîchères est reconduit à 30 M€, celui des agroéquipements fruits et légumes à 40 M€ (dont 10 M€ dédiés aux agroéquipements du verger). Au moins 10 M€ sont ouverts dans d’autres dispositifs génériques, à toutes les filières : guichet maturation, AAP projets de territoires, agroéquipements phytos.

    Sur le volet C (recherche et expérimentation), 6 M€ dans le cadre des AAP Casdar 2023 ont été alloués, dont 2,5 M€ pour les fruits et légumes transformés, avec une poursuite annoncée de plusieurs dispositifs en faveur de la filière. Enfin, sur le volet D « dynamisation de la consommation », le soutien de l’État s’oriente davantage vers les réseaux territoriaux existants, via les PAT (projets alimentaires territoriaux). La filière porte également le soutien de la consommation de lait et fruits à l’école, au travers des 40 M€ à des associations d’aide alimentaire et 20M€ alloués pour des projets de solidarité. Les avancées de 2023 et les perspectives de 2024 sont récapitulées dans un document diffusé lors du SIA, téléchargeable ici.