« Nous rejetons l’accord du Mercosur »

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    La FNSEA et le DBV ont conjointement demandé de renégocier l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur.

    Le DBV (Deutscher Bauernverband ou fédération allemande des agriculteurs) informe, dans une déclaration conjointe avec la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), de la nécessité d’un commerce international fondé sur des règles qui s’opposent à l’éviction de la production alimentaire locale. Ceci dans le cadre de la publication de la stratégie commerciale de l’UE pour les années à venir, et opportunément dans le contexte de reprise des discussions concernant la ratification de l’accord commercial entre l’Europe et les pays du Mercosur, et sous l’impulsion de la présidence portugaise du Conseil. Tout en plaçant la durabilité au cœur de sa nouvelle stratégie commerciale et en renforçant le multilatéralisme, la Commission européenne n’a pas apporté de réponse concrète à la manière d’empêcher l’importation de produits bon marché produits dans des conditions environnementales nettement moins contraignantes qu’en Europe.

    Le président du DBV, Joachim Rukwied, a expliqué : « Une adaptation fondamentale de la politique commerciale est nécessaire pour que l’accord vert européen (Green deal) soit mené à bien. Les importations agricoles en provenance de pays tiers ne doivent pas saborder les normes européennes élevées et coûteuses en matière de protection des consommateurs, de l’environnement, du climat et du bien-être des animaux. » L’accord UE-Mercosur est un exemple de politique commerciale mal orientée. « Nous rejetons l’accord du Mercosur », en l’état. L’accord doit donc faire l’objet d’un nouvel examen de l’impact environnemental, climatique et sur le bien-être des animaux et être adapté aux normes du Green deal européen.

    Le DBV et la FNSEA demandent également l’interdiction d’importation de denrées alimentaires et de produits agricoles fabriqués à l’aide de substances ou des procédés interdits dans l’UE. Plus globalement, tous les accords commerciaux futurs doivent contenir des clauses spécifiques prévoyant que les produits agricoles ne pourront faire l’objet d’exemption de droits de douanes que s’ils respectent les standards environnementaux, climatiques et sur le bien-être animal, européens ou équivalents. Le respect des standards doit pouvoir être vérifié par des mécanismes, y compris des audits  et des inspections par des institutions de l’UE.

    Les denrées alimentaires et les produits agricoles, fabriqués à l’aide de substances ou de procédés interdits dans l’UE, ne peuvent être importés dans l’UE. Ces dispositions doivent être mentionnées dans l’accord. C’est à cette condition que la FNSEA et le DBV se positionnent au regard des futurs accords commerciaux.

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