Melon : quelles stratégies pour réconcilier offre et demande ?

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    Le CTIFL a accueilli sur son centre de Balandran une journée nationale melon le 7 décembre dernier. Les sujets liés à son développement sont nombreux.

    journée melon au CTIFL
    © végétable

    La journée melon du CTIFL s’est ouverte, en décembre, sur un panorama des niveaux de production des principaux pays producteurs qui s’adressent au marché français, de l’assortiment en point de vente et de la consommation. La photographie est celle d’un « marché mature, avec une production française qui se maintient malgré une baisse tendancielle des surfaces de -10 % en dix ans. En parallèle, l’effritement du volume d’achat doit être une préoccupation », a pointé le chargé d’études Matthieu Serrurier, ce qui n’a pas manqué de faire réagir quant à l’analyse des causes.

    D’où une table ronde réunissant les acteurs de la sélection, de la production et du commerce, organisée pour tenter de trouver des stratégies gagnantes pour un produit star de l’été, plébiscité par les consommateurs, détenu au plus fort de la saison en juillet par 92 % de magasins (51 % en moyenne à l’année)… mais régulièrement en crise. Le mode de vente du melon a fait débat, malgré une écoute mutuelle.

    L’arrivée de nouveaux labels

    « En restauration commerciale, depuis la crise de la Covid, le melon est en expansion, servi autant en entrée qu’en dessert. Il est également porté par la restauration collective, où la loi Égalim* fait bouger les lignes et les assortiments. Je me réjouis de l’arrivée de nouveaux labels », a exprimé Brigitte Le Gouvello, chef de produits fruits chez Terre Azur Refaly (groupe Pomona). « Mais nous sommes très loin d’atteindre les quotas en RHF, notamment en bio, même si on en a commercialisé davantage en 2023 comparé à 2022 », s’est étranglé Jérôme Jausseran, dirigeant de Force Sud.

    « Pour satisfaire le client final, le produit doit rester gustatif et attractif visuellement, bien se conserver, et nous avons besoin de gros calibres (9, 11) d’un point de vue industriel pour avoir une rentabilité, maîtriser les coûts et le prix final », a rappelé Christelle Fanin, responsable des achats fruits et légumes chez Florette. C’est plutôt le calibre 12 qui est recherché en grande distribution et une vente à la pièce plutôt qu’au kilo, plus facile en logistique, selon Boris Sertillange, acheteur fruits et légumes chez Système U Sud.

    Une conviction partagée : les habitudes de consommation évoluent, la fréquence d’achats aussi, ce qui nécessite de sélectionner en amont des variétés capables de bien se conserver, parfumées mais non musquées.

    « La rusticité des variétés devient un axe de recherche important pour demain, pour pouvoir passer les à-coups climatiques, notamment les moments de canicules. La résistance aux bioagresseurs aussi », a expliqué Philippe Mention, product manager chez HM Clause (groupe Limagrain).

    Il faut dynamiser le melon

    Quant aux promotions estivales, qui ont défrayé la chronique cet été et les insatisfactions côté production, Boris Sertillange a convergé sur la nécessité de « réduire les opérations tractées deux mois à l’avance au profit d’actions concertées en saison ». Pour autant, « il faut dynamiser le melon : 50 % des ventes se font par l’action promotionnelle ».

    La journée s’est poursuivie autour d’ateliers de présentations d’études et de résultats d’essais en matière d’analyse sensorielle, d’amélioration des pratiques culturales, les évolutions des qualités agronomiques et gustatives des variétés actuelles, mais aussi les règles de décision pour la gestion des bioagresseurs en culture de melon.

    * Depuis le 1er janvier 2022, la loi Égalim fixe un objectif de 50 % de « produits durables et de qualité », dont au moins 20 % biologiques, dans la composition des repas en restauration hors foyer.