Les enseignes réunies autour du collectif Génération responsable s’engagent vers plus de durabilité

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    Le 5 juin 2023 dans les locaux de la BPI à Paris, le collectif Génération responsable a fait un point d’étape sur le déploiement de ses labels « Enseigne responsable » et « Commerçants responsables », leviers d’attractivité pour les salariés et marque de transparence sur les engagements sociaux et environnementaux.

    Illustration du collectif Génération responsable
    © Collectif Génération responsable

    « Il devient indispensable pour les entreprises d’entrer dans l’action et d’avancer vers plus de durabilité, à la fois pour financer leurs investissements et donner du sens aux salariés », a déclaré Philippe Kunter, directeur du développement durable et de la RSE chez BPI France.

    Jocelyne Leporatti, présidente du collectif Génération responsable*, est revenue sur la progression des labels « Enseigne responsable » et « Commerçant responsable » ces trois dernières années. « Le collectif permet de partager les idées et de réfléchir à nos futurs possibles. L’engagement dans le label, qui est une démarche de progrès inspirée de la norme Iso 26000, encourage la transformation des pratiques. Le collectif Génération responsable devient un lieu de partage et de synergies entre les enseignes. Mais chaque organisation intègre la RSE à la stratégie globale de l’entreprise et définit ses priorités. La mobilisation des collaborateurs est primordiale pour la pérennité de la démarche. »

    Création de groupes de travail et désignation d’ambassadeurs

    45 enseignes sont déjà engagées. Pour démontrer l’impact positif de cette démarche, elles sont évaluées par un organisme tiers indépendant. Le collectif se félicite des retours de l’organisme SGS, qui a constaté une accélération de la démarche depuis janvier 2023, avec la création de groupes de travail et la désignation d’ambassadeurs de la démarche. « L’amélioration de la performance globale est indéniable, notamment autour de la question des relations et conditions de travail mais certains axes restent perfectibles, notamment le sujet du handicap et des droits de l’homme. » SGS pointe également que les questions de la biodiversité et du numérique responsable sont encore trop peu pris en compte par les enseignes.

    Quant au label « Commerçant responsable », plus de 1 000 points de ventes sont déjà engagés, en réponse à une demande de transparence et de durabilité de la part des clients mais aussi avec la volonté de développer une marque employeur, dans un marché de plus en plus concurrentiel. « Les magasins se distinguent sur le développement de partenariats locaux et l’ancrage territorial, qui est important et doit être valorisé, notamment pour le recrutement ». Des progrès sont néanmoins encore nécessaires sur la question des mobilités douces et la biodiversité, pour lesquelles peu d’actions mises en place selon SGS.

    Le collectif Génération responsable est revenu sur la progression des labels « Enseigne responsable » et « Commerçant responsable ». © végétable

    Après cet état des lieux, différents adhérents ont témoigné de leur expérience sur les différentes phases de la labellisation. À commencer par un engagement sincère de la direction dans la démarche. « L’exemplarité est indispensable pour insuffler la démarche dans les équipes », a confié Grégoire Bourdaud, président de la direction qualité et développement durable du groupement Les Mousquetaires, qui compte actuellement une centaine de points de vente labellisés. Il en vise 300 pour la fin de l’année et 100 % des points de vente labellisés en 2025.

    Faire connaître le label auprès des consommateurs et des collaborateurs

    « Ce label est la suite logique de toutes les démarches qualité et développement durable qui ont été poursuivies depuis 1995. Jusqu’à maintenant, notre stratégie était principalement axée sur la sobriété énergétique. Pour autant, nous mettons de plus en plus les collaborateurs et l’humain au cœur de la démarche, avec un effort de communication au niveau local à chaque labellisation de magasin. Pour les consommateurs, cela devient un point de comparaison entre les enseignes et apporte la preuve de nos engagements », a témoigné Grégoire Bourdaud. « Ce label contribue à la performance des entreprises. Et les hommes et les femmes sur lesquels on s’appuie sont le facteur clé de succès. Il faut écouter les équipes en place et identifier les bonnes personnes qui seront les ambassadeurs dans chaque point de vente. » Car il s’agit ensuite de déployer la démarche sur son réseau. « Chaque point de vente Metro reçoit son baromètre avec trois indicateurs dans chaque rubrique, qui permet de se benchmarker avec les autres sites. Ce qui crée une forte émulation. Nous accompagnons les moins avancés pour enclencher la démarche et suggérer de bonnes pratiques pour améliorer le score en partageant les expériences », a décrit Marie Garnier, directrice RSE de Metro France.

    De son côté, l’enseigne Casino a mis en place un réseau interne de collaborateurs engagés. Ce réseau « C l’empreinte » organise des groupes de travail opérationnels, pour donner les clés très concrètes, à la fois au travail et à la maison et pour déployer des formations. Ce groupe était également à l’initiative du baromètre de saisonnalité des fruits et légumes, positionné en rayon. « On assume de vendre des produits de contre-saison, mais au travers cette initiative on favorise surtout l’origine France et l’offre locale. Cela a été un vrai exercice de management pour changer le modèle de rentabilité du rayon et accepter de mettre en retrait certaines références », a expliqué Melek Figuet, directrice RSE.

    * Le collectif Génération responsable est une association créée il y a seize ans et qui regroupe 80 enseignes. Il représente 150 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 25 % dans le secteur alimentaire et restauration.