L’avocat, un fruit français ?

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    Les agriculteurs français se tournent vers la culture de l’avocat. Et la France est le premier consommateur européen. La Wao (World avocado organization) dresse le bilan de cette filière, en Europe et en France métropolitaine et d’outre-mer, où elle s’annonce attractive et prometteuse.

    L’avocat est de plus en plus cultivé sur le pourtour méditerranéen et n’est plus vraiment un fruit exotique. « En Europe, il existe un réel engouement avec une croissance d’environ + 12 % en 2020 », déclare Xavier Equihua, président de la Wao. L’Europe, deuxième région importatrice d’avocats au monde après les Etats-Unis, « est un marché très prometteur et en plein essor, tant au niveau de la consommation que de la production ». L’augmentation constante de la consommation européenne pousse à chercher des alternatives telles qu’une plus grande diversification des sources d’approvisionnement, la conquête de nouveaux marchés ou encore l’exploration d’une production plus locale. Non seulement convoité par ses consommateurs, l’avocat éveille également de plus en plus l’intérêt des agriculteurs qui le voient comme une source de diversification particulièrement intéressante, surtout en Méditerranée pour la douceur de son climat. Pour certains, il s’agit d’un fruit d’avenir qui, en quatre ans, a vu sa superficie récoltée augmenter de 28,5 % en Europe et sa production de plus de 14 % (source: FAO stat, 2021). En matière de rendements, l’Espagne, le Portugal, Chypre, la Grèce et la France sont les principaux pays producteurs de l’UE.

    © Wao

    Très populaire sur les tables françaises, le pays est le premier consommateur européen avec près de 3 kg d’avocats consommés par personne et par an. Soucieux de leur santé et de leur alimentation, les Français apprécient ce fruit pour sa richesse en vitamines C et E, en magnésium, pour ses fibres abondantes et ses acides gras insaturés. Pour Xavier Equihua, « cette large consommation a permis à la France de se hisser au premier rang des importateurs européens d’avocats avec 165 000 tonnes importées en 2019. Contrairement aux idées reçues, c’est l’Espagne, marché de proximité, qui est le principal fournisseur d’avocats de l’hexagone (38 000 tonnes en moyenne), répondant ainsi à la préoccupation de la population de favoriser une consommation plus locale ».

    Placée 44e producteur au niveau mondial, la France et ses départements et territoires d’outre-mer (Guyane, Guadeloupe, Martinique et Polynésie française) disposent de conditions propices à la production d’avocats. En France métropolitaine, c’est en Corse et plus récemment dans les Pyrénées-Orientales et sur la Côte d’Azur que pousse ce fruit. Encore cantonné à de petites productions (environ 10 tonnes/an en Corse), les agriculteurs de ces régions ne sont pas moins intéressés. Ces plantations sont principalement motivées par de petits agriculteurs souhaitant explorer de nouveaux horizons et de nouvelles manières de se diversifier en cultivant l’avocat à petite échelle parallèlement à leurs cultures habituelles. Bien que les initiatives émergent ici et là, les impacts ne seront visibles que dans deux ou trois ans le temps que les actuels avocatiers arrivent à maturité. Selon Xavier Equihua, « la production française actuelle, locale et responsable, permet de poser une base solide et durable pour un plus grand développement à venir, nous faisant espérer qu’à long terme les avocats deviendront des produits standards pour les détaillants, avec des volumes plus élevés en France et dans toute l’Europe. Il s’agit d’une filière d’avenir à accompagner et à soutenir. »