Food risk : la traque à la fraude

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    Alors que le local et le bio ont le vent en poupe, la francisation des produits est tentante… mais l’itinéraire du produit laisse des indices que les services de contrôle et laboratoires savent déceler.

    Le groupe Phytocontrol organisait la deuxième édition de son colloque Food Risk à Nîmes,  les 8 et 9 juin, réunissant plus de 300 participants. À cette occasion, plusieurs experts étaient réunis pour mettre en avant les récentes évolutions des techniques d’authentification des denrées alimentaires.

    Sylvain Bérail, co-fondateur & CEO Advanced isotopic analysis, Patrick Jame, responsable de l’équipe isotope organique ISA Lyon, Dr Alexander Scherl, chimiste chef de secteur, secteur analyses générales SCAV Genève, Nicolas Mialon, doctorant pôle authenticité laboratoire Phytocontrol, Pr Nathalie Dupuy, Université Aix-Marseille, et François Guyon, responsable d’unité Service commun des laboratoires (caché derrière Jérôme Bonaldi, animateur de la journée). © végétable

    Les isotopes du carbone, dont le célèbre « carbone 14 », sont connus pour dater des objets ou des prélèvements. Ces éléments, mais aussi d’autres comme le soufre ou le strontium, servent aussi à « géolocaliser » des produits. Car les propositions de ces isotopes diffèrent en fonction des zones géographiques et de la vie de la plante. Cette « signature » intrinsèque à chaque produit et quasiment infalsifiable « ne peut pas servir de preuve indéniable d’une fraude intentionnelle », selon Alexander Scherl, chef de secteur au SCAV (Service de la consommation et des affaires vétérinaires) de Genève. « Mais elle témoigne forcément d’un écart par rapport au processus normal, qu’il soit accidentel ou malveillant. » Jérôme Patouillard, président de la commission qualité à la FEEF, a souligné : « D’où l’importance de sensibiliser les collaborateurs sur la responsabilité de l’entreprise. Une simple confusion entre deux références de produits ou d’étiquettes peut avoir des conséquences financières significatives. »

    Un résultat d’analyse anormal constitue le point de départ d’une enquête plus poussée de traçabilité et de comptabilité de la part des services des fraudes, « qui interviennent suite à une délation dans 75 % des cas », a précisé Jérôme Patouillard. Il s’agit en général de contrôler l’origine du produit, qui doit être en conformité avec les indications sur les étiquettes ou documents commerciaux. Mais désormais, on peut aussi vérifier le mode de production. Car un produit estampillé « bio » alors qu’il est issu d’une agriculture conventionnelle peut maintenant être démasqué grâce à une analyse des isotopes de l’azote. « La proportion de ces isotopes varie entre les engrais synthétiques et les engrais organiques. Et l’azote métabolisé par la plante en est donc le reflet », a expliqué Alexander Scherl.

    © végétable