La séquestration du carbone au programme

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    À l’occasion de son AG les 24 et 25 juin dernier, l’Areflh a organisé une conférence pour partager des travaux de recherche et innovation européens consacrés aux défis agroenvironnementaux.

    « La recherche est essentielle pour une croissance intelligente et durable du secteur des fruits et légumes. La stratégie Farm to fork et Horizon Europe sont très importantes, avec la durabilité au cœur des orientations européennes », a introduit Simona Caselli, présidente de l’Areflh (Assemblée des régions européennes fruitières, légumières et horticoles). La conférence, le 24 juin, s’est ouverte sur cette stratégie Farm to fork et la présentation du nouveau programme de travail d’Horizon Europe, par Natalia Brzezina de l’unité de recherche et innovation de la DG agri. L’UE a déjà soutenu 315 projets qui s’inscrivent dans cette stratégie.

    La conférence s’est poursuivie sur le projet Nutriman, présenté par Edward Someus, qui concerne les technologies et les produits permettant de recycler les nutriments tels que l’azote et le phosphore, financé dans le cadre du programme Horizon 2020. Spécialement conçue pour les producteurs, la plateforme Nutriman répertorie à ce jour 81 produits et technologies actuellement utilisés par l’industrie. Elle héberge également une base de données sur les engrais alternatifs. Ces documents sont téléchargeables en huit langues. In fine, le sujet qui a eu un écho tout particulier est celui de la séquestration carbone dans les vergers. Le professeur Riccardo Valentini de l’université de Tuscia – et Prix Nobel du panel intergouvernemental sur le changement climatique-IPCC – et le producteur Mario Alberto Levi ont fait état de leurs avancées dans ce domaine à enjeu majeur, mais encore balbutiant niveau résultats. En ligne de mire : l’objectif de la neutralité carbone en 2050.

    Le chercheur développe une technologie digitale de mesure à la fois de stockage carbone par les arbres et du niveau de biomasse. Il propose d’en faire un atout marketing : « Les consommateurs ont besoin de savoir que les arbres fruitiers sont remarquables pour la santé, mais qu’ils sont aussi essentiels pour notre environnement. C’est une valeur ajoutée pour le marché. Les vergers servent l’environnement grâce à cette séquestration carbone. » Mario Alberto Levi a de son côté appliqué la technologie des « Tree talkers »* dans ses vergers de pruniers, qui permet de surveiller en temps réel à la fois la croissance des arbres la quantité de C02 séquestrée. Sur son domaine de 5 ha, il a pu stocker 12 kg de carbone. « Nous n’en sommes qu’au début, il reste à trouver la formule idéale pour calculer ce C02 capté par les plantes, considérant qu’il y a une partie de captation mais aussi d’émission. Mais j’aimerais arriver à calculer plus largement quels pourraient être les crédits carbone sur les 500 ha de pruniers de nos membres de la coopérative. » S’il reste encore du chemin à parcourir pour mesurer à la fois ces crédits et les quantités de C02 captées de façon certaine, reproductible, ce sujet est « un des plus importants thèmes qui sera étudié et développé à l’avenir », selon Simona Caselli.

    * Voir www.openfields.it