La récolte des fruits rouges espagnols sous tension

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    Alors que la pleine saison approche, la récolte des fraises est amoindrie par les conditions climatiques de cet hiver et l’arrivée des ouvriers saisonniers s’organise.

    La tempête Filomena a frappé la péninsule ibérique les 8 et 9 janvier derniers, distribuant d’importantes chutes de neige dans le centre de l’Espagne et des pluies diluviennes dans le Sud. S’en est suivi une période de gel et d’humidité, dont les conséquences se font sentir aujourd’hui, à la récolte des fruits rouges et particulièrement des fraises. « Les plantes ont été ralenties par ce froid, donc les récoltes retardées. Et celles qui étaient en fleur ou au stade petit fruit pendant ces aléas donnent aujourd’hui davantage de fraises déformées », commente Jean-Luc Anglès, président d’Anecoop France. Pour les fraises cela se traduit par environ 35 % d’écart de tri à la récolte, quand normalement le taux est de 10-15 % en cette période. Un déficit de production qui arrive alors que les surfaces plantées pour cette campagne étaient stables. « À la veille de la Saint-Valentin, qui est une période particulièrement consommatrice de fraises, le marché est tendu. »

    L’autre enjeu est d’assurer l’arrivée des ouvriers saisonniers pour mener à bien les récoltes de fraises et des petits fruits rouges. Courant janvier, la province de Huelva (Andalousie) a accueilli 423 saisonniers (essentiellement des femmes), contractualisés dans le cadre de l’accord entre le gouvernement espagnol et le royaume du Maroc. Les Marocaines ont pu embarquer sur le ferry à Tanger en présentant un test PCR négatif à la Covid-19 de moins de 72 heures. À leur arrivée au port d’Algesiras (Cadix), elles ont été conduites par autobus dans la cinquantaine d’exploitations andalouses qui les embauchaient, dans le cadre d’un dispositif d’accueil élaboré par les organisations professionnelles agricoles et le ministère de la Santé espagnol, en concertation avec Rabat, d’après le communiqué de l’Ambassade de France à Madrid. Les arrivées de saisonnières marocaines doivent se poursuivre selon ce protocole pendant le mois de février, pour assurer la récolte des fruits rouges de la province. Le besoin en main d’œuvre est évalué à 14 000 personnes.

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