Inquiétude sur l’avenir de la banane française

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    À l’heure où le monde agricole dénonce les distorsions de concurrences importantes, la filière de la banane française a rejoint le mouvement national et pointé les difficultés et problématiques propres aux cultures ultramarines, à l’occasion du SIA.

    © UGPBAN

    « À l’image du secteur agricole en France, la filière banane française traverse une crise aiguë », a souligné Nicolas Marraud des Grottes, président de l’Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique, installée cette année aux côtés des autres filières végétales métropolitaines du Salon international de l’agriculture. Pierre Monteux, son directeur général, a dressé un bilan de la campagne 2023, très compliquée pour les producteurs du fait des événements climatiques intenses qui se sont déroulés dans les Caraïbes.

    La pression sanitaire de plus en plus forte a également impacté le niveau de production des bananeraies. Car les traitements homologués se font rares. « Depuis l’interdiction des traitements aériens il y a sept ou huit ans, la lutte contre la cercosporiose noire est très limitée, malgré des méthodes prophylactiques, nous observons des baisses de rendement et des fruits moins stables en qualité. Cela pèse aussi sur les coûts de production, qui subissent l’inflation des intrants. Tous ces facteurs creusent l’écart avec les bananes sud-américaines, qui peuvent être produites autour de 500 ou 600 € la tonne, quand notre coût de revient est de 1 600 €/tonne aujourd’hui. »

    Autorisation des traitements par drone

    Ici aussi, le message délivré aux pouvoirs publics était : « Faites-nous confiance pour produire correctement, mais nous voulons pouvoir nous battre à armes égales. » Pour autant, la filière banane française ne baisse pas les bras. « Nous espérons un rebond de la production en 2024 et visons 200 000 tonnes (contre 185 000 tonnes en 2023) », a positivé Pierre Monteux.

    À plus long terme, les espoirs portent sur la recherche variétale et l’autorisation des traitements par drone, déjà expérimentés dans le secteur viticole, qui permettraient d’appliquer des produits de biocontrôle à 1,5 mètre de la canopée et ainsi de limiter significativement la consommation de produit, la dérive des matières actives et la pénibilité. « Aujourd’hui, 20 à 25 % des parcelles sont encore traitées en-dessous des feuilles, en utilisant des pulvérisateurs à dos », a précisé Célia Sinitambirivoutin, productrice en Guadeloupe.