Le 17 mars prochain, à Paris, le Forum végétable réunira l’ensemble des maillons de la filière fruits et légumes autour de l’enjeu central du sourcing.
La journée du 17 mars s’ouvrira par un premier acte consacré à l’adaptation de l’amont des filières. Christophe Bouchet, directeur de l’amélioration variétale chez ASF Frutaria, reviendra sur le rôle de la sélection variétale dans l’adaptation des espèces fruitières au changement climatique, tout en en rappelant les contraintes techniques et économiques. Régis Chevallier, président des Maraîchers nantais, apportera pour sa part un témoignage de terrain sur l’évolution des pratiques maraîchères, les progrès déjà engagés et les leviers susceptibles de faciliter ou d’accélérer l’adaptation, afin de pérenniser les outils de production. Vincent Marchal, responsable agri chez Axa Climate, reviendra sur les derniers résultats concrets d’études portant sur les semences, les agrumes ou encore la pomme.
Le deuxième acte sera dédié aux enjeux d’approvisionnement. Dans cette séquence, les relations entre producteurs et distributeurs seront au cœur des échanges. Les représentants de des enseignes Auchan et Intermarché nous feront part de leur implication croissante dans l’amont des filières, avec pour objectif de sécuriser les volumes, de soutenir la production française et de mieux partager le risque lié à la transition.
L’après-midi s’ouvrira sur un troisième acte consacré à la logistique. Dans un environnement contraint par la hausse des coûts, l’urgence de la décarbonation et les perturbations géopolitiques, « la question du sourcing devient prioritaire », confirme Julien Garnier, président de Primever. « D’où viendront nos fruits et légumes demain ? Est-ce que la consommation locale peut résister à une logique de coûts et d’aléas climatiques ? » s’interroge-t-il. « Nous constatons que nos territoires ont la capacité de produire et de se développer mais semblent connaître des barrières notamment législatives. »
Dans un environnement où les origines semblent évoluer à la saison, en fonction de critères climatiques ou économiques et au regard de l’usure progressive des territoires du sud de l’Europe, il observe une montée en puissance du grand import. « Dans ce contexte, nous devons repenser notre propre modèle, notamment celui des hubs de stockage afin d’alimenter des villes toujours plus peuplées. L’optimisation des flux est souvent subie, pour compenser des coûts logistiques en forte hausse, et difficilement répercutables jusqu’au consommateur », affirme le transporteur.
Simon Bussy, président de Califrais, apportera un éclairage complémentaire sur l’apport de l’intelligence artificielle. « Dans un environnement complexe, l’IA permet désormais de prédire la demande (anticipation des aléas, suivi des tendances de consommation), d’aligner les stratégies de stockage et d’optimiser la logistique », avec, pour objectif final, de réduire les ruptures et d’abaisser le coût de livraison au kilo pour l’ensemble des acteurs.
Corentin Biardeau reviendra sur les travaux du Shift Project en lien avec l’agriculture et l’alimentation et rappellera l’impératif de planification territoriale qu’impose la décarbonation de nos activités par la mobilisation de la biomasse.
Enfin, un quatrième et dernier acte ouvrira la réflexion sur cette nécessité de planifier collectivement l’adaptation des filières plus largement, à l’échelle des systèmes alimentaires. Et Maguelone Pontier, directrice générale du Grand marché de Toulouse, expliquera le rôle clé que jouent les MIN et leurs partenaires dans l’alimentation saine et locale, à faire valoir à l’occasion de la campagne pour les municipales.
Ponctuée par un déjeuner et des temps d’échanges, la journée se conclura, une fois n’est pas coutume, par la projection du film « Rural », en présence de son réalisateur Édouard Bergeon, prolongeant les débats autour des réalités agricoles contemporaines.
Retrouvez tout le détail du programme et la présentation des intervenants, ainsi que la billetterie sur le site du forum.











