Et si les fruits et légumes adoptaient l’agriculture de conservation ?

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    L’agriculture de conservation est née de la perte des sols constatée dès la première moitié du XXe siècle dans les grands openfields américains : les sols laissés nus durant des mois étaient exposés à l’érosion du vent, de l’eau, avec, comme conséquences, les fameuses tempêtes de poussière américaines des années 1930. Pour y remédier et préserver leur outil de travail, le sol, les agriculteurs ont compris qu’il devenait indispensable d’y maintenir un couvert végétal permanent et de limiter substantiellement le travail du sol. Premiers exposés à la perte de sol, les céréaliers, logiquement, ont été les premiers à développer et affiner les pratiques de l’agriculture de conservation, qui a ensuite traversé l’Atlantique, car l’Europe n’a pas échappé au désastre de la dégradation des sols. Le phénomène est universel, aggravé par la mécanisation, le recours à des outils toujours plus puissants, tassants, compactants… Souvent, les agriculteurs ont adopté ce changement systémique majeur par la force des choses, cela devenait une condition de survie. Le contexte des cultures maraîchères, légumières, fruitières, est différent : les problèmes de dégradation des sols ne se sont pas manifestés de manière aussi rapide, puissante et dramatique. C’est sans doute la raison pour laquelle notre secteur commence seulement à véritablement s’intéresser à ce concept, qui ne clive d’ailleurs pas les univers du bio et du conventionnel.

    Il est donc remarquable que la Fédération fruits et légumes d’Occitanie ait porté, le 23 janvier, une journée dédiée à l’agriculture de conservation et son application à la culture des fruits et légumes, avec le concours de l’Inra, d’Agriculture du vivant et d’autres partenaires. Il est aussi remarquable que cette journée ait attiré beaucoup de parties prenantes professionnelles. Cet élan est le reflet, non pas tant d’un échec agronomique, mais bien plutôt de la prise de conscience de plus en plus large de la possibilité de modifier nos pratiques au champ en conciliant attentes sociétales et maintien d’objectifs relevés sur les plans qualitatif et quantitatif. Il paraît clair par ailleurs que, pour un certain nombre de cultures, une partie du chemin a déjà été parcourue. Mais la mise en cause, voire le renoncement volontaire aux herbicides induisent de nouvelles questions, dont les réponses peuvent venir du côté de l’agriculture de conservation. Le changement climatique invite aussi à une nouvelle réflexion sur le microclimat dans nos cultures. Notre secteur a donc beaucoup à expérimenter et à découvrir dans ce domaine, mais nul doute qu’il y ait aussi beaucoup à en attendre, comme une vraie voie de résilience, économique, environnementale, climatique, sociétale. Et comme   écrit plus haut, l’agriculture de conservation se marie aussi bien avec le bio que le conventionnel, et elle donne un appui solide à des démarches en plein essor comme la certification Haute valeur environnementale.

    © Xavier Remongin – MinAgri

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