En janvier dernier, le Sival a été l’occasion pour de nombreux professionnels de rencontrer les équipementiers et d’observer sur leur stand les nouveaux outils de désherbage alternatif.

Parmi les solutions explorées pour compenser ou compléter l’usage des herbicides, différentes innovations technologiques suscitent l’intérêt croissant des professionnels. Certains légumiers et maraîchers ont déjà franchi le pas pour utiliser sur leurs parcelles ces nouvelles techniques alternatives.
Une des innovations qui a attiré les visiteurs du Sival, en janvier dernier, est sans doute le désherbage laser, avec une reconnaissance des mauvaises herbes sur le rang ou sur la planche, grâce à des caméras qui envoient les images à un module d’IA entraîné. « Le laser coche beaucoup de cases, car c’est une technologie de précision, qui préserve la qualité des planches », acquiesce Sylvain Gérard, responsable technique du Comité départemental de développement maraîcher. « Mais il reste limité par son débit de chantier faible et son coût élevé. » Entre 800 et 2 200 mètres par heure, compter autour de 53 0000 € pour le petit format, selon Carbon Robotics.
Il faut y ajouter le prix du tracteur et de son chauffeur, ainsi que l’abonnement au SAV. « Nous estimons que le retour sur investissement se situe entre trois et cinq ans, compte tenu de l’amélioration des rendements constatés », affirme Fabien Dumestre, représentant technique de Carbon Robotics.
Un autre axe majeur de recherche
Autre solution présentée par Stecomat, le tout nouveau module de désherbage électrique Andela : il travaille en interrang de façon non sélective sur trois planches grâce à des lamelles métalliques qui transmettent le courant électrique jusqu’à la racine des adventices. « Il fonctionne particulièrement bien sur les graminées et évite la dissémination du souchet », assure Damien Schmit, inspecteur commercial de Stecomat.
Efficace en sol sec sur les mauvaises herbes de surface, il progresse entre 1 et 3 hectares par heure. Par ailleurs, la pulvérisation ciblée constitue un autre axe majeur de recherche. Présenté lors des Méca-Culturales de septembre 2025, l’Ara d’Écorobotix est un robot capable de pulvériser une solution herbicide uniquement sur les mauvaises herbes grâce à l’intelligence artificielle, avec une précision de quelques centimètres carrés.
Cette innovation, développée dans le cadre du projet 1er Decclic, vise à montrer comment « l’IA et la robotique peuvent contribuer à réduire l’usage de pesticides jusqu’à 75 %, tout en maintenant des cultures performantes et durables ». La société Écorobotix a par ailleurs annoncé une avancée dans le traitement de ultra haute précision en maraîchage. « Pour la première fois, nous démontrons qu’il est possible d’utiliser un herbicide non sélectif dans une culture sensible comme le brocoli, en ciblant uniquement les mauvaises herbes tout en protégeant la culture. »
Cette solution repose sur une pulvérisation ultralocalisée pilotée par intelligence artificielle. La société Verduyn/Otimo, utilise déjà l’outil d’Écorobotix, « même si les Hauts-de-France sont moins concernés par la problématique du désherbage », reconnaît Emmanuel Schaffner, directeur commercial.












