Copycat

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© Photo Xdr
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Je lisais l’étiquette de mon short (marque avec un petit noeud papillon rose) avant de le laver: dessiné en France mais… fabriqué en Tunisie! Au delà de la volonté de profiter de la tendance ‘On est chez nous!’ avec une ficelle des plus grossières, en plus de l’évidence que la France écrasée de charges n’est plus capable de produire à prix bas, je me posais la question du pourquoi notre Filiere F&L ne sait pas elle mieux tirer partie de la logique de l’achat au plus près pour un produit pourtant des plus périssables?
J’y vois 2 raisons majeures:
1 – d’abord parce que nous sommes quasi absents pour la production de grandes familles. À titre d’exemple, à part quelques citrons à Menton issus des rares parcelles non couvertes par une maison de retraite, des pomelos polyphoniques plus verts que jaunes et de quelques clémentines avec plus de pépins que dans une grenade, la France n’est pas que je sache le pays des agrumes.
2 – ensuite parce que l’argument cueilli plus à maturité/fraîcheur est généralement masqué par les carences tristement connues de la Filiere. Même si la laitue vient du maraîcher local, elle ne sera pas fraîche si les règles de rotation et le retravail permanent ne fonctionnent pas.
Pourtant, il reste étonnant de voir que certaines techniques pour s’acheter des accroches commerciales à peu de frais n’ont pas encore touché l’univers des F&L.
Exemple 1 – dans le domaine du cinéma, tous les nanars en mal d’entrées sont aujourd’hui teasés à grands renforts de filiations douteuses: ‘par le producteur de’, ‘par le co-scénariste de’. S’il semble bien que ces mentions pourtant assez vides de sens aient un impact pour faire décoller le 9eme volet d’une licence en phase terminale ou le dernier nanar testosteroné Michaelbayien, elles sont pourtant totalement creuses… À quand le ‘par le Chef Éclairagiste de’ ou ‘acteurs nourris par le même foodtruck que’? On peut quand même aisément imaginer une application de cette technique au F&L: ‘par le même semencier que la grappe Authentique de Saveol’ ou ‘la nouvelle création des géniteurs de Pink Lady’… et ses dérives ‘conditionné dans la même cagette que’, ‘calibrée sur machine x’…
Exemple 2 – les séries limitées : il faudra bien qu’on y vienne un jour sérieusement car tout destine notre Filiere à s’en servir: quantités fluctuantes à chaque saison, caractère par définition saisonnier du produit, production souvent morcelée, périssabilité … Et pourtant, je n’ai pas encore vu beaucoup de séries limitées en première gamme (les industriels de la 4g -salades, jus, fruits secs- en font eux depuis longtemps).
Exemple 3 – les messages jusqueboutistes à la Benhamou type ‘Champion du monde!’. Regardez les montres. Même pour les marques haut de gamme, elles roulent toutes des mécaniques en s’annonçant comme la plus précise, la plus fine, la plus légère, la première solaire…et cela leur permet parfois de sortir de l’anonymat où elles sont cantonnées (même si assez logique pour des suisses…). Pourquoi ne pas s’en inspirer en F&L en surfant par exemple sur la folie Alicaments? La tomate la plus riche en lycopene, le petit fruit rouge le plus antioxydant après le Goji,… probablement avec des messages travaillés plus que diététiques purs et durs.
Exemple 4 – les packagings responsables. Quand on regarde une simple bouteille plastique d’eau minérale, on peut y lire qu’elle contient 20% de plastique végétal et qu’elle est 100% recyçlable. A l’inverse, quand on cherche un sachet compostable pour emballer des bananes, c’est bien compliqué.

On le voit avec ces quelques exemples, notre Filière serait bien inspirée d’avoir l’humilité de regarder ce qui se passe autour d’elle et de s’en inspirer pour copie en adaptant.

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