Le 4 septembre, le Cerafel a fêté ses six décennies d’action collective et d’innovation au service des producteurs de légumes bretons.

Né en 1965 du regroupement de coopératives de légumes bretons – devenues depuis des organisations de producteurs –, le Cerafel (Comité économique régional agricole fruits et légumes) est aujourd’hui la première AOP de fruits, légumes, plants et horticulture en France. Aujourd’hui, ses cinq OP – Sica Saint-Pol-de-Léon, Maraîchers d’Armor, Terres de Saint-Malo, La Bretonne et Bretagne Plants – fédèrent près de 2 000 producteurs (dont 160 en bio) au sein de 1 300 exploitations familiales sur le littoral nord de la Bretagne. Ils cultivent 145 légumes différents sous la marque Prince de Bretagne, créée en 1970.
« Dès l’origine, le collectif s’est structuré autour de valeurs de solidarité, d’équité et d’innovation, sous l’impulsion d’Alexis Gourvennec », a déclaré Marc Kerangueven, actuel président du Cerafel. Au fil des décennies, le Cerafel a bâti un écosystème articulant recherche, expérimentation, formation et mise en marché avec la création de la station expérimentale Caté (Comité d’action technique et économique) dès 1965, de Terre d’Essais, station spécialisée en agriculture biologique, en 1970, de l’OBS (Organisation bretonne de sélection), qui développe des semences locales adaptées aux spécificités du territoire breton, de Végénov en 1989, expert en biotechnologies végétales, et de l’institut de formation Isffel en 1993. « Chacune de ses structures a contribué et contribue à structurer une filière performante, en consolidant l’expertise technique, en stimulant l’innovation et en accompagnant la montée en compétences des exploitations. »
De nouvelles productions
Côté commercialisation, un tournant s’est opéré depuis une quinzaine d’années avec la diversification des débouchés (contrats, soumissions, télématiques) au-delà du tout cadran afin de « redonner de la maîtrise aux producteurs et de sécuriser les revenus dans un marché volatil, grâce à des outils performants et à des équipes très impliquées dans les négociations ». Pour Marc Kerangueven, la trajectoire reste claire : « Depuis soixante ans, notre force, c’est le collectif. Et notre ambition est de continuer à bâtir, sillon après sillon, le monde agricole de demain. »
Une cellule innovation explore de nouvelles productions (myrtille, vanille, agrumes) et technologies pour répondre aux attentes des marchés tout en réduisant les intrants et améliorant les conditions de travail. La célébration rennaise a donné lieu à une table ronde : « Structuration de l’amont agricole : quelles solutions face à l’urgence des transitions ? ». Parmi les intervenants, Julien Denormandie, ancien ministre de l’Agriculture, et Luc Vanoirbeek, secrétaire général de la VBT (Fédération des coopératives horticoles belges) et président du groupe de travail fruits et légumes du Copa-Cogeca, aux côtés des responsables professionnels et d’élus locaux.
Les échanges ont souligné le rôle des AOP pour renforcer la résilience économique, accélérer les transitions et rééquilibrer les relations commerciales, dans un contexte climatique, politique et sociétal en évolution. « Reconnu par l’Union européenne et désormais encouragé en France dans d’autres filières (horticulture, lait bio…) à travers les programmes opérationnels, les regroupements en OP et AOP s’imposent plus que jamais comme un modèle d’avenir et un levier pour la compétitivité des filières. »











