Créée en mars 2025, l’Association nationale noix de France porte un plan ambitieux destiné à structurer la filière, renforcer sa compétitivité et préparer son avenir.

« Alors que le verger de noyers est le deuxième de France derrière la pomme, avec 28 000 ha, c’était une vraie carence de notre filière de ne pas être représentée au niveau national. Aujourd’hui, c’est devenu incontournable », souligne Christian Nagearaffe, président de l’A2NF (Association nationale noix de France). L’association nouvellement créée, qui rassemble une trentaine de structures économiques réparties en deux collèges (organisations de producteurs d’un côté, metteurs en marché et associations de producteurs de l’autre), représente déjà 72 % des volumes produits en France. La filière, concentrée dans le Sud-Ouest et le Sud-Est, compte près de 5 000 producteurs pour 40 000 tonnes annuelles, dont la moitié est exportée en coques vers l’Europe.
Entre une forte concurrence internationale (Chili, États-Unis, Ukraine et bientôt Chine) et des coûts de production élevés, notamment au stade du cassage manuel des cerneaux, le marché est sous pression. La filière française doit aussi composer avec le vieillissement des producteurs – près d’un nuciculteur sur deux partira à la retraite dans les cinq prochaines années – et avec le changement climatique. Sécheresse, aléas violents et pression sanitaire fragilisent le potentiel de production.
Face à ces enjeux, l’A2NF a défini un plan stratégique national, décliné en six priorités : structurer et représenter la filière, développer la qualité et la productivité des vergers, s’adapter aux effets du changement climatique, gagner en compétitivité et valoriser les atouts français, promouvoir la consommation et la valorisation des productions, et enfin accompagner la transmission et l’avenir de la filière. Et parmi les objectifs affichés : sécuriser l’irrigation, renouveler 3 % du verger chaque année, atteindre 50 000 tonnes de production et renforcer la compétitivité de la filière.
Amplifier la communication collective
Ce programme chiffré à 20 M€ par an sur cinq ans s’appuiera sur une CVE (cotisation volontaire élargie) et différentes aides au niveau national et européen. La gouvernance de l’A2NF s’inscrit dans un processus de reconnaissance institutionnelle. « Le dossier de demande de reconnaissance officielle en tant qu’AOP (Association d’organisations de producteurs) est en cours », précise Christian Nagearaffe. Cette étape doit permettre de donner du poids à la filière dans les échanges avec les pouvoirs publics et de mobiliser les financements nécessaires.
En France, la consommation plafonne à 500 g par habitant et par an, soit deux à trois fois moins que chez nos voisins européens. Pour y remédier, l’association veut coordonner et amplifier la communication collective. « Pour soutenir la consommation de noix en France, nous avons la chance de compter deux appellations phares sur nos deux principaux bassins de production, la noix de Grenoble et la noix du Périgord. Le rôle de l’A2NF est de coordonner leur communication et de donner de l’envergure à la promotion de la noix en général », insiste Christian Nagearaffe. En filigrane, l’ambition de l’association est claire : faire de la production française une filière compétitive, durable et innovante, capable de répondre aux attentes du marché tout en valorisant ses atouts différenciants.










