Asperges : le Val de Loire dans les starting-blocks

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    À quelques jours de Pâques, la filière asperges est en effervescence. Le bassin Val de Loire entre justement en production, l’occasion pour l’AOP Asperges d’organiser une rencontre chez un producteur.

    aspergeraie
    © Asperges de France

    L’asperge française est présente sur les étals dès le mois de février, pour les plus précoces, jusqu’au mois de juin, pour les plus tardives, jouant la carte de la variété grâce à la diversité de ses couleurs (blanche, verte, violette et pourpre). « Notre gros challenge cette année sera de maintenir la consommation après Pâques, qui arrive très tôt, alors que le bassin Val de Loire démarre tout juste », précise Astrid Etèvenaux, directrice de l’AOP Asperges de France.

    Les derniers buttages se sont terminés il y a quelques jours seulement en Anjou, soit un mois plus tard que les deux campagnes précédentes, du fait des conditions particulièrement pluvieuses cette année.

    Un œil rivé sur l’appli météo et le suivi de la température des buttes d’asperges, Guillaume Thomas, producteur dans le Maine-et-Loire (49) et administrateur de la coopérative Fleuron d’Anjou, se réjouit malgré tout. « Comme chaque année, nous souhaitons offrir le meilleur aux consommateurs, avec une belle qualité de produit. Nous y travaillons ! Nous espérons que les asperges françaises viendront égayer les tables sur toute la saison ! » Sur ses 60 ha de légumes diversifiés et maïs semences, Guillaume Thomas consacre 15 ha à ses aspergeraies, dont une petite partie sous tunnel. Comme les 24 autres producteurs d’asperges adhérents de Fleuron d’Anjou, il confie sa récolte de turions à la coopérative pour qu’ils soient lavés, calibrés puis expédiés quotidiennement.

    Recruter des producteurs

    « Aujourd’hui, Fleuron d’Anjou réceptionne 700 tonnes d’asperges – dont une partie (150 t) cultivée en agriculture biologique. 600 tonnes de blanches et 100 tonnes de vertes sont prévues en 2024, mais nous avons l’objectif d’atteindre 1 000 tonnes à horizon cinq ans, en passant de 200 à 250 ha », précise Baptiste Richard, responsable technique et développement de Fleuron d’Anjou. Comme plusieurs autres opérateurs au niveau national, Fleuron d’Anjou cherche à recruter des producteurs pour renforcer ses volumes. « Un atelier d’asperge, en général sur 6 ou 7 ha, permet de structurer sur le long terme l’activité de l’exploitation et de fidéliser les équipes. Avec une récolte tous les deux jours, la main d’œuvre est le premier frein au développement de l’asperge française, tout comme le coût élevé de plantation, autour de 12 000 €/ha pour une aspergeraie qui durera entre huit et dix ans. »

    Le Val de Loire produit 15 % des volumes nationaux, majoritairement en asperge blanche (95 %). L’asperge profite de la douceur angevine qui contribue, avec le terroir, à sa qualité gustative. Cultivée dans l’ancien lit de la Loire, elle est produite de l’Anjou à Chambord dans des terres soit sableuses, soit sablo-limoneuses, et alluviales, riches de sédiments abandonnés par les eaux. « Notre dossier de demande d’IGP asperges du Val de Loire est toujours en cours d’instruction par l’Inao », s’impatiente Guillaume Thomas.


    Reportage sur la récolte d’asperges :

    © végétable
    © végétable
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    © végétable
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