La filière kiwi mise sur un plan de relance en production

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    À mi-chemin de la campagne 2022/2023, la filière kiwi de l’AOP Kiwifruit de France a présenté le 18 janvier ses velléités de développement pour augmenter la production.

    Face à une bonne dynamique de consommation, la filière kiwi française, structurellement déficitaire, doit relever un défi de taille : augmenter sa production. Premier pallier visé si possible rapidement : au moins + 1 000 hectares. Les dirigeants de l’AOP Kiwifruit de France veulent réussir ce pari, dans un enjeu à 360 degrés. À court terme, la filière souhaite développer un cahier des charges en production commun à toutes les structures adhérentes. L’objectif est d’arriver à réaliser la synthèse par le haut de l’ensemble des démarches agroécologiques et de qualité existantes sur le terrain et dans les échanges commerciaux, tel que l’ont appuyé François Lafitte, son président (Scaap Kiwifruit), et Jean-Pierre Caruel, secrétaire (Sofruileg) de l’AOP KiwiFruit, réunis au dernier salon Sival. À moyen terme, la filière espère limiter les problèmes techniques qui induisent une moindre productivité. Les producteurs ont bon espoir d’utiliser de nouveaux porte-greffes Bounty et Z1, « qui donnent des perspectives dans les années à venir », indique François Lafitte.

    Sur le long terme, la filière « revendique un plan de relance très sérieux pour soutenir l’investissement des producteurs. Un hectare planté, c’est 70 000 €, l’attente de quatre à cinq années avant que les arbres produisent et donc un besoin fort de trésorerie, l’investissement sur toute une génération, pour vingt à trente ans. Nous attendons un arbitrage politique sur ce sujet », continue François Lafitte. Pour l’heure, des discussions sont en cours avec le ministère et France Agrimer dans le cadre d’un plan de relance arboricole, sur la base d’une aide de 50 à 70 % du projet (programme France Relance ou par le Plan de souveraineté de la filière fruits et légumes), sans promesse validée à date.

    En parallèle, la démarche AOP nationale portée par François Lafitte et les structures adhérentes verra la déposition d’une demande de reconnaissance officielle en mars prochain, après un an de fonctionnement, là aussi sans promesse à date, mais « avec la volonté de construire une démarche la plus ouverte possible ». Et la saison se poursuit avec les ventes de kiwi vert en vrac, plateau ou barquette depuis la mi-octobre en variété précoce, depuis novembre avec Hayward. Les cotations sont très variables selon le calibre, les ventes soumises à forte pression concurrentielle (Italie : 300 000 t, Grèce : 320 000 t, soit près de dix fois le volume de la France, mais aussi Portugal et Espagne : 40 000 t).

    François Lafitte, président de l’AOP Kiwifruit de France, et Jean-Pierre Caruel, secrétaire. © végétable