Dans le cadre du colloque international organisé par Phytocontrol, plus de 300 professionnels se sont rassemblés à Nîmes autour de la sécurité sanitaire des aliments.

« Sous l’effet conjugué du changement climatique, de la pression sur les ressources et de l’émergence constante de nouveaux contaminants, la sécurité alimentaire et sanitaire connaît aujourd’hui de profondes transformations : c’est pourquoi un événement comme Food Risk est indispensable », a souligné Mikaël Bresson, fondateur de Phytocontrol.
Le colloque s’est tenu les 4 et 5 juin dernier, pour sa 3e édition, dernier et a réuni institutionnels, industriels, chercheurs, universitaires et startups autour d’un programme dense : l’évolution de la réglementation sur les pesticides, la surveillance des contaminants émergents, tels que les PFAS, l’authenticité des produits et la lutte contre la fraude alimentaire. De nombreux responsables qualité de la filière agroalimentaire étaient présents pour faire le point sur les évolutions réglementaires et analytiques.
Résidus de pesticides : l’approche scientifique défendue
Lors d’une intervention consacrée à la sécurité sanitaire des fruits et légumes, Eglė Baecke, directrice des affaires réglementaires de Freshfel Europe, a rappelé l’évolution des attentes des consommateurs européens. « Une demande croissante est observée pour des produits sans pesticides, frais, accessibles, de bonne qualité et présentant de bonnes qualités nutritionnelles », a-t-elle précisé. Elle a ensuite défendu la robustesse du système européen concernant le contrôle des résidus de pesticides.
S’appuyant sur les données de surveillance de l’UE, elle a rappelé que seuls 1 % des échantillons analysés dans les États membres étaient non conformes aux LMR (limites maximales de résidus), tout en soulignant les exigences croissantes imposées par la grande distribution au-delà du cadre réglementaire.
La représentante de Freshfel a également mis en garde contre une politisation croissante du débat autour des pesticides et des importations : « Le contexte actuel nous donne l’impression que les politiques deviennent plus importantes que les sciences. »
Alors que Bruxelles réfléchit à de nouvelles restrictions sur certains produits importés traités avec des substances interdites dans l’UE, l’organisation plaide pour le maintien d’une approche fondée sur l’évaluation scientifique du risque. Ceci éviterait des perturbations commerciales et des tensions sur l’approvisionnement du marché européen.
Des outils toujours plus sophistiqués contre la fraude alimentaire
Autre sujet abordé lors du colloque, dont la filière fruits et légumes est adepte : l’authenticité des produits et la lutte contre la fraude alimentaire. Les intervenants ont rappelé que ces pratiques, motivées avant tout par le gain économique, prennent des formes variées : substitution, dilution, dissimulation ou francisation. Pour les détecter, les laboratoires s’appuient sur des technologies de pointe (ADN, isotopes stables, spectrométrie de masse), capables notamment de distinguer l’origine des produits. L’exemple de la distinction entre une pêche française et une pêche espagnole a été cité.
Les experts ont souligné la nécessité d’investissements importants, de bases de données robustes et d’une collaboration étroite entre recherche et industrie pour garder une longueur d’avance sur les fraudeurs. « Des moyens sont toujours trouvés par les fraudeurs, ils s’améliorent, mais les labos sont derrière et s’adaptent aussi », a témoigné Thibault Menjou, responsable technique d’AB Labo.
Face au succès de cette édition, une 4e est d’ores et déjà annoncée, affirmant l’ambition de conforter Food Risk comme rendez-vous européen de référence en matière de sécurité sanitaire des aliments.










