« Demain, quels modèles gagnants ? »

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    Telle est la thématique en débat cette année à notre Forum végétable, qui aura lieu dans quelques jours, le 28 mars prochain à Paris. Nombreux sont les « modèles gagnants », qui réussissent à traverser les crises, imaginer des futurs désirables et surtout, les réaliser. À condition de maîtriser certains fondamentaux et de ne pas résumer les enjeux aux seules « souveraineté alimentaire » ou « compétitivité ».

    Forum végétable
    Les intervenants des 3 tables rondes du Forum végétable 2024.

    Produire plus et, en même temps, restaurer les écosystèmes, réduire sa consommation d’intrants, minimiser son impact sur la planète et lutter contre le réchauffement climatique. Produire mieux et, en même temps, se heurter tous les jours à la concurrence de produits étrangers qui n’ont pas les mêmes conditions ni les mêmes coûts de production.

    S’engager dans la transition alimentaire et, en même temps, sans promesse ni de résultat (acceptation par le marché dans un contexte d’inflation alimentaire) ni de rémunération additionnelle. Sur ce dernier point, les conclusions d’un dernier baromètre de l’Obsoco pour l’Agence bio montrent un fléchissement, si ce n’est une pause, dans la transition alimentaire d’une partie de la population, contrairement à la décennie 2010.

    Toutes ces injonctions ou oppositions apparentes bousculent les modèles établis, même les plus robustes, et forcent à inventer de nouvelles trajectoires. Des solutions seront exposées et débattues lors du prochain Forum végétable, le 28 mars à Paris. Parce qu’il n’existe pas une voie toute tracée, mais que le retour d’expérience des uns profitera aux autres et inversement.

    Dans les fondamentaux et clés de succès, il sera notamment question d’approche filière, de nouvelles dynamiques territoriales et de diversification. Et surtout d’audace, en partant des acteurs du terrain qui construisent tous les jours, agissent beaucoup, parfois dans l’ombre, le plus souvent dans l’indifférence d’une partie de la société. Les solutions existent et n’attendent que d’être partagées !

    Ne pas se limiter à la souveraineté alimentaire ni à la compétitivité

    Les solutions sont donc là et nous regardons ailleurs… Telle pourrait être la synthèse qui se dégage à la lecture de nombreux écrits, notes, rapports, livres blancs et autres documentations qui traitent peu ou prou de la question des modèles agricoles et agroalimentaires.

    Mais elles se résument (trop) souvent à deux thèmes qui tournent en boucle depuis que la crise agricole a éclaté au grand jour : la souveraineté alimentaire et la compétitivité des entreprises agricoles, comme le relève, par exemple, la revue Sésame (Agrobiosciences-Inrae).

    Et si on les met en perspective avec ce qui a déjà été proposé dans le passé, on s’aperçoit que les solutions actuellement proposées pour bâtir des modèles agricoles et agroalimentaires robustes… ne sont en fait pas si nouvelles que ça ! Les rapports sont-ils seulement lus ? Pourquoi les propositions pleines de bon sens n’arrivent pas concrètement sur le terrain ou dans la loi, ni remonter à Bruxelles ? Prenons l’exemple du diagnostic et des propositions des deux rapporteurs de la mission d’information sur la souveraineté alimentaire européenne, qui ont présenté en février leurs travaux à la presse, puis en commission des affaires européennes, et maintenant au Gouvernement.

    Les 27 propositions communes vont globalement dans le sens attendu par le monde agricole : rééquilibrer les aides de la PAC (Politique agricole commune), introduire des clauses miroirs dans la législation de l’UE pour lutter contre la concurrence déloyale de pays tiers, réviser la politique commerciale de l’UE (en particulier certains accords de libre-échange), étendre l’objectif de ZAN (Zéro artificialisation nette) au niveau européen pour protéger les terres agricoles, mieux mobiliser la commande publique au profit de la transition des modes de consommation, déployer un véritable « Erasmus agricole » pour améliorer la formation aux métiers du vivant… À quand leur concrétisation ?

    Rendez-vous le 28 mars pour se nourrir d’exemples concrets de réalisations possibles, éléments de réponses et perspectives.