Le 18 septembre, l’enseigne Biocoop a dressé un état des lieux de la filière biologique et dévoilé sa nouvelle stratégie à l’horizon 2029.

Le président de la coopérative Biocoop, Henri Godron, a rappelé le paradoxe d’un marché bio à la fois plébiscité par les consommateurs et fragilisé par le recul des pouvoirs publics. « Après plusieurs années marquées par un repli du marché, l’année 2025 apparaît comme un moment de bascule : d’un côté, les consommateurs expriment de plus en plus clairement leur aspiration à une alimentation plus responsable ; de l’autre, les pouvoirs publics reculent sur leurs engagements en matière de transition agricole, alimentaire et écologique. »
Malgré un contexte politique tendu et la baisse des surfaces en bio en France, Biocoop constate une dynamique positive sur son réseau. Après une année 2024 jugée « historique » avec +8 %, la progression s’est poursuivie au premier semestre 2025 (+7,5 %), soutenue à la fois par la fidélisation et le recrutement de nouveaux clients, dont certains déçus de la grande distribution, ainsi que par une hausse du panier moyen hors effet inflation. « La crise est derrière nous, le marché se porte bien pour les spécialistes », a insisté Franck Poncet, directeur général de Biocoop.
Avec sa feuille de route pour 2029, votée par ses sociétaires en juin dernier, la coopérative entend « rendre accessible et désirable une bio exigeante ». Pour y parvenir, Biocoop prévoit un plan d’investissement massif de plusieurs dizaines de millions d’euros, avec pour objectif de dépasser rapidement les 2 Md€ de chiffre d’affaires.
La stratégie repose aussi sur le rayon fruits et légumes
Trois axes structurent ce projet : l’accessibilité (géographique, économique et culturelle) et la désirabilité de l’offre, en renforçant son plaidoyer pour soutenir la production biologique. Biocoop prévoit de densifier son maillage territorial, passant de 740 à 900 magasins, en ciblant notamment les zones rurales et populaires. La stratégie repose aussi sur le rayon fruits et légumes, qui pèse aujourd’hui un quart du chiffre d’affaires.
Biocoop affiche l’ambition de « devenir le primeur bio de référence », avec un engagement fort sur l’origine France. « L’objectif est de passer de 77 % à 100 % de fruits et légumes d’origine française pour les productions réalisables sur le territoire. » La coopérative souhaite également renforcer l’image de plaisir et de convivialité autour de l’offre alimentaire. « On n’est pas des mangeurs de graines », souligne Franck Poncet, qui plébiscite des recettes gourmandes et proches du fait maison pour séduire un public élargi.
Biocoop entend aussi pousser son modèle alternatif en valorisant le commerce équitable, l’affichage environnemental (Planet Score), le développement du vrac et la réduction des emballages. La coopérative adresse enfin trois propositions aux pouvoirs publics : la création d’une mission interministérielle sur l’impact de l’agriculture biologique, un soutien renforcé à l’introduction du bio dans la restauration collective et, plus inédit, l’incitation par la voie législative pour les distributeurs de proposer un pourcentage minimum de produits bio en magasin. « Cela peut paraître contre-intuitif, car cela accroît la concurrence pour nous, mais cela permettrait surtout de générer des débouchés pour la production et ainsi contribuer à atteindre un bon équilibre marché/offre avec 21 % de surfaces en AB », a souligné Henri Godron.











