Le Shift Project alerte sur les limites des ressources locales

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    Le think tank Shift Project* publie un nouveau rapport consacré à la planification de la décarbonation à partir des ressources locales : eau, sols, biomasse et énergies bas carbone.

    © The Shift Project

    Un message central s’en dégage : planifier la transition climatique et énergétique suppose une approche différenciée selon les territoires. « Les émissions territoriales de gaz à effet de serre sont, avec les dépendances aux énergies fossiles, les deux faces d’une même pièce qui traduit des morphologies économiques, démographiques ou spatiales différenciées selon les territoires. La transition ne pourra pas se faire sans tenir compte des limites physiques des territoires, ni sans arbitrer entre des usages de plus en plus concurrents », pointe le rapport.

    En effet, aujourd’hui, les ressources sont déjà fortement sollicitées par l’agriculture, l’alimentation, le logement ou encore les infrastructures. Or la décarbonation des activités – électrification, développement des biocarburants ou des réseaux de chaleur – va accroître la pression. « Sans anticipation, le risque est évident : des tensions locales accrues et des objectifs climatiques difficiles à tenir. »

    Le rapport illustre ces enjeux à travers plusieurs cas concrets, dont celui de la Vendée. Selon les projections du Shift Project, si les tendances actuelles se poursuivent, près de 12 000 hectares supplémentaires pourraient être artificialisés d’ici 2050 dans ce département côtier. Dans le même temps, la relocalisation partielle de cultures stratégiques, comme le soja, nécessiterait environ 10 000 hectares supplémentaires de terres agricoles. Un chiffre qui met en lumière la pression croissante sur le foncier, entre urbanisation et besoins liés à la transition.

    Cet exemple montre l’urgence de mieux articuler politiques climatiques et aménagement du territoire. « Avec le changement climatique, planifier en intégrant des marges de sécurité devient nécessaire », souligne le think tank. Préserver les sols, limiter l’artificialisation et raisonner les projets à l’échelle locale deviennent des conditions clés pour rendre la décarbonation concrète et soutenable sur le terrain.

    * Groupe de réflexion qui vise à éclairer et influencer le débat sur les défis climat-énergie.

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