Créée en juillet 2025 à Moissac, l’Association interprofessionnelle des raisins du Sud-Ouest entend accélérer le développement du raisin sans pépins dans le bassin.

Réunissant producteurs et premiers metteurs en marché, l’Airso, structure paritaire, représente aujourd’hui près de 80 % de la production régionale. « Notre association interprofessionnelle est novatrice dans la collaboration qu’elle instaure entre producteurs et expéditeurs, qui étaient encore perçus comme antagonistes il y a quelques années. Aujourd’hui, nous construisons ensemble l’avenir de la filière », explique Julien Custody, producteur à Cazes-Mondenard (82), coprésident de l’Airso et président nouvellement élu du Syndicat de défense du Chasselas de Moissac.
Construire l’offre de demain
À l’issue d’un cycle de tables rondes organisé entre janvier et avril 2026 avec les principales enseignes françaises, l’association tire un constat clair : la demande en raisin sans pépins progresse fortement depuis plusieurs années. En 2025, cette catégorie représente déjà 20 % de la production du Sud-Ouest, contre 42 % pour le Chasselas et 38 % pour les autres raisins avec pépins.
L’Airso ambitionne désormais de porter cette part à 40 % à l’horizon 2030. Les échanges avec la distribution ont également mis en évidence l’attente d’une offre française plus étoffée. Alors que la production nationale ne couvre que 27 % des raisins consommés en France, les enseignes s’inquiètent de la dépendance croissante aux importations italiennes et espagnoles. L’objectif est donc bien de construire une stratégie collective pour organiser les futures saisons commerciales.
Tester les variétés du futur
Pour accompagner cette transition, l’interprofession lance un programme d’expérimentation variétale. Dès juin 2026, une douzaine de nouvelles variétés sans pépins seront implantées sur trois sites du Tarn-et-Garonne.
Les premières récoltes sont attendues en 2028. L’objectif est d’identifier des références capables d’assurer des rendements réguliers de 20 à 25 t/ha et de compléter la dizaine de variétés déjà à l’essai dans le bassin.
Pour l’Airso, l’enjeu est double : répondre à l’évolution des attentes des consommateurs tout en renforçant la compétitivité et l’attractivité de la filière française.










