Campagne cerise : en route pour la HVE !

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    Malmenée ces dernières années par une météo capricieuse et par la pression irrésistible de la mouche Drosophila suszukii, la production française reprend l’initiative par la voix de son AOP en engageant ses producteurs dans un vaste plan de restructuration.

    Pour bien marquer cet engagement, l’AOP Cerise de France a convié le 17 mai dernier les principaux protagonistes de la filière, producteurs, metteurs en marché, commerce, administration à une opération de lancement de la campagne 2019 sur le site du lycée agricole de Carpentras-Serres, dont l’exploitation était en imminence de certification Haute valeur environnementale. « Il ne faut pas l’obtenir avec une note tout juste moyenne, mais avec une appréciation assez élevée pour signifier la force de notre engagement sur le terrain », a insisté Isabelle Pellegrin, directrice de l’exploitation. En raison de l’objectif pédagogique de cette ferme, il s’agit en effet d’en faire une référence pour tous les futurs producteurs en cours de formation professionnelle. La voie est donc tracée, malgré les difficultés induites dans la protection des vergers par l’arrivée d’un ravageur aussi problématique que la mouche Drosophila suzukii : « Avec les conditions météo très favorables de la campagne 2018, nous nous sommes battus avec la mouche durant toute la saison et nous n’avons pas gagné », reconnaît Jean-Christophe Neyron, président de l’AOP et de l’OP Val de Nesque. La seule voie pertinente face à cette adversité, ainsi qu’aux intempéries qui semblent devoir désormais régulièrement affecter la période de récolte, ce sont les couvertures, filets et bâches, actuellement expérimentés grandeur nature à la Sica d’expérimentation de la Tapy. Le coût est loin d’être neutre, environ 90 000 €/ha pour une couverture intégrale sur un verger en place en gobelet, mais les nombreux avantages collatéraux rendent l’investissement totalement amortissable. Pourtant, on assiste là une véritable mutation pour la culture du cerisier, nécessairement sélective, tous les producteurs n’étant pas prêts à se lancer dans l’aventure et à faire évoluer leurs pratiques.

    D’où le projet de restructuration de la filière cerise porté par l’AOP avec le soutien de nombreux partenaires dans le cadre du Grand plan d’investissement. Ce projet comporte trois volets. Le premier, territorial, vise donc à sécuriser le potentiel de production de cerises par des outils de protection structurelle. Le volet environnemental passe, quant à lui, par l’évolution des pratiques et la certification HVE. Enfin, le volet innovation s’appuie sur des expérimentations vouées à trouver des méthodes de lutte économiquement viables, durables, contre Drosophila suzukii. Que les esthètes se rassurent, les filets de protection sont déployés de la floraison à la récolte, au maximum trois mois par an : l’attrait touristique des zones de production ne sera que momentanément affecté par un dispositif qui ne fait que débuter et ne semble guère souffrir d’alternative dans l’immédiat. Région, État, Europe, sont sollicités pour fournir les quelques dizaines de millions d’euros nécessaires afin d’accompagner cette restructuration. Quant à la distribution, représentée par FCD et ses adhérents, elle s’engage aux côtés de la production dans une démarche qui, sans nul doute, vise aussi à répondre aux attentes de ses clients, les consommateurs.