Alerte face à la hausse des coûts de production !

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    À la veille du Salon International de l’Agriculture 2022, Légumes de France tire la sonnette d’alarme sur les difficultés économiques auxquelles sont confrontées ses producteurs du fait des hausses des charges sur quasiment tous les postes de dépenses. Globalement, cela représente une augmentation de 15 à 30 % des coÛts de production.

    L’augmentation la plus spectaculaire concerne le gaz naturel (+ 600 % en un an) et l’électricité (+ 300 %). Ces charges impactent particulièrement les producteurs de légumes sous serres, comme en témoigne Lionel Marchal, producteur de concombres dans la Meuse, qui fait part de sa vive inquiétude. « L’avenir de nos entreprises est réellement remis en question, c’est mathématique, car toutes les charges explosent. Et le contexte géopolitique n’arrange rien, nous surveillons chaque jour la situation en Ukraine, dans la crainte d’une flambée des cours ».

    « Dans ce contexte très incertain, un grand nombre de producteurs se trouvent obligés de faire des paris risqués, à la fois dans la signature des contrats d’énergie, et dans les décisions de plantation. À l’heure actuelle, nous avons renoncé à planter 3 ha de concombre sur les 11 de serres habituellement sur notre exploitation, car nous perdons de l’argent. » Ces décalages de plantation généreront inévitablement des instabilités sur les marchés dans quelques mois. « Commercialement, nous sommes dans une position compliquée, avec un début de saison où l’on peine à sortir des volumes », ajoute Lionel Marchal.

    Les producteurs de légumes en plein champ sont eux aussi concernés, puisque les coûts des intrants (+ 100 % sur les engrais, + 35 % sur les plastiques agricoles) et la main d’œuvre subissent également de fortes hausses. Avec un marché que l’on peut qualifier de « léthargique » en ce début d’année, l’équation ne tient pas. Côté emballages, c’est la double peine : au-delà des problèmes de disponibilité qui sont déjà sensibles en colis carton et bois, les opérateurs s’attendent à une hausse de 30 à 40 % de leur prix d’achat.

    Légumes de France exhorte les distributeurs à accepter de répercuter ces coûts sur le prix de vente des fruits et légumes, de façon à rémunérer correctement les producteurs. Une position difficile à faire entendre dans un contexte d’élections présidentielles, où la baisse de pouvoir d’achat des Français est au cœur du débat et où la guerre des prix se poursuit entre les enseignes.

    D’après Lionel Marchal, « les charges d’énergie et de main-d’œuvre représentent 30 à 35% du coût de production de ses concombres ».© DR