À l’occasion du rendez-vous technique pêches-nectarines organisé au CTIFL de Balandran, l’AOP Pêches Abricots de France a dressé un premier bilan de la campagne 2026. Une saison abondante et dynamique, qui révèle déjà quelques points de tension pour les prochaines campagnes.

Près de 160 000 t de pêches et nectarines devraient avoir été commercialisées cette année par les adhérents de l’AOP Pêches et Abricots de France, soit 7 % de plus qu’en 2025 et le niveau le plus élevé de ces dernières années. Raphaël Martinez, directeur de l’AOP, a qualifié la saison de « globalement correcte ».
Dans un été marqué par des températures supérieures de 3,6 °C aux normales, la filière a plutôt bien tiré son épingle du jeu : « Nous faisons partie des quelques filières françaises qui ont finalement plus d’avantages que d’inconvénients à subir des situations aussi chaudes, car le marché est extrêmement dynamique et, bien que les conséquences sur le verger existent, elles sont moindres, notamment pour le pêcher », constate-t-il.
Avec l’appui d’animations commerciales, les ventes ont ainsi progressé de 12 % par rapport à 2025. « Les produits restent attractifs, le marché français est en capacité d’absorber 200 kt à 220 kt de pêches et nectarines. » Une dynamique qui s’inscrit néanmoins dans un contexte de forte tension en grande distribution, avec des consommateurs particulièrement attentifs au rapport qualité-prix.
Des volumes tardifs à surveiller
Derrière ce bilan positif se dessine toutefois un premier point de vigilance : la montée des volumes de nectarines en deuxième partie de saison. Le renouvellement soutenu du verger ces dernières années, jusqu’à 7 à 8 % certaines années, porte désormais ses fruits. Les jeunes vergers affichent des rendements élevés, notamment sur les variétés tardives, avec pour conséquence une offre de plus en plus concentrée en fin de campagne.
« Si les volumes ont pu être écoulés cette année, grâce à une météo favorable jusque tard dans la saison, l’équilibre pourrait être plus difficile lors d’un été moins propice à la consommation. Avant de planter de nouveaux vergers tardifs, il faut donc bien réfléchir : il y a déjà beaucoup de production à cette période », a prévenu Raphaël Martinez.
Par ailleurs, les pêches plates espagnoles ont retrouvé leur place dans les rayons, au détriment des pêches rondes françaises, après une année 2025 moins pressante. Pour l’AOP, le développement d’une offre française en fruits plats reste donc un enjeu, « malgré une production techniquement plus difficile et plus coûteuse ».
Une forte pression sanitaire
La forte pression des ravageurs piqueurs-suceurs ont également marqué cette campagne. Pucerons, thrips, cicadelles ou encore punaises ont occasionné des dégâts particulièrement importants, notamment en nectarine. L’AOP estime que « plus de 25 % des fruits ont pu être écartés dans certaines situations, avec des lots atteignant jusqu’à 40 % ». Une pression qui a pesé sur le rendement réellement commercialisable.










