C’est sous la forme d’un apéro de l’énergie que la FMN a convié adhérents et partenaires à découvrir les ingrédients de futurs mix énergétiques novateurs.

Réunis aux Établissements du Clos de la Fontaine à Bouguenais, 70 professionnels ont pu partager sur l’avenir d’une filière ancrée sur l’optimisation des ressources. Entre légumes et énergies, la question est de produire juste, en rentabilité, connecté aux besoins de la société en requestionnant en permanence sa propre consommation pour le faire.
Ce savant cocktail crépite sous l’émulation partagée par des maraîchers conscients des enjeux de souveraineté alimentaire et énergétique. Régis Chevallier, président de la FMN (Fédération des maraîchers nantais), pose les enjeux, sous les 30 °C désespérément secs de cette fin septembre. Une soif de solutions s’impose. A
utour de Nantes, les cultures sous abris sont celles qui ont le mieux résisté aux vagues caniculaires cette saison. La fédération, dotée actuellement de 700 ha d’abris plastiques et 155 ha de serres verre, envisage une augmentation de 30 % des surfaces abritées sur les dix prochaines années pour un investissement de 200 millions d’euros.
Diversifier les ressources
« Le temps des cogénérations est révolu, il faut se renouveler avec pragmatisme face à la volatilité des marchés et aux instabilités climatiques et politiques. » Louis Vinet inaugure l’installation de deux nouvelles chaudières électriques. Producteur de concombre et de tomate sur 5,6 ha, le référent de la commission énergie de Légumes de France souligne la fragilité des cogénérations, dépendantes des énergies fossiles et très exposées au tarif du gaz naturel.
Le nouvel équipement permettra une chaleur décarbonée à moindre coût. L’objectif futur est de diversifier les ressources pour devenir agile, en sécurisant les investissements. Pompes à chaleur, récupération de chaleur de microdatacenteurs, batteries, panneaux solaires clignotent comme autant de possibles. Le mix doit s’adapter aux nouveaux usages, pouvoir utiliser ou produire, à bon escient et au bon moment, en s’intégrant dans un schéma plus large de besoins énergétiques du territoire.
Eiffage présente les nouveaux équipements et insiste sur le pilotage logiciel, véritable bras droit expert, analyste de la performance énergétique totale d’un site en temps réel. L’objectif étant de consommer une électricité économique, en stockant l’énergie dans des batteries ou bien de « s’effacer » du réseau quand il faut partager. Des préconisations quotidiennes permettent d’arbitrer un mix optimisé en permanence.
L’IA copilote
L’installation des chaudières électriques nécessite bien évidemment les raccordements ad hoc de la part d’Enedis, avec des coûts très fluctuants en fonction des sites et soumis à des délais importants, faisant lever les sourcils dans l’assistance. Enfin le bon mix, c’est aussi et surement surtout la bonne dose.
Et pour cela l’IA s’avère vigilante copilote, attelée à la sobriété du système et aux économies d’énergies, d’eau ou d’engrais, tel un Sam vous ramenant à bon port. Daria Noda, responsable commerciale Europe chez Blue Radix présente le logiciel Crop Controller destiné à aider le chef de culture dans sa gestion quotidienne.
Intégrant les données uniques à chaque entreprise, la prévision fine des actions possibles de régulation du climat ou de l’irrigation, et de leurs conséquences, progresse dans un apprentissage commun. Une IA agricole aujourd’hui utilisée par plus de 100 producteurs à l’international et 12 en France.










