Après plusieurs années difficiles, le salon Natexpo présente une filière bio dynamique qui cherche désormais les ressorts de sa reconquête.

C’est à Eurexpo Lyon que s’est tenue cette édition de Natexpo, le salon international des produits biologiques, les 28 et 29 septembre. Il a rassemblé 5 771 visiteurs professionnels, dont 10 % venus de l’étranger, et 400 exposants de la filière bio, soit 15 % de plus que pour l’édition lyonnaise de 2024.
« En 2024, on était encore dans un marché qui avait été chahuté, les entreprises avaient du mal à se restructurer. Là, on sent que ça repart un petit peu. D’ailleurs, 40 % des exposants ont déclaré venir présenter des nouveautés », a constaté Florence Roublot Vadé, directrice du salon. Le constat s’est vérifié dans les allées bien fréquentées et aux accents internationaux.
Néanmoins, comme l’a précisé Christelle Le Hir, présidente de Synadis Bio et co-présidente de La Maison de la Bio, « ce rendez-vous réussi n’occulte pas l’inquiétude sur les conséquences de l’été caniculaire sur la santé des fermes bio et le moral des agriculteurs, sujet largement évoqué dans les allées ».
Une innovation très transformée
Sur les stands, la transformation alimentaire dominait aux côtés des cosmétiques : protéines végétales, snacking bio, produits du monde ou boissons fermentées figuraient parmi les axes d’innovation visibles. Les Trophées Natexpo 2026, consacrés aux produits illustrant les nouvelles tendances de l’alimentation biologique, ont aussi témoigné de cette orientation vers les produits transformés. Ce qui a contrasté avec la présence relativement discrète du secteur fruits et légumes frais, où une vingtaine de producteurs et metteurs en marché français étaient au rendez-vous.
La consommation au cœur des enjeux
Par ailleurs, les conférences ont largement interrogé les conditions d’une reprise durable de la bio : évolution des marchés français et européens, consommation, avenir des réseaux spécialisés ou encore compétitivité-prix. Cette dernière reste un enjeu majeur pour reconquérir les consommateurs.
Une étude présentée par La Maison de la Bio s’est ainsi attaquée à l’idée d’un bio nécessairement beaucoup plus cher. Sur 12 fruits et légumes du quotidien étudiés à partir des données du RNM France Agrimer, 5 références (pomme de terre, pomme, laitue, orange et banane) composent un panier à 12 € en magasin spécialisé bio, contre 10 € en GMS conventionnelle.
« Les grincheux diront que c’est 20 % plus cher et les optimistes 2 € plus cher, c’est-à-dire le prix d’un café pour une semaine complète de consommation de fruits et légumes », a résumé Christelle Le Hir. L’étude ne prétend pas que la bio est systématiquement moins cher, mais cherche à montrer qu’une partie des achats conventionnels peut basculer vers la bio avec un surcoût limité, voire sans surcoût pour certaines références. La reconquête du consommateur passera aussi par d’autres leviers.
La Maison de la Bio a ainsi profité de Natexpo pour porter son livre blanc et ses 14 propositions visant à doubler la consommation bio en France en cinq ans. Parmi elles figurent davantage de bio dans la restauration commerciale et la commande publique, une meilleure transparence de la distribution sur ses achats ou encore la sécurisation économique du potentiel de production.
Une ambition qui repose aussi sur une évolution des habitudes, sans imposer une bascule radicale. « Ce n’est pas une affaire de tout ou rien. Commençons tous à consommer un peu plus bio tous les jours », a conseillé Christelle Le Hir.
La prochaine édition de Natexpo se déroulera à Paris expo, porte de Versailles, du 26 au 28 septembre 2027.












