Cette fois-ci, c’est EDF power solutions qui a développé son propre dispositif agrivoltaïque en fruits à pépins : le projet Evapore.

Une nouvelle expérimentation agrivoltaïque sur pommiers voit le jour à Marsillargues, hébergée par Sudexpé et portée par EDF power solutions, en partenariat avec Cybeletech. Ce n’est pas la première pour cette filière de production, mais bien une nouvelle aventure pour Sudexpé. Sous un soleil brûlant et une température avoisinant les 40 °C, la journée du 30 juin a été parfaitement choisie pour inaugurer un tel dispositif d’ombrage piloté.
Cofinancé par l’Ademe, il a été mis en service en septembre 2024 sur une parcelle de 1 000 m2 de la station expérimentale Sudexpé. Evapore entame donc sa première campagne d’essais prévue sur trois ans en testant la réponse des pommiers à l’ombrage sur 6 variétés différentes, dont Pink Lady, Granny Smith et Story. À 4,5 mètres de haut, les 8 rangées de panneaux photovoltaïques pilotés sur trackers ne gênent pas le passage d’engins agricoles.
« Afin de connaître l’état de l’arbre et d’anticiper les réponses futures du végétal aux conditions climatiques sous panneaux, des instruments de mesure ont été placés sous le dispositif », explique Marion Carrier, directrice scientifique de Cybeletech. Ces capteurs collecteront des données agronomiques et pédoclimatiques (comme la température, l’humidité de l’air ou encore le rayonnement photosynthétique) de manière à renforcer les modèles de croissance développés par la société Cybeletech. Une parcelle témoin permettra de comparer objectivement les résultats obtenus. L’expertise en pommes des équipes de Sudexpé sera mise à contribution en réalisant des mesures régulières tout au long de la saison.
Répondre sans sacrifier la production agricole
« On est déjà en 2050, puisque les pires scénarios d’hier sont les moins mauvais d’aujourd’hui », alerte Philippe Cavalier, président de Sudexpé. Avec une trajectoire à +4 °C, le changement climatique et ses aléas sont au cœur du travail de la station d’expérimentation. Le pommier, plus particulièrement, subit de plein fouet les canicules à répétition. Des coups de soleil sur les fruits sont constatés au cours de la saison, engendrant certaines années une diminution de 30 à 40 % du rendement.
Dans ce contexte, « les agriculteurs occitans s’intéressent à l’agrivoltaïsme et notre rôle est de leur apporter des réponses concrètes en expérimentant », résume le président de la station. Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, renchérit en soutenant que « les professionnels de la filière ont pour responsabilité d’assurer le potentiel de production de l’agriculture méditerranéenne, en relevant le défi de ce type d’innovation ». Il se veut un partenaire engagé mais vigilant : « Nous sommes intéressés par l’agrivoltaïsme s’il est déployé en partenariat, où l’agriculture reste au cœur des préoccupations. »
Pour François-Xavier Lauch, préfet de l’Hérault, présent à cette occasion, la réussite de ce type d’expérimentation est cruciale pour « prouver que le modèle agrivoltaïque fonctionne », tout en permettant « d’intégrer l’agriculture dans la transition énergétique ». Ce type d’innovation interroge encore : comment se pratique la replantation des vergers sous ces dispositifs ? Quelle est la surface minimum rentable pour la production photovoltaïque et coïncide-t-elle avec les cycles de renouvellement des pommiers ?
Autant de questions que les producteurs soulèvent lors des discussions. Face à la multiplication de ces projets, la filière agrivoltaïque doit structurer le partage de résultats. Le récent congrès international Agrivoltaics, début juillet, peut justement ouvrir la voie à une mutualisation des connaissances entre acteurs pour faire grandir collectivement cette possible synergie de production.











