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végétable continue d’innover et lance un nouveau produit en 2021 : les Webinales
Le concept des Webinales a pour ambition de proposer, sous forme de webinaire, une information synthétique, exhaustive, documentée sur un sujet concernant la filière F&L. Avec 3 sessions en 2021, sur un format moyen d’une heure, les participants à ces webinaires auront accès à une information qualitative et opérationnelle.

Quelles UVC pour 2022 ?

La loi AGEC, qui vise l’interdiction des plastiques et matières non recyclables dans les conditionnements UVC du rayon fruits et légumes, s’appliquera dans moins d’un an. végétable a consacré un webinaire à cette question le 18 mars.

Un projet de décret d’application de cette loi circule (enfin) entre les mains des professionnels. Plusieurs catégories de fruits et légumes y sont identifiées comme « présentant un risque de détérioration à la vente en vrac », avec des échéances repoussées pour la suppression des plastiques, allant de quelques mois à quelques années. Mais ce décret n’est encore qu’un projet. Le reste du rayon demeure concerné par l’échéance du 1er janvier 2022. Nombre d’opérateurs et de distributeurs se sont déjà engagés vers la suppression des plastiques… Bref, cela reste un horizon à atteindre et une question centrale pour la filière.

• Que dit la loi ?
• Quelles sont les conséquences pratiques de ces changements pour l’amont de la filière ? Quelles stratégies et méthodes sont déployées par les distributeurs ?
• Quels conditionnements sont déjà observés dans les rayons ? Quels enseignements en tirer ?
• Comment prendre les bonnes décisions et être prêts pour 2022 ?

En un peu plus d’une heure, la Webinale a essayé de répondre à ces questions, par le décryptage de la loi, par des interviews de distributeurs, par un reportage au cœur des rayons fruits et légumes pour observer les différents conditionnements déjà en place, identifier les belles propositions et pointer les problématiques et voies d’amélioration, ou encore par la proposition de méthode conjuguant approche technique et stratégie marketing pour inscrire ce changement dans une vraie perspective de création de valeur.

Avec :

Marc-Henri Blarel, spécialiste du marketing en fruits et légumes, fondateur de la société de conseil Fruits de Valeur et expert pour végétable.
Fabrice Peltier, expert du design-packaging, qui accompagne les entreprises à concevoir des conditionnements responsables et au service de leurs stratégies. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont La révolution de l’emballage – L’émergence de nouvelles solutions, en novembre 2020, et Guide de l’éco-encrage, en mai 2019 (et que pouvez retrouver dans l’article paru dans végétable d’octobre 2020, en lecture libre, ici).

REPLAY

Les questions restées en suspens

Après plus d’1 h 20 de présentation en direct, une trentaine de questions posées par les 170 participants au webinaire de végétable du 18 mars dernier n’ont pu être abordées, par manque de temps. Nos experts Marc-Henri Blarel et Fabrice Peltier y ont apporté leurs réponses. Elles concernent le champ d’application de la loi AGEC, demandent des précisions techniques sur les matériaux comme la cellulose, ou encore abordent un débat plus vaste sur les conséquences qu’aura cette évolution des conditionnements pour la filière en matière de segmentation, de coût et d’organisation des rayons fruits et légumes. Un sujet que nous suivrons de près, naturellement !

Des précisions sur le champ d’application de la loi :

Le home compost va-t-il être autorisé ?

FP : Le home compost sera obligatoire pour les étiquettes posées directement sur les fruits et légumes à partir du 1er janvier 2022. Les emballages, composés tout ou partie en plastique, même home compost seront interdits.

Les produits importés seront-ils soumis aux mêmes exigences (ananas, banane, légumes feuilles, etc.), en particulier de provenance d’Afrique ?

MHB : La réglementation porte sur les produits à la vente et concerne toutes les provenances.

Quand Marc-Henri évoque le fait que les premiers prix sont hors loi AGEC, parle-t-il bien du poids des conditionnements ?

MHB : Oui, avec l’illustration par la famille pomme et les sachets 2 kg.

La première gamme et demi (le demi-chou) est-elle dans la loi, selon vous ? Un produit coupé ne serait donc pas concerné, mais ce n’est pas clair : chou coupé, blanc de poireau, pot au feu ?

FP : En principe non, car la loi dit tout ou partie composé en plastique (il faudra voir si le décret le précise).

Quid des colles ?

FP : Il existe des colles home compost et des colles « zéro plastique ».

Les emballages bio-sourcés sont-ils considérés comme à usage unique ou non recyclables ?

FP : Les emballages en plastique biosourcés sont dans la plupart des cas à usage unique. Ils peuvent être recyclables, non recyclables, compostables industriellement ou bien home compost. Le fait qu’ils soient biosourcés n’empêche donc pas d’être considérés à usage unique.

Le cas particulier de la cellulose :

En savons-nous plus sur l’acceptation de la cellulose ? Est-ce que la cellulose végétale rentre dans le cadre de la loi ? Aujourd’hui, les fournisseurs nous parlent de cellulose, or la loi n’autorise pas la cellulose transformée chimiquement, mais la cellulose issue de matière végétale, oui ?

FP : Il existe effectivement différentes technologies et types de cellulose pour les emballages. Les celluloses vierges (pas les recyclées) sont la plupart OK contact alimentaire. Il suffit d’obtenir les certificats.

Les fenêtres en cellulose, c’est du plastique ? Qui croire ? Les fabricants nous disent que non.

FP : Ils ont tort, c’est une tromperie de leur part. Les fenêtres transparentes en cellulose sont du plastique.

Donc le film de cellulose est assimilé à du plastique et le film en papier transparent ? Car j’ai un fournisseur qui fait la différence entre les deux.

FP : Le papier type cristal est, s’il n’embarque pas de couche plastique, 100 % papier. Tous les films transparents sont du plastique (fossile ou biosourcé).

Concernant la cellulose et plus précisément les filets cellulose, seront-ils acceptés par la loi ?

FP : Puis, si 100 % cellulose papier et non bioplastique à base de cellulose.

Le papier type cellophane est considéré comme un plastique ?

FP : Tous les bioplastiques sont par définition du plastique, donc les cellophanes le sont.

Les solutions techniques :

Que pensez-vous des fenêtres faites par de nombreux trous dans un emballage papier ?

FP : Que du bien…

Que pensez-vous des barquettes carton avec un coating en PE pour protéger de l’humidité. Ont-elles un avenir sur le long terme?

FP : Cela sera sans doute remplacé par la chromatogénie.

Vous n’avez pas parlé des étiquettes collées directement sur les fruits et de l’absence de solution à date, car il n’existe pas encore de colle agréée home compost.

MHB : Des exemples ont été donnés en concombre, mais sans détailler. Effectivement, il n’y a pas encore de solution de sticker compostable à domicile sur le marché. Les solutions de gravure laser sont opérationnelles et bien déployées dans les pays du nord de l’Europe. Il existe aussi des solutions d’impression couleur directement sur les fruits, dont plusieurs entreprises sont en train de s’équiper.

L’esprit de la loi et les questions autour des filières de conditionnement :

La loi AGEC est-elle réellement contre le plastique en général ou contre les produits pétro-sourcés ?

MHB : La loi AGEC vise à réduire puis faire disparaitre les plastiques à usage unique.

Pourquoi la France a-t-elle décidé d’être aussi radicale avec l’élimination du plastique ?

MHB : Le plastique est un symbole. Celui de la consommation de masse et du coût unitaire de production le plus faible. Le revers de la médaille de ses innombrables fonctions est son mauvais taux de collecte pour le recyclage et sa trop longue durée de vie dans la nature en tant que déchet. Pratiquement, l’explication des nuances aux consommateurs s’avère difficile. Même les films biosourcés et compostables à domicile les plus vertueux sur le papier sont associés à l’image négative du plastique.

Y a-t-il suffisamment de carton pour approvisionner la filière fruits et légumes ? Surtout que le carton peut être recyclé, mais pas réutilisé pour l’alimentaire.

FP : Je pense que oui et que cela va permettre de mieux gérer les forêts.

Les conséquences en matière de segmentation, gestion du rayon, coût économique, équilibre du marché…

L’emballage conserve, mais rassure aussi. Ne va-t-on pas migrer vers les produits transformés de manière naturelle, conserves, surgelés, moins créateurs de valeur pour la filière ?

MHB : La hausse des prix peut pousser des consommateurs à modifier leurs habitudes d’achat, surtout dans un moment où le pouvoir d’achat est une préoccupation grandissante. Plutôt qu’un déplacement des masses entre le frais et le transformé, c’est entre l’origine France et l’import qu’il me semble y avoir un risque notable de perte d’accessibilité prix de l’origine France.

La solution la plus simple est de basculer vers le vrac. Or le volume de l’acte d’achat a baissé de 30 % sur certains produits : ne risque-t-on pas la mise en surproduction structurelle ?

MHB : Nous sommes en plein dans la phase de changement. Le consommateur n’est qu’au début de la découverte des nouveaux packagings, en plus en contexte Covid. On peut s’amuser à se faire peur, mais le besoin de se nourrir est inchangé. Tester, échanger avec ses clients et les consommateurs, mesurer, adapter et communiquer me paraissent les actions les plus sûres pour trouver son chemin dans ce bouleversement.

A-t-on le droit de rêver : retour au 100% vrac en rayon avec une aide à la vente ?

MHB : Le souhait de gain de temps et de praticité au moment de l’achat a été le moteur puissant du conditionnement. Même Grand Frais, qui donne la priorité au vrac, a introduit du conditionnement sur certaines familles, dont la pomme de terre, pour améliorer ses performances. Donc, le besoin de praticité étant toujours là, il ne faut pas imaginer une bascule à 100 % en vrac. Ceci dit, les cartes vont être rebattues pour certaines familles, où le rapport qualité/prix du vrac apparaîtra meilleur que le conditionné.

Lors du dernier GT Innovation de l’Interfel nous avons parlé largement de la part de l’achat impulsif dans le comportement du consommateur. Il faudra bien le prendre en compte dans la construction des futurs emballages en carton ou autre…

MHB : La brillance, la couleur, l’odeur : autant de signaux inconscients qui déclenchent ces achats d’impulsion et qui peuvent être atténués par les nouveaux emballages. Le bar à tomate cerise de Savéol, vu chez Casino, est un bon compromis. De la même façon, la présentation en vrac de jeunes pousses de salade dope les ventes de celles conditionnées si elles sont juste à côté. Des adaptations du merchandising sont à inventer face au manque de transparence dû au carton.

S’oriente-t-on vers des UVC en 1,5 kg ?

MHB : Plusieurs filières y pensent comme un moyen de contourner l’obstacle. Cela peut signifier un prix facial en hausse de 50 %. Tous les consommateurs ne passeront pas la barre. Ensuite, plusieurs enseignes souhaitent faire disparaitre totalement le plastique du rayon. Dans ce cas, la limite légale du 1,5 kg n’existe plus. Des opérateurs français de tomate ont travaillé sur l’origine française de leur carton et proposent un packaging qui fait gagner en cohérence le produit avec son emballage. Cela est applicable sur d’autres familles de produit, avec un produit d’entrée de gamme dont on renforce la valeur, et peut passer par une légère baisse de grammage parfois, en intégrant la notion de prix facial.

J’aimerais bien savoir qui va payer les coûts d’investissement et la différence des prix des emballages carton par rapport au plastique ?

MHB : C’est tout l’enjeu de la filière fruits et légumes dans les mois à venir. Le projet de décret vient donner du temps pour amortir le choc. Les situations sont très variées selon les familles et les entreprises. Certaines entreprises peuvent y trouver une opportunité de développement et vouloir investir en ne répercutant pas tout le coût à leurs clients. Un travail sur la valeur perçue et la propension à payer un prix plus élevé par le consommateur est à mener conjointement entre amont et aval pour ces nouveaux emballages. Un travail à livre ouvert entre le fournisseur et son distributeur peut être profitable aux deux.

Le pré-emballé va-t-il être réservé au produit de qualité ? Et le vrac au premier prix ?

MHB : La bascule se met en place en priorité sur les produits où c’est techniquement faisable et économiquement supportable. L’éventualité d’un bouleversement des façons de conditionner selon les gammes est possible sur plusieurs familles. Cela s’est déjà observé dans le passé sur les corners « moins de 1 € ».

Les enseignes :

Connaissez-vous la position de Leclerc ?

MHB : L’enseigne Leclerc a été sollicitée via son service de presse. Elle n’a pas souhaité répondre à nos questions. À l’occasion de visites en rayon, les sorties de nouveaux produits à marque Repère sont nombreuses : en agrumes, en pomme de terre, en bio. Ce qui rejoint le positionnement historique de l’enseigne sur la fin des sacs plastique en caisse. À n’en pas douter, Leclerc est très active sur le sujet et son silence nous le confirme.

Est-ce que Ségolène Challe communique avec B. Arhan et/ou M. Lovery pour prendre en compte les surcoûts liés à ces objectifs « Act for Food » ?

MHB : À votre avis ?

Ressources des experts

ExpertsDocuments
Marc-Henri BLARELPartie 1 : Loi et impact
Partie 2 : En rayon
Partie 3 : Les stratégies des enseignes
Fabrice PELTIERFabrice Peltier : Les webinales

Ressources bibliographiques végétable

Numéro de végétableArticles à télécharger
N°373 janvier 2020• Myrtille – Marché français : une croissance insolente p48-53
N°374 février 2020• Édito p3
• Fruit Logistica : dix nominés pour l’innovation de l’année p20
• Alliance Perlim-Meylim : une barquette 100 % recyclable p23
N°375 mars 2020• Interview du mois – Responsable écoconception chez Citeo :
une mise au point sur le recyclage des emballages p 4-5
• Mangue – Développement : un produit bien installé p54-55
N°376 avril 2020• Emballages : la fin du plastique p18
• Dossier tomate – Sans résidu de pesticides : troisième voie ou nouveau standard ? p36-38
N°377 mai 2020• Emballage – Avenir des unités consommateur : une équation compliquée à résoudre p54-55
N°379 juillet 2020• Condiments – Conjoncture : le vent en poupe ! p48-49
N°380 septembre 2020• Dossier banane – Stratégies d’acteurs : quelques clefs de succès p33-35
• Champignon – Marché français : avis de beau temps p46-47
N°381 octobre 2020• Avocat – Marché mondial : à la recherche du point d’équilibre p47-50
• Endive – Emballage et qualité environnementale : les défis de la nouvelle campagne p52-53
• Légumes d’hiver – Segmentation : quel avenir pour les mélanges de légumes frais pré-emballés ? p54-56
• Pré-emballé – Loi économie circulaire : prendre de la hauteur p60-61
N°382 novembre 2020• 4e gamme : bientôt un sachet en papier translucide p22
• Dossier carotte – Positionnements différenciés : bassins de production en quête de complémentarité p30-34
N°383 décembre 2020• Emballage : un « Oscar » pour Savéol p16
N°384 janvier 2021• Sival innovation : seize récompenses pour l’environnement p24
N°385 février 2021• Fraîche découpe – Solutions et innovations : sortir plus fort de la crise p26
N°386 mars 2021• Dossier tomate – Segmentation : à l’heure des choix p36-41
• Asperge – Conjoncture : entre espoirs et inquiétudes p47-49
• Emballage – UVC : le changement, c’est maintenant p58-59