Un résident ne devrait pas dire ça…

© Photo Marché International de Rungis

Y faut rien, c’est refusé pour qualité, trop cher, c’est du sucre, pour toi prix mini-mini… vous avez remarqué comme les échanges entre les différents acteurs de notre Filière parlent finalement si peu et si tristement de produit, combien ils font assez penser à une partie revisitée de poing/papier/ciseaux ? Et aussi, comme ces expressions éculées masquent malhabilement les vraies raisons du désaccord ? Il faut en fait comprendre je ne veux pas t’acheter à toi, je n’en ai pas besoin, je veux juste baisser systématiquement le prix et, côté vendeur, je n’ai pas goûté, j’ai encore de la marge… Quand on voit à quel point les consommateurs sont pendus aux lèvres des chroniqueurs et des producteurs à chaque fois que ces derniers ont l’occasion de faire redécouvrir nos fabuleux produits, on ne peut que regretter le côté bassement matériel du peu de communication orale qu’il nous reste. Et pourtant, tous les bons acheteurs/vendeurs le savent : on obtient finalement autant, voire plus, en évitant la confrontation stérile.

50 nuances d’affinage

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Banane sondée, chauffée, elastibandée… mangue décollée, mûrie à point, passée au pénétro… papaye cougar accouplée dans une barquette avec un petit citron encore vert… les techniques pour amener les F&L à maturité sont très pointues et certaines stations de conditionnement spécialisées rappellent parfois les alcôves à lumière tamisée des boîtes sur les quais de Bordeaux.
Jeu risqué que de vouloir remplacer crânement Mère Nature : si on se loupe, on peut toujours se faire coincer les kiwis entre 2 Brix ou finir avec la joue plus rouge que celle de la Kent qu’on a livré…

Copycat

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Je lisais l’étiquette de mon short (marque avec un petit noeud papillon rose) avant de le laver: dessiné en France mais… fabriqué en Tunisie! Au delà de la volonté de profiter de la tendance ‘On est chez nous!’ avec une ficelle des plus grossières, en plus de l’évidence que la France écrasée de charges n’est plus capable de produire à prix bas, je me posais la question du pourquoi notre Filiere F&L ne sait pas elle mieux tirer partie de la logique de l’achat au plus près pour un produit pourtant des plus périssables?
J’y vois 2 raisons majeures:
1 – d’abord parce que nous sommes quasi absents pour la production de grandes familles. À titre d’exemple, à part quelques citrons à Menton issus des rares parcelles non couvertes par une maison de retraite, des pomelos polyphoniques plus verts que jaunes et de quelques clémentines avec plus de pépins que dans une grenade, la France n’est pas que je sache le pays des agrumes.
2 – ensuite parce que l’argument cueilli plus à maturité/fraîcheur est généralement masqué par les carences tristement connues de la Filiere. Même si la laitue vient du maraîcher local, elle ne sera pas fraîche si les règles de rotation et le retravail permanent ne fonctionnent pas.
Pourtant, il reste étonnant de voir que certaines techniques pour s’acheter des accroches commerciales à peu de frais n’ont pas encore touché l’univers des F&L.
Exemple 1 – dans le domaine du cinéma, tous les nanars en mal d’entrées sont aujourd’hui teasés à grands renforts de filiations douteuses: ‘par le producteur de’, ‘par le co-scénariste de’. S’il semble bien que ces mentions pourtant assez vides de sens aient un impact pour faire décoller le 9eme volet d’une licence en phase terminale ou le dernier nanar testosteroné Michaelbayien, elles sont pourtant totalement creuses… À quand le ‘par le Chef Éclairagiste de’ ou ‘acteurs nourris par le même foodtruck que’? On peut quand même aisément imaginer une application de cette technique au F&L: ‘par le même semencier que la grappe Authentique de Saveol’ ou ‘la nouvelle création des géniteurs de Pink Lady’… et ses dérives ‘conditionné dans la même cagette que’, ‘calibrée sur machine x’…
Exemple 2 – les séries limitées : il faudra bien qu’on y vienne un jour sérieusement car tout destine notre Filiere à s’en servir: quantités fluctuantes à chaque saison, caractère par définition saisonnier du produit, production souvent morcelée, périssabilité … Et pourtant, je n’ai pas encore vu beaucoup de séries limitées en première gamme (les industriels de la 4g -salades, jus, fruits secs- en font eux depuis longtemps).
Exemple 3 – les messages jusqueboutistes à la Benhamou type ‘Champion du monde!’. Regardez les montres. Même pour les marques haut de gamme, elles roulent toutes des mécaniques en s’annonçant comme la plus précise, la plus fine, la plus légère, la première solaire…et cela leur permet parfois de sortir de l’anonymat où elles sont cantonnées (même si assez logique pour des suisses…). Pourquoi ne pas s’en inspirer en F&L en surfant par exemple sur la folie Alicaments? La tomate la plus riche en lycopene, le petit fruit rouge le plus antioxydant après le Goji,… probablement avec des messages travaillés plus que diététiques purs et durs.
Exemple 4 – les packagings responsables. Quand on regarde une simple bouteille plastique d’eau minérale, on peut y lire qu’elle contient 20% de plastique végétal et qu’elle est 100% recyçlable. A l’inverse, quand on cherche un sachet compostable pour emballer des bananes, c’est bien compliqué.

On le voit avec ces quelques exemples, notre Filière serait bien inspirée d’avoir l’humilité de regarder ce qui se passe autour d’elle et de s’en inspirer pour copie en adaptant.

Very beautiful la Pwovance !

bastideIncroyable le nombre de bergeries, d’anciens relais de chasse et de moulins à huile désaffectés qu’on peut trouver, rénovés et prêts à la vente, dans les magazines immobiliers flashy de la région! Je veux bien reconnaître, avec les résultats de l’OM ces dernières saisons, une expertise flagrante en élevage de chèvres, je comprends que le temps libre laissé par les 35 heures permet à certains d’aller plomber le sanglier de toutes façons déjà pas très tendance, je sais que nos olives françaises sont depuis longtemps bien trop chères comparées à celles du Maroc, mais quand même, il y a manifestement une astuce des agents immobiliers qui se sont tous payés la panoplie d’Alphonse Daudet pour attirer l’anglais. Mais attention, à force de survendre à des retraités crayeux et fleuris, en mal d’authenticité, des bicoques bancales et à des prix aussi honteux que celui de l’iPhone 7, on risque là encore de bloquer la source miraculeuse comme l’a fait Hugolin pour assoiffer les œillets du bossu…

Le Top 5 des trucs qui gonflent en avion

© photo Xdr

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1 – le frottement des chaussons en éponge élastique, offerts dans la sacoche du parfait jetlagé, sur le sol: non content d’enlever toute allure aux femmes et faire passer Linda Evangelista pour une vendeuse de chez Séphora, ces ‘chaussures’ ne sont en plus pas portées par certaines mais traînées sur le sol, de préférence en marchant à là cow-boy. C’est un peu l’équivalent des tongs en été. Je pense qu’elles pourraient aussi bien  se marier avec le paréo qui tente de masquer un amour Bridgetjonesien pour le Nutella, le canotier provençal fabriqué en Tunisie et le sac immense et informe dans lequel on a bourré le kit ‘C’était bien mais trop court’: la dernière salade de Musso, le Smartphone avec le plus grand écran du marché, la crème solaire indice maximal mais qu’on reviendra rouge quand même, le magazine débile qu’on dit lire parceque c’est les vacances…
2 – le crissement obstiné de la dosette de lait français mal prédécoupée que même Schwarzenegger n’arriverait pas à ouvrir et qui finit par céder d’un coup en aspergeant copieusement votre cravate et celle du voisin (moche de toutes façons).
3 – le réveil pour tous sur les longs courriers, façon césarienne et forceps, alors que vous avez finalement réussi à vous endormir, après 5 cognac, 23 minutes avant. L’hôtesse au chignon impeccable vous proposant à 5H du matin une omelette aux champignons trop cuite et un yoghourt allemand avec le coulis collé au fond du pot, à manger avec une petite cuillère en plastique.
4 – le sifflement hystérique à répétition de l’oiseau WhatsApp qui retentit par salves avant même que la roue ne touche la piste, à la grande satisfaction de toutes les décolorées en manque de leur dose de Samsung et qui pensent à tort qu’elles ont des amies.
5 – l’annonce de l’hôtesse qui vous explique d’une voix mielleuse que ‘dû à l’arrivée tardive de l’appareil…’, vous allez encore attendre debout au milieu des odeurs d’aisselles du voisin en surpoids manifestement fâché avec le déodorant aux sels d’aluminium et de celles de la cougar qui a testé la moitié des parfums les plus écœurants du Duty Free, puis refaire la queue avec 2 ‘vols provenant de destination à risque’, prétexte idéal pour la PAF en sous effectif pour fermer systématiquement les bornes automatiques normalement réservées au passeport biométrique, et finalement arriver épuisé chez vous quand tout le monde sera tranquillement somnolant devant la saison 17 d’une série inepte.

Après les Gueules Cassées… les Mal-Aimés ?

© Photos Xdr

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Nous avons tous entendus parler de la gamme de F&L ‘Les Gueules Cassées’ et de la tentative parfaitement louable d’essayer, plutôt que de poser la tête (voire pire…) sur le billot de la transformation, de valoriser les produits normalement empêchés par des défauts visuels mais sans conséquence sur le gustatif. On a donc rassemblé dans une gamme plus de tordus qu’au PS, plus de mal formés que dans les années post Tchernobyl, plus de défauts de peau que dans une léproserie de Calcutta et tout ce que la Filière avait l’habitude de laisser lâchement sur le bord du champ. Force est de constater un certain succès tout à l’honneur de ceux qui ont courageusement tenté le coup. Mais, au delà du buzz créé par la nouveauté qui, comme les projets précédents déjà montés par son géniteur, était parfaitement imaginé pour s’opposer au culte aberrant du tout esthétique (à quand le croisement entre Charlotte et Vitelotte pour remplir l’obligation pour les pommes de terre d’être toutes blondes aux yeux bleus?), les retombées restent cependant assez limitées. C’est le fameux syndrome de la boîte de petits pois cabossée et dont l’étiquette est déchirée: même si ça ne change absolument rien à son contenu, ça n’est quand même pas celle que les clients choisissent ! Pour autant, peut-être existe-t-il une voie médiane à emprunter, en s’orientant plus sur les mal connus aujourd’hui que sur les moches à jamais? Nul doute que les Granny à face rosée ont une carte à jouer, que les espèces d’abricot avec moins de blush que Kim Kardashian peuvent tout de même séduire, que les ananas naturellement verts quand non éthrelés mériteraient mieux que de se faire mettre en boîte si on savait expliquer.
L’histoire n’est pas nouvelle mais on a ici peut-être une autre façon de la raconter…

La grenouille qui voulait se faire aussi grosse que la gazelle

radio

En s’éloignant d’Aix en voiture vers Marseille, on peut, après quelques kilomètres, capter 3 fréquences radio dont le nom commence par G.
Parmi elles, Radio Galère. On comprend de suite pourquoi les animateurs ont choisi ce nom tant les enchaînements de temps morts alternent avec les speakers parlant sans ouvrir le micro. Et quand ils se décident à parler dans le micro, on en vient presque à le regretter. On y entend des voix un peu inopinées, comme dirait Gad, nous expliquer que la France colonialiste doit quitter les Comores !
Je dois être un peu naïf mais quelqu’un peut-il m’expliquer l’intérêt de cette ‘ radio’, coincée entre Radio Grenouille et Radio Gazelle ?

Franchement nuls à ch… !

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1er contact :

vendredi en fin d’après-midi. Bonsoir, je voudrais des renseignements sur les enceintes nomades. Réponse: oui ben… c’est là! crachée, sans même lever la tête de sa caisse, par un vendeur dépressif aux allures de garçon de café parisien et manifestement très occupé à ‘faire sa caisse’. Des fois qu’il doive rester quelques minutes après la fermeture du magasin… En clair, help yourself et j’achète seul une enceinte qui s’avérera ne pas être sans fil!

2ème contact :
lundi au SAV. J’ai d’abord du me faire remplir un ‘Bon de circulation’ (sic! On est pourtant pas près de Vichy!) par le cerbère à l’entrée. L’hôtesse derrière son guichet: Normalement, si le carton est ouvert, il y a une pénalité de 10%! Je renonce à essayer d’expliquer à la nuche qu’il est assez difficile de tester un produit sans ouvrir la boîte. Non, il faut bien ligaturer les petits cordons pour le reconditionnement des câbles! Pensant à d’autres choses qu’on aurait dû ligaturer, je l’exécute, pardon je m’exécute en rêvant d’un nouvel épisode des Enquêtes du Département V ou le tueur me ressemblerait beaucoup et la reconditionnerait elle en petits paquets que j’irais jeter dans un lac pour nourrir un élevage de poissons chats croisés avec des piranhas sous acide.

3ème contact:
finalement remboursé, je m’attaque au choix d’un nouveau modèle de remplacement. À partir de là, j’ai eu à peu près tout: le vendeur qui essaye de me fourguer une fin de série en forme de soucoupe façon Soupe au choux, un autre qui m’explique que ‘non, le B&O, on ne l’a qu’en exposition, ça n’est pas une ligne qu’on suit, et enfin, que le Bose est en rupture, qu’il n’y en a plus sur la plateforme, qu’il peut le commander pour le 22 environ mais que ça n’est pas sûr et qu’il faudra repasser poser la question car, en été, ils n’ont pas toujours le temps de décrocher le téléphone quand on essaye de les joindre au rayon!’
Le soir même, en 3 clic et au même prix transport inclus, je commandais sur Amazon.
Il ne reste pas grand chose à la FNAC pour essayer de ne pas rapidement disparaître: quelques nouveaux rayons d’électroménager haut de gamme, un attachement rémanent de quelques uns -dont je fais partie- pour les livres papier, un capital sympathie pour cet ancien agitateur de talents qui a bien mal vieilli, mais cela ne pèsera pas bien lourd tant ses vendeurs foulent manifestement au pied la conception du service/conseil que la vente en ligne peine encore un peu à assurer. Pour discuter avec de jeunes passionnés sympas et à la page, il n’y a maintenant plus guère que l’Apple Store.
Depuis quelques temps delà, la FNAC est à vendre mais les acquéreurs potentiels ne se bousculent pas plus que son personnel has-been pour s’adresser au client.

Sultans of swing

Mark Knopfler - Dire Straits © Photo Xdr

Mark Knopfler – Dire Straits © Photo Xdr

Un jour, quand j’aurai du temps, je veux pouvoir m’entretenir avec les animateurs radio et savoir pourquoi, systématiquement, ils coupent cette fabuleuse chanson de Dire Straits avant la fin du solo. Pire même, quand ils savent qu’ils vont sabrer, pourquoi laissent-ils sadiquement espérer en gardant le début, ou l’auditeur se prend à rêver que, cette fois, l’animateur n’est pas un inculte, et balancent-ils d’une voie nasillarde un commentaire insipide juste avant de couper la montée finale version longue d’un des plus grands solos de guitare de l’histoire du rock? Coupe-t-on ‘Le bon, la brute et le truand’ avant la scène du duel dans le cimetière? Squeeze-t-on l’attaque d’hélicoptères dans ‘Apocalypse Now’? Arrête-t-on un film avec Monica Belucci avant d’avoir vu… Enfin, bref. La réponse est ‘non’. Alors, de grâce, laissez Mark terminer et profitez-en pour faire la même chose  avec Hôtel California ou Free Bird : pas de crime de lèse-majesté sous peine d’être condamné à un monde sans Les Paul ou Stratocaster.

Tu m’aurais dit de le faire moins fort…

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Épisode 1 : « Ça, je le fais uneu fois je le ferai pas deux « … Réflexion d’un garçon de café mal rasé qui doit – quel effort – changer un verre d’eau pas assez frais pour une grande tablée de touristes anglais.
Épisode 2, la même matinée : vaines tentatives pour faire changer une poignée télescopique sur ma valise Samsonite pourtant sous garantie. Revendeur officiel : 1 « Le patrong il est à Saint-Bart et y’a que lui qui fait ces truceu là »… Revendeur officiel 2 : « Moi, je suis que vendeuseu, il faut tout envoyer à Toulong et là c’est la grosseu saisong… ». Pauvre marque Samsonite qui dépend de ces baltringues pour se faire représenter à Aix… Ma prochaine valise, ça sera une Rimowa.
Épisode 3, toujours la même matinée : tentative de passage au pressing bio : je rentre, personne… J’attends 5 minutes, toujours personne… et pas de cloche pour sonner.
Et après, on viendra m’expliquer que le problème des sudistes avec le travail est une légende.
En ce moment, la seule vraie trace d’activité intensive qu’on peut déceler à Aix, ce sont les groupes d’ados à mèche de footeux et les grappes de touristes chinois qui courent en gloussant dans tous les coins pour capturer un Gropuduk ou piller un nid de Kraktonslip. Heureusement qu’on a les Pokémon pour se bouger !