Pour toi, client, c’est cadeau !

Quel est le stade ultime auquel on puisse travailler pour un client après la série limitée ? L’exclusivité. Comment expliquer que notre Filière soit si timorée concernant un concept qui cartonne en PGC (format/parfum/recette réservés pendant une période suivant le lancement -voire définitivement- à une enseigne). Nous n’utilisons manifestement pas assez un outil vendeur pour lequel nous sommes pourtant naturellement désignés. Chaque lot de FL, avec ses multiples spécificités (origine, terroir, espèce, variété, calibre mais surtout caractéristiques du producteur permettant de raconter une histoire), est par nature même une exclusivité, mais on n’en communique pas grand chose. Quel dommage quand le consommateur ne demande que ça ! Tout bobo qui se respecte a toujours l’œil humide en vantant SON « petit producteur », dont la charmante fermette jouit d’un micro climat unique au monde et dans la galaxie, et qui produit la « meilleure carotte ». Toute Madame Michu qui s’encanaille en fin de semaine a son étal favori au marché de plein vent et tant pis si le bon vendeur qui y officie s’approvisionne en invendus à Rungis et rhabille dans des colis bois marqués Provence.
Certaines enseignes plus malignes s’y sont très intelligemment aventurées avec le pomelos français de Corse (juste une précaution avant démarrage : prévenir l’agréeur pour qu’il n’ennuie pas le producteur avec les analyses LMR et accepte de recevoir d’office avec les pomelos quelques palettes invendables de farine de châtaigne pourtant pas commandées…), la bonne théâtralisation autour de maraîchers locaux ou de producteurs de légumes anciens mais il ne s’agit pas encore de réelles exclusivités qui continuent à faire peur en produits périssables. Les distributeurs anglais semblent plus avancés dans la démarche puisqu’ils demandent depuis plusieurs années déjà à leurs fournisseurs des fermes dédiées dont ils sont prêts à acheter toute la récolte, voire à financer la reconversion en Bio dont les volumes leur manquent…