Me raconte pas de salades !

Le monde de la gastronomie l’a compris depuis bien longtemps. À plat presque équivalent, une escalope crème chez Flunch devient un Suprême de poulet fermier à la crème fraîche d’Isigny, une part de tarte tatin se transforme en croustillant de pommes anciennes et sa boule de glace vanille bourbon de Madagascar rehaussée d’une giboulée de petit fruits rouges -le dernier ferme la porte-, le quart de cidre devient une bolée de cidre artisanal local français Bio Commerce Équitable (surtout pour le fermier !) que même que c’est la mère de la fermière qui a épluché les pommes elle-même avec un vieux Laguiole à ses initiales. Et dans l’assiette ou dans le verre ? À peu près la même chose.
Il est à mon sens primordial, pour redonner de la valeur au soin apporté aux produits, de savoir raconter des histoires au consommateur, dans le sens noble du terme, ceci afin de lui donner les repères qui lui manquent sans l’assommer avec du jargon technique. Peu importe qu’il se souvienne de la variété de l’avocat Hass s’il sait que c’est celui avec un petit goût de noisette, Cripps Pink devient la pomme croquante et juteuse des amoureux, la tomate cœur de boeuf aumônière celle qui a failli disparaître de Provence…
Les meilleurs conteurs au coin du feu, ceux qui font ouvrir les yeux aux enfants grands comme ceux des personnages de mangas, ont rarement BAC + 12 mais toujours le sens de la formule. Et tant pis si on veut du soja plutôt que des jeunes pousses de haricot mungo !

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