Euh… s’il vous plait M’sieur, tu r’mets l’panier sur la pile !

À l’aéroport de Marignane, même quand vous payez un abonnement Coup’File, qui vous attire déjà naturellement la sympathie de la masse des anonymes devant laquelle vous vous excusez d’avoir le droit de passer, vous ne pourrez malheureusement pas échapper au Gang du Portique, la dream-team du contrôle sécurité.
Quand il y a du travail pour 3, ils sont au minimum une bonne douzaine + 1 Chef (facile à reconnaitre : lui ne fait même pas semblant) qui planche exclusivement sur le planning des pauses café, histoire de ne pas se laisser déborder dans le cas ou une flotte de pick-ups Toyota débarquerait massivement des passagers avec la ceinture qui fait tic-tac. Ça parle beaucoup et fort d’une file à l’autre de sujets d’envergure tels que les recrutements de l’OM, les iphone 6 tombés du camion ou le prix des courses.
Celui qui fouille a probablement raté plusieurs fois le concours de policier municipal, d’où son look un brin nostalgique. Pour ne pas être aveuglé par un tube néon, il a fait péter les incontournables Aviateur et arbore la même coupe au bol qu’un schouf des cités. Ajoutez des gants officiels NCIS et 2 kilos de clés à la ceinture, vous aurez compris qu’il est prêt pour le casting du remake de Chips. Il est bien entendu aussi aimable que le sergent instructeur de Full Metal Jacket. Un autre, celui qui inspecte les valises sur écran, affalé sur son siège, se dit que le pantalon de service de la petite nouvelle lui va à ravir et qu’il la palperait bien pour vérifier que tout est en ordre. Mais pourtant, tous ces braves gens ne sont finalement rien au regard des passagers pour passer le contrôle. Quelques exemples.
L’organisé : à la façon d’un Chippendale, il enlève veste-ceinture d’une main en une fois tout en tendant sa carte d’embarquement, a ses produits de toilette liquides + ou moins 50 ml déjà rangés dans un sachet transparent officiel sorti de la valise, et posé son laptop dans un panier à part.
La chieuse : elle enleve un par un tous les objets qui ne passent manifestement pas et fait sonner le détecteur 6 fois avant de finir par passer, veut finir son quart Evian mais n’arrive à boire que 2 petites gorgées à la fois (vous la retrouverez dans l’avion suppliant pour accéder aux toilettes avant le décolage) et ne se sépare jamais de son oreiller gonflable, même pour 50 minutes de navette.
Le routard : il arrive après 4 connections et 37 heures de vol sans douche, avec un sac à dos spécial camp de base Anapurna qu’il insiste pour garder en cabine. Il sent le Sherpa, le yach, la dreadlock jamais défaite, le 5 feuilles Rizzla + bleu, et c’est le seul qu’on autorise à garder ses chaussures, question de survie, sans réaliser le potentiel terroriste d’une telle arme d’infection massive dans un espace aussi confiné qu’un cockpit… Et pendant que tout ce petit monde se rhabille moins vite que Vincent Humbert en laissant leurs bagages s’embouteiller à la sortie du tapis, vous voyez avec terreur le petit panier ou vous avez dépose monnaie, clés, montre et portable, bloque entre le sac Anapurna et le Longchamp de la chieuse, commencer à basculer progressivement au dessus du vide…

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