Archives de catégorie : Bullshit Consulting Group

Still got the blues

Une montre n’est normalement pas un objet anodin. Sans risquer la maxime pompeuse façon belle horlogerie du supplément Fig Mag, on peut simplement dire qu’elle nous accompagne un bout du chemin.
Celle que je porte aujourd’hui, qui n’est plus pour le coup une copie rapportée de Thaïlande, ne me donne pourtant toujours que l’heure.
Comme j’aimerais encore porter celles que j’ai eues avant. La première, une montre publicitaire tout acier Saviem, belle comme un camion, et qui me laissait le bronzage façon Polo, je l’ai gagné en alignant 3 six du 1er jet à la kermesse de mon école primaire. Ça partait bien.
La seconde était une électronique Casio, cadeau de mon grand-père maternel, qui m’émerveillait par ses fonctions révolutionnaires pour l’époque (la montre, pas mon grand-père…), et une sonnerie entraînante à la Donkey Kong, pour se réveiller. Ça continuait pas mal.
La suivante…
Il y en a eu beaucoup d’autres depuis et avant celle que je porte actuellement.
Simplement, aujourd’hui, à chaque œillade – même discrète – de ma part, elle me chuchote, comme au pauvre Raphaël de Valentin, que, du temps qu’elle donne, il m’en reste moins qu’avant.

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Aphorismes

©Photo Xdr
  • Il y a indéniablement un risque à sortir avec une trop jolie femme car, comme nous le rappellent nos amis écossais, la corne n’est jamais très loin de la muse.
  • Caillassage des pompiers, pavés dans les vitrines, intifada, lapidation… cette manie chez certains de lancer des cailloux.
  • Salon BioFach 2019 à… Nuremberg. Ça devient une habitude non ?
  • Mauditlac : avec un nom pareil pour un lait infantile, il fallait s’attendre à ce que ça finisse mal.
  • Macron en débat à Bourg-de-Péage : pas rancunier le Manu.
  • Après les gilets jaunes et les bonnets rouges, je propose les calbuts marron. Au moins, ça sera marrant sur le tableau de bord.
  • J’écoutais dernièrement sur Radio Classique un monsieur qui était « Délégué Syndical CGT Fonctionnaires » : je croyais que le cumul des mandats était interdit ?
  • L’issue du procès de Carlos Gohsn Nissan pas très bonne pour lui. Malgré le travail exceptionnel qu’il a fait pendant 14 ans avec et pour Renault, il faut bien reconnaître qu’il s’est bien fait nikkeï !
  • Mesure de l’index de l’égalité femmes-hommes pour les écarts salariaux injustifiés : pour l’instant, c’est plutôt un autre doigt qu’on utilise.
  • Séduction : on n’attrape pas les mouches avec une vie aigre.
  • Religion : qu’espérer en termes d’évolution chez des hommes qui n’ont lu qu’un seul livre ?
  • J’ai beaucoup ri du symbole de cet abruti de casseur giletjauni s’acharnant en vain à coup de batte sur une superbe Porsche (pléonasme) sans vraiment réussir à la détruire. Deutsche Qualität !
  • Réseau social, tu perds ton sang froid.
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La réunion Bio

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Pour être Bio, on s’interdit volontairement certains produits nocifs. Pour les réunions, de la même manière, proscrivons tout ce qui est néfaste à ceux qui en consomment. Démarrage en retard, imprécision de l’agenda, interruptions, apartés, portables… Si les contrôleurs de gestion sont prompts à pointer un index inquisiteur sur toute ressource jugée « de confort » en magasin, pourquoi n’affichent-ils pas au mur des mêmes magasins un simple calcul pour bon nombre de réunions : nombre de participants x coût horaire chargé de chacun x durée de la réunion. À rapporter après aux décisions prises et inscrites au compte-rendu. Il y a fort à parier que, avec ce chiffre en évidence, la fois d’après, les participants soient à l’heure et de retour plus vite sur la dalle pour accueillir les clients…
Le téléphone mobile doit bien sûr rester dehors. Aussi sûr qu’un conducteur mâle finit avec les doigts dans le nez si le feu s’éternise, un Chef de rayon en réunion finira invariablement par tapoter son mobile, d’abord discrètement et avec le même regard faussement détaché que pour regarder les filles passer en terrasse quand on boit un verre avec Maman jalouse, puis de façon ostentatoire et rebelle sous prétexte que le monde ne saurait survivre sans lui s’il ne répond pas…

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Elle va marcher, patron !

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Vous savez ce qu’est une « voiture dernier voyage » ? C’est un véhicule jugé impropre à la circulation chez nous (si, si… même à Marseille !), difficilement réparable pour passer le contrôle technique, et qu’on expédie à l’étranger, en Afrique par exemple.
À l’heure où un passage chez le garagiste se résume chez nous à la mise sur banc de véhicules bardés d’électronique, la détection automatique et informatisée des points de maintenance à traiter et le remplacement systématique des composants incriminés, que reste-t-il de l’art de la mécanique et du « on ne change que si vraiment nécessaire » d’antan ?
En revanche, là-bas, vous avez des gens manuellement doués et par obligation débrouillards, qui font beaucoup avec rien (le contraire de nos députés…), apprennent sur le tas, fabriquent, avec des outils eux-mêmes bricolés, des pièces uniques à la demande. Alors, bien sûr, l’esthétique est africaine et la fiabilité des véhicules plus italienne que germanique, mais bon, il convient quand même de s’interroger. Quand l’Europe a tendance à prendre l’Afrique pour la poubelle de ses vieux diesels, les Africains eux font l’effort de fouiller dans le fond des-dites poubelles pour continuer à s’en servir. Société de consommation, obsolescence programmée, acceptée et assumée d’un côté, recyclage sans limites pour moins nantis de l’autre, quitte à oublier un peu la sécurité. La bonne approche est probablement, comme souvent, à mi-chemin de brousse…

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Le Chinois, lui, y dépense walou, y dort dans son magasin !

Je lisais l’interview du patron d’une enseigne de distribution leader en Espagne dans laquelle il louait les valeurs d’effort, de travail et de service de la communauté chinoise, perdues depuis longtemps par beaucoup d’Espagnols.
Pour ceux qui connaissent l’enseigne, son très grand professionnalisme et l’importance qu’elle accorde aux Ressources Humaines, on peut faire confiance au jugement. Quand les Chinois travaillent tôt, dur et presque tous les jours, d’autres ne pensent que « journée intensive » (concept fumeux et mal nommé pour que les journées et semaines finissent plus vite), fériés et vacances. Quand les Chinois sont capables de presque tout pour un client, d’autres manient le « es que… », le « el problema… » et le « es lo que hay ! » pour expliquer pourquoi tout est compliqué et pourquoi ça n’est pas possible. Et je vous arrête tout de suite : inutile pour mes lecteurs français de sourire méchamment de ce constat un peu dur, c’est exactement pareil chez nous mais… en pire !
A la fin d’un entretien d’embauche, demandez à un jeune candidat s’il a des questions concernant le poste proposé et il y a toutes les chances pour qu’il aborde les thèmes ô combien fondamentaux des 35 heures, du nombre de RTT, de la possibilité de prendre des vacances dès la première année (il a toujours un voyage, réservé de longue date, programmé…) et des Tickets Restaurant. En Espagne la fruiterie du Chinois, en France l’épicerie arabe, en Angleterre le cash’n’carry du Pakistanais, aux États-Unis le liquor store… Au delà du grand respect que méritent ces gens qui travaillent quand d’autres ne veulent plus le faire, ces commerces personnifient aussi une dérive manifeste de la valeur travail et de son corollaire service, fondamental pour la réussite de notre Filière. Quand tous ces courageux passent le balai devant l’échoppe avant d’ouvrir le matin, il n’en reste aux autres que les poils dans la main. Que les hordes de traîne-savates, pendues aux mamelles presque taries de l’Etat Providence et de son dealer européen, continuent à battre le pavé à chaque tentative de redémarrage du pays, d’autres communautés n’attendent que ça pour nous remplacer.
Avec la dématérialisation et la robotisation, peut-être qu’il n’y aura pas de travail pour tous dans le futur mais, rassurons-nous, certains ont déjà copieusement anticipé et ne seront probablement pas trop dépaysés…

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Veni, Vidi, Litchi

© Photo Xdr

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Exemple flagrant de la stérilité du débat sur la soit-disant ‘vraie’ saisonnalité des FL, ou le client bidochon serait censé n’acheter que ce que l’on produit près de chez lui à un moment précis de l’année, le litchi nous apporte tout. Attendu, unique, original, gustatif, rafraîchissant, diététique, peu cher au kg, fruit snacking par excellence, adoré des enfants… il est, avec la clémentine, une des stars de l’étal des fêtes de fin d’année et nous glisse à l’oreille que la magie de Noël demeure encore un peu…

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Bienvenue a bord de la Navette !

tel_avion

A chacun de mes AR a Rungis, je suis frappé par la différence d’aspect entre le cadre qui prend la première navette et le même individu, mais après une journée confronté aux joies de la capitale.

MATIN :
Le brushing impeccable, l’œil vif, la queue frétillante, le jeune cadre dynamique relis attentivement son powerpoint et y fait quelques ultimes retouches. La chemise est sans un faux pli, la cravate-nœud double, la pointe sur la boucle du ceinturon – déjà serrée de prêt. Il refuse poliment la mauvaise viennoiserie en cru surgelé car ça fait grossir et boit son café noir en retardant par le hublot, l’air absorbé, en pensant a cette présentation qui va changer sa carrière, mettre ses collègues hors du coup et lui garantir Assistante Personnelle et Ferrari de fonction.
Il ne prête que peu d’attention a ceux qui finissent leur nuit en ronflant ou épluchent l’Equipe pour savoir si on a enfin trouve quelle nouvelle substance indétectable prend Chris Froom. Ceux-la, dans tous les cas, resteront Chef de Secteur GMS à vie… mais pas lui !

SOIR :
Au retour, l’allure s’en est allée avec les espoirs. La présentation vitale a été décalée/ raccourcie/ ajournée/critiquée et ces foutus liens hypertextes n’ont jamais fonctionnés. Il a été aussi leader pendant la réunion que Domenech lisant la lettre devant le bus à Knysna. La cravate en mauvaise soie thaïlandaise est fourrée dans la poche de la veste et la chemise maintenant plus chiffonnée qu’un centenaire japonais. Envolées les bonnes résolutions diététiques, il mendie un second sachet de grignotage salé et le dévore frénétiquement en s’essuyant les mains sur le siège.
S’en suit un retour bluesy ou il n’a pas envie de grand chose, à l’exception de voir la porte de la cabine s’ouvrir enfin.
L’annonce enregistrée précisant qu’il n’est pas encore autorisé à rallumer son mobile est invariablement ponctuée d’une salve fournie de whistles (un jour, c’est sûr, je tuerai pour ce sifflement ridicule annonçant l’arrivée d’un sms qui l’est encore plus) et des clics de ceinture de ceux qui, bad boys refoulés, se détachent avant l’arrêt complet de l’appareil. Tous ces accros de la pomme ou du clone coréen me font penser a Jacques Mayol refaisant surface après une longue apnée. Ah… je retrouve enfin les wassup des copines et ces émoticones qui savent si bien décrire mes états d’âme…
Pour finir, le pilote annonce doucement qu’il va falloir patienter quelques minutes, le temps que l’on ‘cherche la passerelle’. C’est vrai qu’un matériel de plusieurs dizaines de mètres de long, c’est pas si simple à localiser et ça n’est pas comme si le personnel au sol était prévenu de l’arrivée à l’heure de l’appareil… Alors, devant l’envie furieuse de sortir de l’avion, tout le monde s’est levé et se contortionne (ou se tortionne comme un c…) pour enfiler la veste chiffonnée, descendre la valise cabine et la poser sournoisement sur les chaussures du voisin. Puis on attend debout, pestant contre l’acception du terme ‘quelques’ minutes…
Une fois sortie, il restera encore l’épisode de la carte de parking démagnétisée et de l’arrivée, 17 minutes après l’appel au PC, de l’ageng deu securiteeu qui ne peut rieng faireu !
Vive la visioconférence !

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Sticky Fingers

Les millions de stickers dont on barde nos beaux fruits et légumes me font invariablement penser à autant de petites bouteilles à la mer pour essayer désespérément de passer des messages au client, des petits pansements qu’on pose sur les bobos de notre Filière qui ne cicatrisent pas. Marques sans réelle notoriété, mentions bidon sur le mode de culture ne rassurant personne, origine alors qu’elle est en grand sur le colis, code PLU plus utilisé…
Tant qu’à investir dans ce surcoût pas neutre au kilo, autant y inscrire des choses utiles : pêche blanche, pomme à cuire, clémentine sans pépin…

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Le nouveau SBAM

Auchan a toujours eu les meilleures hôtesses de caisse. Reconnues à leur juste valeur (le dernier contact avec le client, aussi important qu’un bon café au restaurant après le repas), régulièrement formées, saluées en priorité par les dirigeants en visite magasin, mieux payées que la moyenne de la profession, elles ont été pendant des années les championnes du SBAM (Sourire, Bonjour, Au revoir, Merci).
Aujourd’hui, dans d’autres enseignes, les caissières sont souvent en CDD, sujettes à des horaires contraignants, pas toujours assez nombreuses, un peu bouc-émissaires d’un client à qui la présence et le service sur la surface de vente manquent : le SBAM, elles en illustrent une autre acception :

Soupir
Bijour
Après vous je ferme !
Monsieur, les sachets sont payants !

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Ticket de caisse ou ticket de casse ?

La liste de courses en FL à l’approche de l’été : que de bonnes intentions !

– l’ananas brûleur de graisse. Une fois pour toutes : le stade de maturité auquel il faut le manger n’est pas marron translucide avec moisissure blanche. Tranchez-le avant !
– le pot de menthe et de basilic frais. Cette année, c’est sur, Mme Michu prendra le temps de cuisiner sain pour le diner. Un mojito sans alcool pour l’apéro, un taboulé ou une petite salade tomate/mozzarella ensuite… Et elle cueillera amoureusement la pincée d’herbes fraîches nécessaire pour parfumer tout ça. En fait, le pot de basilic sera cramé en moins d’une semaine car elle l’aura noyé et celui de menthe déchiqueté par le chat devenu fou à force de se rouler dans le saladier en bois d’olivier… C’est bon, je reprends mes moulins Ducros.
– le filet d’oranges à jus. Ah, les vitamines d’un jus d’oranges pressées tous les matins… On pourra même ajouter un citron, même pas peur, et tant pis s’il y a plus d’acide qu’après une demande en mariage refusée au Pakistan. Mais, parce qu’on a trainé trop tard la veille devant une série bidon (c’est facile, elles le sont toutes à part True Detective), pour ne pas réveiller les enfants qui râlent a cause du bruit du presse-agrumes, pour éviter l’évier bouché par l’accumulation du mucilage… Et puis, d’abord, pourquoi ça serait toujours moi qui me lèverait en premier pour les presser ces satanées oranges ? Tout ça finit souvent avec un bon vieux verre d’ABC flash pasteurisé trop sucré et déserté par les fameuses vitamines…
– la noix de coco : c’est bien joli mais j’en fais quoi maintenant s’il n’y a pas de manifs prévues ?
– le chou-fleur : mais qu’est-ce-qui m’a pris d’acheter cette bombasse bretonne ? Si je le fais cuire, mon appart va sentir comme une maison de retraite pendant la canicule. Seule solution pour ne pas le jeter : le refiler à la Fête des voisins.

L’enfer des FL est pavé de bonnes intentions… mais, dans le total des aliments frais jetés, ils se taillent une part du lion.

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