Archives de catégorie : Ouate de phoque ?

Wonderbox

© végéblog Guely

Ah les promesses affichées sur ces présentoirs de boîtes à bonheur aux couleurs flashy : le temps d’un week-end, on nous promet bien-être, gastronomie, séjour gourmand… Et quand on détaille un peu, on y parle de délices, de tables, de bistrots… Compte tenu du niveau d’insatisfaction des consommateurs vis-à-vis des F&L qui ne baisse pas, je suis convaincu qu’il y a dans notre Filière toute la matière pour un marketeux à construire une Wonderbox dédiée à nos F&L : découverte de la Production via un ‘vie ma vie’ de quelques heures, blind test sur les espèces, dégustation, cuisine… À quand la Wonderbox WE de récolte des abricots en Ardèche ou escapade dans les vignes du Ventoux ? Même si c’est plus dur que les quelques heures de pierres chaudes de Madame ou de petit cheval cabré de Monsieur, rares sont les consommateurs qui ont un mauvais souvenir des vendanges de leur jeunesse…

Enherbement maximum !

Alors que le Bio continue, et c’est très bien ainsi, de progresser en F&L, certains producteurs encore plus français que les autres question mentalité (comprenez vraiment jamais contents !) s’autorisent à penser. Plutôt que de se poser les bonnes questions, on commence à noter des débuts de scission entre les talibans du Bio, qui veulent faire de ce mode de culture un étendard pour porter haut et rouge les discours anti-patron et rejeter en black block tout semblant d’industrialisation de l’agriculture, en vérifiant avant utilisation que le fumier organique ne vient pas d’une vache Filloniste ou que le compost est de gauche, et les agriculteurs Bio plus pragmatiques, qui cherchent plutôt comment financer autrement que par l’éternelle aumône de Bruxelles les années de conversion, comment éviter les déconversions, comment démocratiser le Bio, comment faire du Bio non pas une secte d’ultras mais plutôt le fer de lance d’une nouvelle agriculture conventionnelle recommençant enfin à raisonner.
Quand arrêtera-t-on enfin dans notre Filière de casser systématiquement les nouveaux jouets qu’on nous donne ?

Après les Gueules Cassées… les Mal-Aimés ?

© Photos Xdr

© Photos Xdr

Nous avons tous entendus parler de la gamme de F&L ‘Les Gueules Cassées’ et de la tentative parfaitement louable d’essayer, plutôt que de poser la tête (voire pire…) sur le billot de la transformation, de valoriser les produits normalement empêchés par des défauts visuels mais sans conséquence sur le gustatif. On a donc rassemblé dans une gamme plus de tordus qu’au PS, plus de mal formés que dans les années post Tchernobyl, plus de défauts de peau que dans une léproserie de Calcutta et tout ce que la Filière avait l’habitude de laisser lâchement sur le bord du champ. Force est de constater un certain succès tout à l’honneur de ceux qui ont courageusement tenté le coup. Mais, au delà du buzz créé par la nouveauté qui, comme les projets précédents déjà montés par son géniteur, était parfaitement imaginé pour s’opposer au culte aberrant du tout esthétique (à quand le croisement entre Charlotte et Vitelotte pour remplir l’obligation pour les pommes de terre d’être toutes blondes aux yeux bleus?), les retombées restent cependant assez limitées. C’est le fameux syndrome de la boîte de petits pois cabossée et dont l’étiquette est déchirée: même si ça ne change absolument rien à son contenu, ça n’est quand même pas celle que les clients choisissent ! Pour autant, peut-être existe-t-il une voie médiane à emprunter, en s’orientant plus sur les mal connus aujourd’hui que sur les moches à jamais? Nul doute que les Granny à face rosée ont une carte à jouer, que les espèces d’abricot avec moins de blush que Kim Kardashian peuvent tout de même séduire, que les ananas naturellement verts quand non éthrelés mériteraient mieux que de se faire mettre en boîte si on savait expliquer.
L’histoire n’est pas nouvelle mais on a ici peut-être une autre façon de la raconter…

Packaging

© Photos Xdr

© Photos Xdr

Dans l’avion, on peut regarder une vidéo d’Adèle et écouter un CD de Beyoncé. J’ai bien essayé de triturer furieusement la télécommande dans tous les sens mais impossible d’avoir la voix sublime d’Adèle et le… talent de Beyoncé. Quel dommage !

Cooking or not cooking ?

© Christian Etienne, grand nom de la cuisine provençale, en démonstration au Fruitlogistica 2011 © Photo végétable

© Christian Etienne, grand nom de la cuisine provençale, en démonstration au Fruitlogistica 2011 © Photo végétable

Pas un stand dans un salon aujourd’hui qui n’inclue, de façon continue ou événementielle, des animations type cooking-show. Pas d’équivoque : mon propos n’est pas de savoir si c’est bien ou pas bien mais plutôt de m’interroger sur le caractère éphémère de la chose. Comme le soufflet retombe sur un produit après une animation, le cooking-show ne masque-t-il pas une difficulté croissante à inculquer de façon pérenne aux nouvelles générations les bases et le plaisir de la cuisine ? A un moment où les repas sont de plus en plus déstructurés, est-ce-que cela a du sens d’essayer de réapprendre la cuisine ? Au delà du débat stérile sur le mélange des genres, voilà bien une aptitude sur laquelle les 2 genres pourront être d’accord dans quelques années, aucun des 2 ne sachant cuisiner.

Adaptation. Évolution.

pommeCertains fournisseurs passent leur temps à se lamenter sur les prix et à prier, la tête tournée vers Bruxelles et les fesses vers les centrales d’achats. D’autres font leur travail de façon courageuse et ont compris depuis longtemps que le producteur de F&L est comme un requin : s’il arrête de nager, il s’étouffe et meurt. J’ai croisé à Fruit Logistica un producteur à qui j’achetais des pommes et des poires il y a près de 20 ans maintenant. installé en Picardie, à la tête de vergers traditionnels, il a tour à tour travaillé à la constitution d’une OP pour mieux peser, fait évoluer les variétés de son verger, compris que la tendance était aux poires dures et que la Conférence (France, Belgique, au diable les frontières!) avait enfin sa carte à jouer. Il travaille maintenant comme conseil avec un grand spécialiste de la distribution des F&L au développement de nouvelles variétés répondant aux attentes actuelles. Nous avons parlé quelques minutes mais il avait le sourire et l’éclat dans l’œil qui montre qu’il y est encore. Ne pas parler de prix ou de subvention, ça fait vraiment du bien !

La valise du monde

carton_telescopiqueSur ce marché de La Bresse, comme sur ceux du monde entier, le carton télescopique de banane, standardisé, propre, solide, pratique et réutilisable presqu’à l’infini, est utilisé pour y présenter/remballer à peu près tout. Je travaille dans notre Filière depuis plus de 20 ans, et plus précisément dans la banane depuis un bon moment, mais je note à chaque fois de nouvelles petites marques inconnues au bataillon. Starlettes déchues ou jamais connues car il y a peu, très peu d’élues, elles sont autant de vestiges, de tentatives infructueuses pour s’extraire de l’anonymat. Au mieux, elles donnent une indication à l’acheteur B to B mais ne parlent pas, à l’exception des quelques connues, à Madame Michu…

Aujourd’hui, on rend la monnaie !

La ville de La Bresse dans les Vosges © Photo Doudou Perrin

La ville de La Bresse dans les Vosges © Photo Doudou Perrin

Récemment de passage dans les Vosges, je me baladais au marché de plein vent de La Bresse, pour y constater que la plupart des trucs qui fait l’ambiance et le succès des provençaux s’y retrouve. Ici, les astuces sont déclinées selon les spécificités locales. Désireux de parler aux skieurs plus qu’aux locaux (des locaux, il est vrai, à peu près aussi bavards qu’un Corse…), les ‘producteurs’ y utilisent les mêmes accroches pour capter l’attention, faire s’arrêter et faire acheter. Les mentions, certes souvent fantaisistes, pour expliquer que les produits sont locaux, sont partout. La dégustation est incontournable : cube de fromage, rondelle de charcuterie, slice de pomme… F&L présentés bruts genre ‘juste sorti du champ’ avec, plus intéressant, valorisation supplémentaire du fait de laisser la terre sur la pomme de terre, des déformations et des défauts de peau sur la pomme (le vent, pourtant ici moins puissant que le Mistral, a là aussi arraché les étiquettes de normalisation…). Les explications pour adoucir la ‘douloureuse’ sont martelées à 3 ou 4 reprises: « 46€ pour les 6 articles Madame, les 6 articles, 5 kg de bons produits pour 46€« , la petite blague pendant qu’on compte sa monnaie: « Aujourd’hui, en plus, vous avez de la chance, on rend la monnaie! ». Bien entendu, tout ce qui concerne le respect de la chaîne du froid, la normalisation, les affichages réglementaires… ne semble pas vraiment prioritaire. Gageons d’ailleurs que tout inspecteur ou contrôleur de la DGCCRF qui oserait se rappeler cette région de la carte de France, risquerait de se voir livrer en pâture à la bête des Vosges.
Nos enfants font maintenant au lycée un stage de découverte d’une semaine d’immersion en entreprise. Pour ceux qui ont des aspirations pour le commerce, une semaine de passage sur un de ces marchés vaudrait à mon sens plus que toute les formations du monde. Certains métiers demandent des compétences, celui de vendeur exige en plus un talent dont ces exposants débordent.

Rain Frog Alliance

Grenouille_RFAUne part toujours plus grande des enseignes de distribution se met à exiger de ses fournisseurs majeurs la Certification RFA. C’est une excellente chose car, légitimement contraignante sur le plan environnemental et social, elle a ce grand avantage d’être transverse (chaque distributeur n’y va plus de sa petite norme maison en engraissant les cabinets d’audit spécialisés), commence à être connue/ reconnue par les clients, écrême le marché des desperados qui sont prêts à tout pour baisser les prix et met en compétition, à charges égales, les fournisseurs sérieux qui travaillent sur le comment produire. Et puis, imaginer qu’il y a dans le lot des distributeurs qui demandent à leurs fournisseurs français d’ajouter au plus vite sur ses logos le logo de la RFA qui est… une grenouille ! On a bien le droit de s’amuser un peu non ?

Fruit Logistica Berlin/ Fruit Attraction Madrid : le jeu des 5 différences

FRUIT

  1. A Berlin, une charmante hôtesse en tenue insère votre badge. A Madrid, il faut le plier et le découper aux bonnes dimensions pour qu’il rentre dans la machine… Limite le plastifier soi-même ! Il faut dire aussi que les allemands ont beaucoup plus d’expérience en ce qui concerne les contrôles et les « laissez-passers »…
  2.   A Berlin, le vendredi après-midi est un peu mort pour ménager aux participants légitimement fatigués un retour n’amputant pas trop le week-end. A Madrid, les exposants partent à Alicante dès le jeudi soir en emportant des sacs complets – y compris les agents de « sécurité » – pour le BBQ et les guitares…
  3. A Berlin, la moitié des hôtesses sur talons peuvent « dunker » mieux que Michael Jordan. A Madrid, la moyenne des « caballeros » arrive à peu près à hauteur de garrot de Miss Pink Lady. Vous êtes trop grand Blaise… !
  4.   A Berlin, le fumeur qui n’est pas à l’extérieur dans une zone réservée se fait rappeler à l’ordre. A Moscou, il part dans la minute pour les mines de sel. A Madrid, ça fume parfois à l’intérieur dès le matin, et pas que du tabac…
  5. A Berlin, les sandwiches, c’est une grosse saucisse dans un peu de pain. A Madrid, c’est beaucoup de pain et une micro saucisse. Question d’atavisme ?