Archives de catégorie : Just not do it !

Gimme a break !

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Aujourd’hui, à part quelques jeunes perdreaux impatients, tout le monde a enfin compris qu’acheter, ça n’est pas seulement négocier le prix le plus bas, quitte à dégrader la qualité sur bon nombre d’attributs produits constitutifs du juste prix. Taux de service, sécurité alimentaire, bilan carbone, gustativité, solidité, emballages recyclables, avec tous ces « must-have » qui sont aussi des « don’t want to pay », l’acheteur professionnel a un métier très technique et vraiment compliqué.
Mais, toutes ces complexifications ne constituent-elles pas un énorme paradoxe quand le consommateur insiste pour acheter le plus brut et le plus proche possible, quand la même Madame Michu qui regarde les étiquettes de normalisation d’un œil suspicieux dans son supermarché est prête en été à acheter sur le bord de la route au premier Django qui y a garé son J7 « en direct du producteur » ? D’un côté, la GMS généraliste, empêtrée dans un contexte économico-legislatif inextricable, perd du terrain, de l’autre, le consommateur, qui est prêt à manger des carottes toute l’année voire à aller les cueillir lui-même chez son local chéri !
Le vrai moyen de relancer la consommation des F&L ne serait-il pas simplement de laisser travailler les supermarchés en paix et d’appliquer la même tolérance (impunité ?) que sur les marchés de plein vent (la casse des halles ?). Il y a de grandes chances a parier que les professionnels de la GMS sachent relancer la consommation du raisin de table (le vrai, le bon, les terroirs, pas les grosses boules rose fluo, à la peau plus épaisse qu’un 2ème barre de Montpellier, qui finissent par nous casser les pouilles tant on ne voit qu’elles…) si on leur lâche la grappe concernant le nombre de grappillons par colis ou le « s » manquant à Moissac sur le balisage IGP…

MotherBucker

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« Vous avez des vrais cafés ? » La cliente, l’œil noir, probablement une Italienne refoulée et conservatrice, est entrée là car il n’y a pas d’autre moyen d’acheter un café dans la gare. « C’est quoi des vrais cafés ? » La vendeuse, plutôt kaïra cités Nord, genre je fais ça car j’ai grave besoin de thunes, lui répond d’une façon à peu près aussi amène. J’adore ces instantanés qui nous rappellent de façon criante qu’acheter et vendre de façon sereine n’est pas si simple et que, même avec un concept commercial aussi canon que celui du spécialiste de cafés aromatisés aux marges éhontées, on est jamais à l’abri d’un client mécontent.

Bracelet ou collier de chien ?

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Vous avez vu combien de sites éphémères proposent aux hommes d’improbables bracelets auxquels ils essayent désespérément de donner un peu d’âme ? En plus des grandes marques de mode qui ont ajouté cet accessoire à leur gamme pour un prix exorbitant alors qu’il s’agit tout simplement de scoubidous améliorés, on a le site faussement manouche avec « Django et ses frères », le Hollandais de service, toujours prompt à exploiter la bêtise des gens, qui propose des bracelets en cordage d’Amsterdam… Je ne m’attarderai pas sur cette mode où les hommes lorgnent vers les bijoux féminins, nous sommes en démocratie, mais, de grâce, faites-le avec un peu de classe et d’originalité. Quand Ardisson explique que son bracelet de force Hermès lui rappelle son passé pas si lointain de bad boy, que c’est le dernier attribut de son époque cuir et poudre à laquelle il a survécu, et qu’il fait partie intégrante de son personnage, j’achète. Quand des robots empilent de la pacotille fabriquée à la chaîne (un comble pour un bracelet !) pour avoir les poignets qui ressemblent au cou d’une femme girafe Padaung, ça le fait moins. Même en ces temps de remake du cultissime « Blade Runner », arrêtons de nous comporter en répliquants…

Could you please just shut the f… up ?

François Berléand est « Le Siffleur », un film de Philippe Lefebvre © Photo Pascal Chantier

J’ai une sainte horreur des blaireaux qui sifflent très fort et très juste dans les lieux publics, au mépris de tout semblant d’éducation, en imposant à l’entourage cette bonne humeur affectée du charpentier qui prend du plaisir à construire un chalet pour y mettre son père, sa mère, ses frères et ses sœurs… Peut-être même qu’ils m’énervent plus encore que les exhibes qui font des Skype en gesticulant dans la rue, les bâfreurs de pop-corn au cinéma ou les VRP qui hurlent leurs exploits dans le TGV… Oui, je sais, je ne supporte pas grand chose. En fait si, juste les gens un minimum discrets.

Un Lannister paye toujours ses dettes. Les autres…

Même s’ils ne sont pas tous blancs aux yeux bleus, les marcheurs de notre Président ont en commun avec ceux de GOT leur lenteur pour faire les choses, une capacité évidente à tirer parti de la division fratricide des grandes familles historiques s’épuisant au pouvoir depuis trop longtemps (en soufflant au passage la politesse aux besogneux du FN qui pensaient enfin pouvoir vendanger les moissons du concept d’UMPS effectivement dépassé, planté par le Menhir il y a bien longtemps), leur obéissance béate à un chef momifié (eh Manu rentre chez toi, y’a du rimmel plein ta bière, Le Touquet va fermer, puis tu gonfles la crêpière. Allez Manu, combien de frais de maquillage ? Allez, avoue qu’une bonne partie était pour Bibi… !) et… une indéniable certitude du fait qu’ils nous conduisent vers la fin du monde.

Born to lose, live to win

Tour de France, étape du Ventoux © Photo Xdr

Nous devons tous être un peu masochistes pour autant aimer le monde des FL. Pourquoi ? Financièrement, il est très difficile d’y gagner un peu d’argent, mais extrêmement aisé d’en perdre rapidement beaucoup. Aimons-nous tant saisir les figues de Barbarie non épépinées à mains nues ? Courir tout nus dans les orties plutôt que d’en faire de la soupe ? Non. Alors, comment expliquer que nous nous accrochions sur ce dur métier des périssables où, pour des raisons plus ou moins intelligentes (plutôt moins que plus d’ailleurs…), tous les intervenants passent leur temps à tirer les prix vers le bas plutôt que de créer/maintenir le peu de valeur qui lui reste ? C’est un peu comme le Tour de France : c’est très dur, parfois beau, souvent injuste, toujours passionnant. Et on veut toujours donner le coup de pédale en plus…

 

Je n’aime pas les FL mais ça j’aime bien !

Certains leaders de la 4eme gamme ont déjà intelligemment pris pied sur le segment de l’apéritif convivial sain avec des plateaux apéritifs légumes à diper, des tartinables… D’autres comprennent qu’il vaut mieux offrir et marketer dans ce sens une cœur de pigeon que des mauvaises pistaches iraniennes gonflées d’afflatoxines ou des arachides chinoises.

Mais, à part pour l’apéritif et avec quelques espèces s’y prêtant naturellement (ex. de la tomate), que fait-on pour redonner envie à nos “jeuns“ de manger autre chose que de la junk food ?
Que fait-on pour favoriser la consommation nomade des fruits ?

Kleenex business

Hormis dans les Produits Frais Traditionnels, les innovations produits sortent des gammes aussi vite qu’elles y sont rentrées. Quand ça ne gagne plus, on arrête ! Ce mouvement perpétuel fait par exemple partie intégrante de la croissance des desserts lactés, des boissons, des biscuits… Et, pendant ce temps, rien ou presque en FL à part les sursauts d’une quatrième gamme qui peinent toujours à trouver l’espèce de ‘rouge gustative’ pouvant remplacer la chioggia spéciale benji ou le nouveau parfum de Danao pour épauler pêche/abricot… Peut-on décemment se passer autant d’innovation sur un marché alimentaire ?

Touchez ma bosse, monseigneur !

Jean Marais incarne « Le bossu » en 1959 dans un film de André Hunebelle. © Photo Xdr

On sait, avec l’épisode de Madame Fillon jetée en pâture à la populace par la hyène mediatico politique, qu’un acte légal n’est pas forcément moral. Dans la même logique, on doit aussi se demander si un concept intelligent est toujours vendeur. Bien sûr qu’une boîte de conserve cabossée ou avec une étiquette partiellement déchirée ne voit en rien l’intégrité de son contenu menacé. Si, de surcroît, on la paye moins cher, cela peut faire le bonheur du consommateur au budget limité et du contrôleur de gestion dans sa guerre à la casse. Ceci étant dit, a-t-on intégré l’impression d’acheter un produit au Rabat plutôt que dans une grande surface? A-t-on imaginé l’esprit tordu de certains qui vont arracher les étiquettes à dessein? A-t-on pensé aux inspecteurs en tous genres qui vont immanquablement crier au crime de lèse-traçabilité? Après, juste pour rire, je propose qu’on donne le facing des boites cabossées à faire à l’ELS qui gonfle tout le monde, si…si, vous savez, celui qui veut tous les fériés, est systématiquement pris dans un embouteillage le lundi, a toujours un enfant malade en février…

Presse-agrumes qui coule…

Machine Zumex – © Photo Xdr

5 fruits et légumes par jour, qu’ils disaient ! La nouvelle année drive son cortège de bonnes résolutions et commencer le matin avec un bon jus d’orange frais est un classique… Alors, équipez-vous.
Question matériel, plusieurs options:
1 – Si vous avez les moyens de Trump (et son attirance pour les fontaines dorées…), offrez-vous la fabuleuse machine Zumex qui officie seule dans les aéroports et les cafés branchouille. Seul risque, se gaver de vitamine C toute la journée tant le fonctionnement de l’engin est hypnotique, et passer ensuite la nuit en overdose à faire l’araignée façon l’Exorciste !
2 – Le robot combi, look r2d2 (mais avec tous les axes en plastique pour assurer l’obsolescence programmée…), caréné comme Kim Kardashian, super performant, qui t’arrache la paume de la main si tu appuies un peu trop longtemps la demi orange, et que personne ne veut jamais nettoyer après tant c’est long et fastidieux. Il traînera dans l’évier jusqu’à ce que les restes de pulpe séchée soient bleus fluo et que Madame pique une colère.
3 – L’appareil design, genre envahisseur dégingandé de Stark ou look ancienne pompe à essence américaine, sur lequel il faut appuyer comme un âne, qui écrase juste l’écorce sans libérer le jus, et qui te fait le bras comme celui de Venus après 3 sets à Roland.
4 – Enfin, l’appareil vintage, acheté bêtement dans une foire à 1€, pas sexy du tout, mais qui est finalement le meilleur compromis entre ergonomie et prix.

Bref, pas si simple de faire le plein de vitamines le matin et ça n’est malheureusement pas la seule source de nervous breakdown dans la cuisine.
À titre d’exemples et comme ça me vient :
– le beurre soit disant tendre, et qu’il faut sortir du frigo avant la douche sous peine de devoir l’attaquer au C4 pour pouvoir le tartiner
– le grille-pain avec les petits morceaux qui tombent toujours au fond et que tu essayes de récupérer, même si on t’a dit 100 fois de ne pas le faire, avec la pointe d’un couteau, au risque de jouer un remake de Cloclo et l’Applique de travers
– les filtres à café qui ne se décollent pas où se replient sournoisement pendant que tu verses -oui, pas assez lentement, je sais- l’eau sur le café moulu

Allez, bonne journée quand même !