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Johnny Winter is coming

Popa Chubby ©Photo Xdr

Jeff l’aveugle en 2008 (les filles avait Dirty dancing, les garçons Road House…), Gary l’irlandais (si la projection de Dirty dancing ne suffisait pas pour attendrir maman, on pouvait toujours ajouter quelques accords de parisienne walkways) en 2011, Johnny l’albinos en 2014, Malcolm la rythmique en 2017… le crabe trop fort, le cœur trop rapide , la démence plus seulement sur scène, le Docteur whisky et son double noyant aussi au passage Calvin qui résistait encore… Il semble que les démons du bayou s’ingénient à couper la corde d’un grand guitariste tous les 3 ans. Alors, bien sûr, quelques uns n’ont pas encore toqué chez Stevie qui les attend sous son Stetson depuis 1990. Il nous reste slowhand, Popa, John et quelques autres, mais bon, il faut bien reconnaître qu’il n’y aura bientôt plus grand monde pour chanter toute la musique que j’aime. Et ça n’est pas la « relève » formatée chez The Voice, plus encline à reprendre qu’à créer (c’est bien plus sample !) et plus triste qu’une jolie femme qui commande un Perrier tranche, qui va me redonner espoir.

Amis du blues, profitez de la guerre car la paix sera terrible.

Inter-minables

© Xdr

Je repensais à la lumineuse réplique du professeur Henry Jones dans la Dernière Croisade, concernant « les abrutis de marcheurs au pas de l’oie qui feraient mieux de lire les livres au lieu de les brûler ! ».

Et j’écoute ces jours-ci les nouvelles de ceux qui marchent pour manifester. Des planqués de naissance, voire de père en fils, brandissant « 50 nuances de Grève », qui, manipulés par un Super Mario heureusement en perte de vitesse à la Confédération Générale des Traîne-savates et son homologue de Sud Racaille, prennent ceux qui travaillent vraiment en otage en tentant de nous expliquer qu’on ne doit surtout rien toucher d’une société qui a 55 Milliards d’Euros de dette quand les billets nous coûtent quand même plus cher qu’une maîtresse à Paris. Quelques supposés étudiants pastèques (verts à l’extérieur, rouges à l’intérieur) planqués eux derrière des masques d’animaux, qui, au lieu d’étudier pour faire en sorte de ne pas tripler leurs 1ère année de Psycho ou de Poterie et travail du bois (filière peut-être en devenir finalement compte tenu du montant des dégradations opérées dans les FAC…), devraient laisser tranquilles ceux qui veulent étudier à Tolbiac ou ailleurs et n’ont aucune envie de chanter « J’aurais voulu être un zadiste ». Un ancien secrétaire d’état avec plus de grammes d’alcool dans le sang qu’il n’a jamais eu de suffrage à une élection même obscure, qui confond drague et harcèlement de Placé… pardon déplacé, puis insulte videur et policiers pour sortir d’un anonymat ou son insipidité de longue date l’a toujours cantonais. Le puits est sans fond et chaque journal télévisé nous rappelle que nous sommes décidément plus près de la Pro D2 que de la Coupe d’Europe…

Avec les veaux décérébrés qu’il a à gouverner, pas étonnant que Mr Macron s’intéresse autant à l’intelligence artificielle.

La vache qui rit… jaune

C’est le triangle des Bermudas, la gagnante du concours de tee-shirt mouillé, le truc qui gonfle comme dirait Jean-Marie à l’époque où il lui arrivait d’être drôle, je veux parler de la portion rebelle de vache qui rit. Celle qui est restée trop longtemps au frigo et dont la petite languette rouge est soit collée au papier d’aluminium (et, évidemment, tous les couteaux pointus sont au lave-vaisselle!), soit sournoisement repliée de façon à se rendre aussi inaccessible que les toilettes à la fête de la bière ou le câlin pour maman les soirs de Championsleague. Alors, les doigts fébriles et les dents serrées, on tente tout pour pouvoir gober son petit morceau de déchets de fromage agglomérés : passer par les côtés pour déplier le papier sans avoir à utiliser la languette mais on écrase la portion, tirer sur l’étiquette du dessus en espérant un miracle, remettre la portion maudite discrètement dans la boîte, comme pour les pistaches scellées ou le Dragibus jaune que personne n’aime, et la refiler à son voisin. Plus vraisemblablement, on finira par la balancer contre le mur et la finir à coup de pantoufle.
Et bien, pour notre Filière, c’est un peu pareil : on ne compte plus les occasions manquées qui viennent d’un emballage inadapté ou limite : sachets sans poignées et qui se déchirent car plus fins que l’acheteur emballages qui a cru faire une bonne économie, barquettes qui se vrillent et se tortillent comme un DJ à la GayPride, s’ouvrent dès qu’on les saisit et qui ne se referment pas, sachets 4e gamme faussement zippables et refermables puisque la salade s’oxyde dès que le mélange gazeux injecté au scellage n’agit plus, barquettes de purée pas vraiment sécables en portions, tetrapacks de jus de fruits « frais » où on regarde toujours avec un doute le bec verseur non operculé, emballages très vendeurs (ex. bourriche en bois de tomates cerises) mais pas adaptés à la maintenance mille-feuilles de début de journée ou à l’approche Atilienne des consommateurs face à un étal, faussement recyclables car il faut en séparer les différentes composantes dans plus de bacs que ceux utilisés par le chimiste de Breaking Bad… Bref, si une minorité de fournisseurs a compris l’importance du packaging pour les FL, d’autres continuent à se tromper et à traiter ce fondamental comme un seul poste de coût sans en mesurer les conséquences dévalorisantes qu’entraînera irrémédiablement une approche à-peu-près…

Le client est roi… et le consommateur alors ?

C’est curieux cette tendance qu’ont la plupart des intervenants à confondre allègrement client B to B et consommateur B to C. Pourtant, on ne parle vraiment pas de la même chose. D’un côté une personne qui connaît plutôt bien les produits, de l’autre, un innocent aux mains de moins en moins pleines. À droite, celui qui peut payer s’il le veut et faire le choix de la qualité, de l’autre, celui qui, représentant de l’hypocrisie latente de la demande, veut tout mais sans payer, ce qui semble plutôt logique venant de gauche… Il serait à mon avis grand temps pour les fournisseurs, de travailler en profondeur sur la conjonction des attentes très souvent antinomiques des 2 populations car ça n’est qu’en satisfaisant les 2 qu’ils auront une chance de voir leur entreprise survivre.

La différence entre ahhh et ohh !

Samedi matin, quelques courses dans mon supermarché préféré, enfin, qui m’a un peu déçu ce jour-là. Je dois débarrasser mon chariot de vieux prospectus, les oranges à jus espagnoles, pourtant pas données, sont mal deverdies et avec des gros défauts de peau (en clair, le fournisseur à emballé de la 2), le tiers du rayon boucherie est soldé date courte, les sachets de pain Poilane sont tous mal scellés, rupture comme d’habitude sur le Perle de lait vanille et le cidre MDD.
Arrivé en caisse ‘Livraison’, personne. L’hôtesse est partie en rayon avec un client râleur pour une offre 1+1 en nouilles instantanées avec la remise qui ne passe pas. Elle revient en me jetant un ‘c’est une caisse livraison’, comme s’ils n’avaient manifestement que les mamies en phase terminale pour utiliser cet excellent concept. Créneau de livraison 14h30-16-30. Appel vers 15h30 du magasin m’expliquant que le livreur ne trouve pas et que je n’ai pas répondu quand il m’a appelé sur mon mobile. Évidemment, pas d’appel en absence. Après échange d’amabilités, le livreur repassera me cracher en maugréant mes sachets sur le pas de la porte. Look choof de La Castellane, casquette, ray-ban et pochette ridicule avec le monogramme achetées sur la place jemaa el fna, et manifestement pressé d’en finir. Comment faire d’un excellent service un flop magistral : en sous-traitant la partie la plus importante, le contact avec le client, et en allant probablement au moins cher. Même si, comme en logistique, les derniers mètres coûtent cher, ça n’est surtout pas là qu’il faut faire des économies.
Je conseille fortement à tous les distributeurs et à tous les commerçants en général de réorienter une partie de leur budget Marketing pour se payer une chose toute simple mais d’une efficacité qui fait vraiment réfléchir et progresser : le client mystère et ses rapports d’étonnement. Mêlant attentes légitimes et candeur du non financièrement perverti, il va, bien loin des pavés indigestes des consultants, simplement lister les choses qui l’ont déçu ou attiré, celles qui le fidéliseront ou le feront changer d’enseigne.

Coûte que coûte

Et si, pour revaloriser le travail de chacun des maillons de notre Filière, et tout particulièrement celui du monde la production, nous travaillions sur un des leviers promotionnels que nous n’avons jamais su réellement manœuvrer : l’opération vente à prix coûtant.
Je ne parle pas ici des quelques coups de Kalach tirés en l’air quelques fois dans l’année par les distributeurs en mal d’élasticité promo, chacun d’entre eux ayant d’ailleurs sa propre interprétation légale (j’inclue ou pas la taxe CTIFL ? C’est avec ou sans coût du transport aval?) de la chose. De plus, aucun n’est en mesure de prouver que ça fonctionne avec des consommateurs de toutes façons sans référentiels prix autres que celui d’avoir d’inévitables picotements en bas du dos quand le différentiel entre le PVC fond de rayon habituel élevé et le PVC prix coûtant est trop important.
Si on veut vraiment redonner son esprit originel à ce type de promotion on ne peut plus utile en ces temps de défiance, il convient de la muscler en termes d’explication:
– Ne pas choisir des produits déjà premiers prix mais plutôt des cœurs de gamme, censés regrouper un faisceau plus large de consommateurs potentiels
– Communiquer on/in pack sur les constitutifs de la qualité quand ils permettent de répondre au consommateur sur ses plus grandes frustrations: ex. vous voulez des fruits mûrs… alors nous devons faire plusieurs passes à la cueillette et ça coûte ça en plus, vous voulez des produits français…et bien notre législation du travail plus Responsable/Equitable nous impose de rémunérer davantage nos employés qui pèsent x % des frais que nous avons, vous voulez des emballages recyclable, ils coûtent plus cher de tant que du bois réutilisé ou du plastique. Bien sûr, il ne s’agit pas ici de se lancer dans des explications bruxelloises seuls compréhensibles de d’Igor et Grishka, mais, comme dirait Bourdin, le consommateur a le droit de savoir.
– Pourquoi pas inscrire au Plan Promo Annuel une thématique récurrente ‘On vous dit combien la qualité coûte’. Après tout, ça ne choque personne de mettre le prix pour des marques reconnues, pourquoi n’en serait-il pas autant pour les F&L? L’attirance des consommateurs pour les circuits alternatifs, enfumeurs en chefs pour la grande majorité, prouve que le terreau est là.

Encore faudrait-il l’utiliser pour un discours de vérité.

Me raconte pas de salades !

Le monde de la gastronomie l’a compris depuis bien longtemps. À plat presque équivalent, une escalope crème chez Flunch devient un Suprême de poulet fermier à la crème fraîche d’Isigny, une part de tarte tatin se transforme en croustillant de pommes anciennes et sa boule de glace vanille bourbon de Madagascar rehaussée d’une giboulée de petit fruits rouges -le dernier ferme la porte-, le quart de cidre devient une bolée de cidre artisanal local français Bio Commerce Équitable (surtout pour le fermier !) que même que c’est la mère de la fermière qui a épluché les pommes elle-même avec un vieux Laguiole à ses initiales. Et dans l’assiette ou dans le verre ? À peu près la même chose.
Il est à mon sens primordial, pour redonner de la valeur au soin apporté aux produits, de savoir raconter des histoires au consommateur, dans le sens noble du terme, ceci afin de lui donner les repères qui lui manquent sans l’assommer avec du jargon technique. Peu importe qu’il se souvienne de la variété de l’avocat Hass s’il sait que c’est celui avec un petit goût de noisette, Cripps Pink devient la pomme croquante et juteuse des amoureux, la tomate cœur de boeuf aumônière celle qui a failli disparaître de Provence…
Les meilleurs conteurs au coin du feu, ceux qui font ouvrir les yeux aux enfants grands comme ceux des personnages de mangas, ont rarement BAC + 12 mais toujours le sens de la formule. Et tant pis si on veut du soja plutôt que des jeunes pousses de haricot mungo !

JDM pour Madame Michu

© Xdr

Après avoir désespérément cherché pourquoi, si on lui indique qu’une banane vaut 40 centimes, on lui détaille combien valent…2, 3 ou 4 bananes, un client dépressif s’est pendu avec un elastiband. JDM.
Après avoir soulevé une dizaine de colis vides pour finalement dénicher un fond de rouleau de sachets, soufflé dessus façon El Niño pour tenter d’en décoller un, s’être aperçu qu’il n’avait pas de poignées, un client qui avait eu l’imprudence de glisser un 4eme fruit dans le-dit sachet à vu tomber toutes les pommes sur ses pompes et rouler sous le pool balance. JDM.
Bonjour, je cherche un live de Bob Dylan au Royal Albert Hall…Euh oui, quel live? Je ne l’ai pas. Pas d’espace entre les 2 phrases, façon je ne suis pas en service !
Bonjour, je cherche ce livre… On ne l’a pas et on a rien en stock ! À la limite, on peut le commander… Les mots ‘pas’ et ‘rien’ ont été prononcés avec la même douceur que Trump répondant à un mexicain qui lui demande de lui passer le ketchup pour son hamburger ! Encore deux clients de moins pour ce grand magasin de produits culturels… JDM

Arti Show

artichautIls ont enlevé les poils? La tige se mange en entier? C’est bon? Non, je ne rapporte pas ici la discussion entre 2 actrices spécialisées de l’effeuillage avant d’entrer sur le plateau mais les commentaires des spécialistes des F&L que nous sommes qui se sont vu servir des artichauts en entrée (excellents au demeurant) du dîner de l’UNCGFL à Rome. Ceci m’inspire 2 commentaires:

1 – si nous hésitons nous, censés connaître nos produits, qu’en est-il de Madame Michu face à cette espèce dont la consommation sera bientôt cantonnée aux seuls cœurs dans les boîtes de conserve?

2 – un ancien Directeur Marketing officiant en Bretagne me confiait récemment que l’artichaut resterait pour lui une grande frustration professionnelle car, après avoir à peu près tout essayé (même un box merchandising prêt à la mise en TG, avec calibres ordonnancés et intercalaires de présentation…  il ne manquait que le mécanisme à ressort pour l’envoyer directement dans le caddy de la ménagère!), il n’avait pas réussi à endiguer le déclin de ce superbe légume.

Est-on aussi bêtes ?

© Photo Xdr

© Photo Xdr

Ça ressemble un peu aux discours de lendemain d’élection. Chacun y va de son petit auto satisfecit et prétends être le meilleur… sur un segment donné. Oui, on est en recul  de 12 points mais on est premier sur les anciens communistes défroqués sympathisant Front National ayant manifesté pour la sauvegarde du thon rouge ! Oui, on arrive 3ème mais on est toujours devant le parti des chasseurs à l’arc no kill qui font leur fromage eux-mêmes ! Hé bien, les pubs pour les nouveaux produits, c’est plutôt pareil. Première vente des yoghourts liquides petits formats aromatisés à la vanille Bourbon naturelle de Madagascar, 2ème rotation du rayon L.S. sur les fromages à tartiner portion individuelle qu’on peut prendre dans son sac sans qu’ils finissent écrasés par mon ordi… Assaisonnez avec quelques formules bidons telles que ‘soutien publi-promotionnel massif’, ‘Outils PLV percutants’, décorez avec des bulles de couleur et des points d’exclamation à la fin de toutes les phrases d’accroche, et vous aurez à peu près la tête des publicités de lancement d’aujourd’hui dans les revues spécialisées. Ça marche encore avec qui ? Prions pour que ce baratin ne gagne pas notre Filière F&L où nous avons tant de VRAIS messages à passer aussi bien en B to B qu’en B to C…