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Et si on jouait à cache-casse ?

Pour gagner de l’argent, il faut d’abord ne pas en perdre. Derrière cette lapalissade se cache pourtant un des grands fléaux de notre Filière et c’est pourquoi la chasse aux coûts cachés est ouverte. Or les gens en charge ont souvent une mauvaise acception du terme et tirent sans discernement sur tout ce qui coûte. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur les fausses économies telles que le gel de la maintenance préventive des frigos, tirer la qualité des sachets vers le bas, ne pas affecter quantité et qualité de ressources humaine pour la tenue des rayons… On note aujourd’hui un paradoxe criant au niveau des intervenants : ceux qui ont démarré comme hard discounters sans fioriture investissent pour surfer sur la vague de la proximité en devenant des spécialistes des Produits Frais, et les « grands » qui avaient une certaine légitimité en FL taillent sauvagement dans les frais et continuent à perdre des parts de marché.

Bracelet ou collier de chien ?

© Photo XDr

Vous avez vu combien de sites éphémères proposent aux hommes d’improbables bracelets auxquels ils essayent désespérément de donner un peu d’âme ? En plus des grandes marques de mode qui ont ajouté cet accessoire à leur gamme pour un prix exorbitant alors qu’il s’agit tout simplement de scoubidous améliorés, on a le site faussement manouche avec « Django et ses frères », le Hollandais de service, toujours prompt à exploiter la bêtise des gens, qui propose des bracelets en cordage d’Amsterdam… Je ne m’attarderai pas sur cette mode où les hommes lorgnent vers les bijoux féminins, nous sommes en démocratie, mais, de grâce, faites-le avec un peu de classe et d’originalité. Quand Ardisson explique que son bracelet de force Hermès lui rappelle son passé pas si lointain de bad boy, que c’est le dernier attribut de son époque cuir et poudre à laquelle il a survécu, et qu’il fait partie intégrante de son personnage, j’achète. Quand des robots empilent de la pacotille fabriquée à la chaîne (un comble pour un bracelet !) pour avoir les poignets qui ressemblent au cou d’une femme girafe Padaung, ça le fait moins. Même en ces temps de remake du cultissime « Blade Runner », arrêtons de nous comporter en répliquants…

Pour toi, client, c’est cadeau !

Quel est le stade ultime auquel on puisse travailler pour un client après la série limitée ? L’exclusivité. Comment expliquer que notre Filière soit si timorée concernant un concept qui cartonne en PGC (format/parfum/recette réservés pendant une période suivant le lancement -voire définitivement- à une enseigne). Nous n’utilisons manifestement pas assez un outil vendeur pour lequel nous sommes pourtant naturellement désignés. Chaque lot de FL, avec ses multiples spécificités (origine, terroir, espèce, variété, calibre mais surtout caractéristiques du producteur permettant de raconter une histoire), est par nature même une exclusivité, mais on n’en communique pas grand chose. Quel dommage quand le consommateur ne demande que ça ! Tout bobo qui se respecte a toujours l’œil humide en vantant SON « petit producteur », dont la charmante fermette jouit d’un micro climat unique au monde et dans la galaxie, et qui produit la « meilleure carotte ». Toute Madame Michu qui s’encanaille en fin de semaine a son étal favori au marché de plein vent et tant pis si le bon vendeur qui y officie s’approvisionne en invendus à Rungis et rhabille dans des colis bois marqués Provence.
Certaines enseignes plus malignes s’y sont très intelligemment aventurées avec le pomelos français de Corse (juste une précaution avant démarrage : prévenir l’agréeur pour qu’il n’ennuie pas le producteur avec les analyses LMR et accepte de recevoir d’office avec les pomelos quelques palettes invendables de farine de châtaigne pourtant pas commandées…), la bonne théâtralisation autour de maraîchers locaux ou de producteurs de légumes anciens mais il ne s’agit pas encore de réelles exclusivités qui continuent à faire peur en produits périssables. Les distributeurs anglais semblent plus avancés dans la démarche puisqu’ils demandent depuis plusieurs années déjà à leurs fournisseurs des fermes dédiées dont ils sont prêts à acheter toute la récolte, voire à financer la reconversion en Bio dont les volumes leur manquent…

Des outils performants, des utilisateurs maladroits

Bonjour, je m’appelle Pepe et j’ai des oranges qui déchirent ! Le message est publié par un barbu hilare aux inévitables Ray-Ban Aviator (pourquoi cette manie de mettre comme photo de profil un visage barré de cette icône vieillissante de Kekeland ?), dont les seuls nom et prénom à rallonge font penser qu’ils sont plusieurs à écrire et qui s’est octroyé un titre improbable genre Responsable Senior confirmé du développement des ventes marchés exports pour les petits agrumes hors clémentines.
C’est parti ! Les premières Osteen sont passées sur la calibreuse et elles sont super bonnes ! Il n’y en aura pas pour tout le monde ! Message assorti d’une photo en gros plan et prise de travers à l’iPhone graisseux.
La récolte des pommes de terre primeurs a démarré, n’hésitez pas à me contacter sinon, ça sera l’année prochaine ! Et il n’y a pas d’autre contact possible que la réponse via le réseau, vous voulez vraiment qu’on vous contacte ou pas ?
LinkedIn et autres réseaux professionnels offrent de réelles opportunités de passer des messages à la Filière mais nous serions bien inspirés de soigner nos publications. Mieux ciblées, ciselées, sans fautes d’orthographe et mise en page avec des photos de qualité. Soit on veut s’adresser à des professionnels et on doit inclure quelques données factuelles (dates, valeurs illustrant la qualité, faits marquants…) qui permettent de jauger la publication, soit on veut rester légers… et LinkedIn n’est pas le bon outil.

Je vous en mets combien ma petite dame ?

© Photo Filpack

Juste un petit ajout à mes papiers sur la nécessité d’être capable de conditionner des spécifiques pour nos clients GMS et l’indispensable recherche de valeur ajoutée. J’ai appris la semaine passée que certains éditeurs proposaient maintenant aux libraires, grâce à une machine à imprimer spécifique, des séries de livres de… 1 exemplaire ! Service au client qui attendait en vain une hypothétique réédition d’un texte et se voit proposer du sur-mesure, défense du support papier et de la boutique dans un univers de plus en plus kindlelisé et dématérialisé, pas de stock coûteux à gérer voire d’invendus à détruire, livre commandé/ réservé et « vierge » (c’est-à-dire sans les 34 bactéries des livres que tout le monde a tripotés en magasin, plus sales qu’une poignée dans le métro à Châtelet !) quand le client vient le retirer… La liste des intérêts et des avantages est longue.
Et pendant ce temps, pour notre Filière, toujours l’éternel débat sur la multiplication des emballages et les difficultés à la gérer. Les vendeurs travaillent-ils aujourd’hui à une machine qui permettrait d’imprimer et de façonner à la demande des micro-séries de cartons ? de produire des sachets imprimés aussi facilement qu’un tissu ? La solution est probablement par là…

 

Les Nanars 2017

« Et les gagnants sont… » © Photo Xdr

Bonsoir et bienvenue à cette première édition de la Nuit des Nanars 2017.
– dans la catégorie « Produit en perte de vitesse », est nominée la poire pour ne plus vendre de variétés tendres…
– dans la catégorie « Promotion la plus bidon », sont nominés la mention « vendu à prix coûtant », inintelligible pour le consommateur sans repère, l’arrondi de prix à 0,99 € qui fait passer le client pour une bourrique, la promotion tractée… sans produit sur l’étal car programmée trop tôt/tard dans la saison juste pour « repasser sur le chiffre »…
– dans la catégorie « Fausse innovation », sont nominés les 15 nouveaux clubs de pommes linéairophage et n’apportant rien d’autre que de la pignole marketing, la pomme à chair rouge dont on parle depuis des années sans en apercevoir le premier pépin, la caissette de clémentines à couvercle occultant le produit et que le client casse en rayon pour vérifier qu’il n’y a pas de pourris, le sachet de « choux pommes » qu’on sait même pas ce que c’est et qu’on s’en fout…
– dans la catégorie « Mauvaise économie », sont nominés les sachets trop petits/ trop fins/ sans poignée façon sac de couchage pour Michel Petrucciani, le transport des FL dans le même camion que les surgelés…
– dans la catégorie « Rayon le plus bordélique »…

Sans avoir les 24 libellés de statuettes en tête, il m’arrive de rêver d’une Cérémonie des Nanars où seraient « récompensées » les inepties qui gangrènent notre Filière et nous empêchent d’entendre quand le client nous dit juste qu’il veut du beau, bon, sain et pas trop cher !
L’industrie du film a bien ses récompenses pour les pires, à nous d’avoir un minimum de sens de l’humour et de, sur le ton de la plaisanterie, tenter de nous corriger.

Brèves d’étal

Les gens sont « formidables », comme disait Jacques Martin… ! ©Photo Xdr

De temps en temps, il n’y a rien à enlever, rien à ajouter. Juste à tendre l’oreille. Comme disait Jacques Martin, les gens sont formidables !

– Une vendeuse à la FNAC d’Aix : « Vous renseigner ? Ah on n’a personne aujourd’hui en Photo… Si vous pouvez vous renseigner tout seul… alors je peux ! »
– Annonce micro à l’aéroport : « Nous informons vos passagers que le vol à destination de… sera retardé une heure plus tard. »
– Toujours à la FNAC d’Aix : annonce micro interne pour une promotion sur iPhone : SE ou 6, le choix va Z’être difficile ! (sic). Depuis, ils ont enregistré une nouvelle version corrigée de la liaison plus dangereuse qu’avec le Vicomte de Valmont.
– Au supermarché : dialogue entre 2 ELS affalés sur leur tire-pal au milieu de l’allée : « Si, si, même en vacances, tu peux être arrêté, j’ai appris ça récemment, ça passe ! »

Could you please just shut the f… up ?

François Berléand est « Le Siffleur », un film de Philippe Lefebvre © Photo Pascal Chantier

J’ai une sainte horreur des blaireaux qui sifflent très fort et très juste dans les lieux publics, au mépris de tout semblant d’éducation, en imposant à l’entourage cette bonne humeur affectée du charpentier qui prend du plaisir à construire un chalet pour y mettre son père, sa mère, ses frères et ses sœurs… Peut-être même qu’ils m’énervent plus encore que les exhibes qui font des Skype en gesticulant dans la rue, les bâfreurs de pop-corn au cinéma ou les VRP qui hurlent leurs exploits dans le TGV… Oui, je sais, je ne supporte pas grand chose. En fait si, juste les gens un minimum discrets.

Le Chinois, lui, y dépense walou, y dort dans son magasin !

Je lisais l’interview du patron d’une enseigne de distribution leader en Espagne dans laquelle il louait les valeurs d’effort, de travail et de service de la communauté chinoise, perdues depuis longtemps par beaucoup d’Espagnols.
Pour ceux qui connaissent l’enseigne, son très grand professionnalisme et l’importance qu’elle accorde aux Ressources Humaines, on peut faire confiance au jugement. Quand les Chinois travaillent tôt, dur et presque tous les jours, d’autres ne pensent que « journée intensive » (concept fumeux et mal nommé pour que les journées et semaines finissent plus vite), fériés et vacances. Quand les Chinois sont capables de presque tout pour un client, d’autres manient le « es que… », le « el problema… » et le « es lo que hay ! » pour expliquer pourquoi tout est compliqué et pourquoi ça n’est pas possible. Et je vous arrête tout de suite : inutile pour mes lecteurs français de sourire méchamment de ce constat un peu dur, c’est exactement pareil chez nous mais… en pire !
A la fin d’un entretien d’embauche, demandez à un jeune candidat s’il a des questions concernant le poste proposé et il y a toutes les chances pour qu’il aborde les thèmes ô combien fondamentaux des 35 heures, du nombre de RTT, de la possibilité de prendre des vacances dès la première année (il a toujours un voyage, réservé de longue date, programmé…) et des Tickets Restaurant. En Espagne la fruiterie du Chinois, en France l’épicerie arabe, en Angleterre le cash’n’carry du Pakistanais, aux États-Unis le liquor store… Au delà du grand respect que méritent ces gens qui travaillent quand d’autres ne veulent plus le faire, ces commerces personnifient aussi une dérive manifeste de la valeur travail et de son corollaire service, fondamental pour la réussite de notre Filière. Quand tous ces courageux passent le balai devant l’échoppe avant d’ouvrir le matin, il n’en reste aux autres que les poils dans la main. Que les hordes de traîne-savates, pendues aux mamelles presque taries de l’Etat Providence et de son dealer européen, continuent à battre le pavé à chaque tentative de redémarrage du pays, d’autres communautés n’attendent que ça pour nous remplacer.
Avec la dématérialisation et la robotisation, peut-être qu’il n’y aura pas de travail pour tous dans le futur mais, rassurons-nous, certains ont déjà copieusement anticipé et ne seront probablement pas trop dépaysés…

« Chez ces œufs-là, on ne pense pas, Monsieur, on ne pense pas, on vend. »

Dans une précédente entrée, j’avais pointé du doigt le mélange de fatuité et de langue de bois caractérisant les mentions sur les blisters de jambon en tranche. Eh bien, je n’avais pas encore fait attention aux œufs ! Lors de votre prochain passage en magasin, amusez-vous à lire les mentions sur les boîtes et vous verrez qu’on était loin d’avoir touché le fond avec le jambon. Quelques exemples de mentions relevées à la volée sur les étagères…

1 – Les inutiles
Ce sont les mentions généralement apposées sur les premiers prix/entrées de gamme, tentant de façon malhabile de masquer qu’on n’a pas grande histoire à raconter à part le prix. Elles sont d’autant plus inutiles que l’acheteur de prix sait pourquoi il choisit de ne pas dépenser plus et n’est pas souvent un fanatique de littérature.

Quelques exemples :
– « œufs frais » : nous voilà rassurés ! À quand la commercialisation d’oeufs pourris pour le bizutage ou les manifestations ?
– « ramassés à la main » : quelqu’un peut-il expliquer au consommateur comment sont ramassés ceux qui ne le sont pas à la main ? Les images les plus folles nous arrivent, de poules contraintes de poser coquille directement au dessus de la boîte ou d’œufs intelligents allant tous seuls docilement se loger…
– « poules élevées au sol » : c’est sûr, en l’air, c’est plus compliqué pour ramasser les œufs, surtout à la main.
– « bien jaunes » : ahah… des fois que les œufs, sous l’influence contestataire du lapin de Pâques, décident d’être d’une autre couleur. Avec Label Rouge et l’opération Bleu, Blanc, Cœur, on nous promet un vrai feu d’artifice !
– « pondus en France » : et dans le cas d’élevages en plein air en Alsace, région magnifique mais où l’histoire nous a appris que les frontières étaient pour le moins fluctuantes. Que se passe-t-il si une poule contestataire décide, comble de la déviance, de marcher au pas de l’oie et de pondre du mauvais côté du Rhin ? Allons-nous avoir des œufs pointus à la coquille feldgrau ?
– « datés du jour de ponte » : c’est sûr qu’il serait plus compliqué de les dater du jour où la poule a commencé à se dire qu’il serait temps de répondre à l’appel de la clayette ou bien de celui où le consommateur va les déguster !
– « 6 œufs de poule » : oui, même avec les avancées sur les transgenres, les coqs sont encore un peu fainéants et noient leur chagrin dans le vin pour tenter d’oublier qu’ils ne peuvent toujours pas pondre…
Dans la série des mentions inutiles, on aurait pu aussi l’œuf Titanic « garanti sans trou dans la coque », « contient du blanc et du jaune », « cassez la coquille avant de consommer »…

2 – Les confusantes
– « à conserver au réfrigérateur après achat » : alors, pourquoi les boîtes d’œufs sont-elles présentées en linéaire ambiant dans le point de vente ?
– « 6 œufs fermiers » : ça veut dire ?
– « poules élevées en liberté » : c’est un peu le concept de « tu as la permission de minuit et on va avec toi dans la discothèque » des parents qui craignent pour le petit capital de la fifille. Les poules sont enfermées mais… en liberté.

3 – Les spéciales hipster
– « l’œuf de nos villages » : même s’il y a pourtant peu de chances qu’ils proviennent des toits de Paris, la mention est ici associée avec le concept un peu teinté laveurs de pare-brise roumains des « exploitations familiales » et la photo d’un bon visage de paysan rubicond (oh tu m’ennuie avec ta crème solaire !) sur une chemise à carreaux (ben oui je vais monter à Bruxelles comme ça !). Sur la tranche, l’imparable « privilégions l’emploi local » qui fait frémir tout barbu sans chaussettes qui se respecte.
– « producteurs engagés » : pas d’approche helvétique de la production d’œufs, Monsieur. Non seulement ils nous sont fournis par des paysans, mais en plus par des paysans engagés ! Engagés contre quoi, l’étiquette ne le dit pas, mais tant qu’ils cassent de la Grande Distribution…
– « petites fermes depuis 1983 » : je ne sais pas encore si la ferme est assez proche pour que puisse m’y rendre sur mon vélo Brompton, mais c’est un bon début.

4 – Les intelligentes
Dans le lot, quand même, des mentions bien pensées.
– « nos poules sont élevées en plein air » : reste à définir la notion de « plein air », pas forcément la même pour un Parisien content de pouvoir prendre sa voiture les jours sans pic de pollution et un Corrézien. À noter que, pour certaines poules préférant, pour la demi-heure de promenade du dimanche après-midi, le cours Mirabeau à la Canebière (comme je les comprends !), elles auront accès à un « parcours arboré ». L’histoire ne nous dit pas si elles pondent avec le petit ergot en l’air et plutôt avant ou après la messe…
– « coque 3, mollet 5, dur 10 minutes dans l’eau bouillante » : ben oui, il y a de plus de plus de divorcés et on a pas envie de s’encombrer la tête à retenir trop de choses. Ceci étant, la durée de vie moyenne de la population augmentant, il est peut-être temps d’introduire la notion de « demi-dur » ou « moitié mou ».
– « alimentation des poules pondeuses composée à 65 % minimum de céréales » : alors maintenant, on sait que ces poules-là ont un point commun avec les mannequins anorexiques encensés par Karl cheveux d’argent. Mais il y a encore mieux : nous avons en plus des poules patriotes « nourries aux céréales LOCALES » avec le petit drapeau Bleu-Blanc-Rouge et tout et tout…

Au-delà de la plaisanterie, ce florilège de mentions en tous genres dévoile tout de même des approches foncièrement différentes de l’information consommateur.
Lustucru, lui, a tout compris : Bio en grand avec le logo caution de certification, des messages pertinents « naturellement riche en Oméga 3 », « Issu d’animaux nourris sans OGM », « boîte à base d’herbe 100 % home compost ». Respect.