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Je n’aime pas les FL mais ça j’aime bien !

Certains leaders de la 4eme gamme ont déjà intelligemment pris pied sur le segment de l’apéritif convivial sain avec des plateaux apéritifs légumes à diper, des tartinables… D’autres comprennent qu’il vaut mieux offrir et marketer dans ce sens une cœur de pigeon que des mauvaises pistaches iraniennes gonflées d’afflatoxines ou des arachides chinoises.

Mais, à part pour l’apéritif et avec quelques espèces s’y prêtant naturellement (ex. de la tomate), que fait-on pour redonner envie à nos “jeuns“ de manger autre chose que de la junk food ?
Que fait-on pour favoriser la consommation nomade des fruits ?

Qu’importe le flocon pourvu qu’on ai le tire-fesses !

Vous avez noté bien sûr comment certaines enseignes spécialisées dans les supérettes de proximité en montagne refont de la pub juste avant le démarrage de la saison de sport d’hiver. En fait, je me demande pourquoi les skieurs qui ne veulent pas reprendre la voiture pour descendre au supermarché traditionnel un peu plus bas dans la vallée, sont manifestement captifs. Peu importe la gamme minimaliste et les prix élyséens, on ne va pas déneiger la voiture, qui en plus tient mal sur la route car c’est une propulsion, pour aller acheter les trois produits et demi qu’il nous manque, si ? En fait c’est la captivité du client qui m’intéresse, celle-la même qui touche le touriste à Disneyland Paris qui a eu le malheur d’oublier son pique-nique ou le voyageur TGV qui recompte fébrilement sa monnaie en s’approchant en tanguant du wagon Restaurant pour savoir si, avec 14€, il aura assez pour le café et le donut dont il rêve. Ces deux autres monopoles ne font pas de pub eux…

Red bulle

En fait, la vie n’est qu’une histoire de bulles.
Les femmes en veulent des grosses en haut devant et des petites en bas derrière pour attirer les hommes. 2 ou 3 fois dans leur vie -la moyenne baisse-, elles sont génétiquement programmées pour en sentir une grossir. Elles la feront ensuite grandir une vingtaine d’années avant de la voir à son tour s’envoler avec une autre plus petite.
Les hommes, eux, pensent invariablement qu’ils en ont des plus grosses que le voisin. Ils regardent crever les bulles de leurs rêves (que le Grand Jacques avait raison…) au fur et à mesure que les années passent.
Enfin, les enfants ont quelques années innocentes à en faire avant d’atteindre l’âge adulte. Le travail n’étant plus trop à la mode, ils vont pour la plupart essayer ensuite au maximum de la coincer.
Tous attentent la bulle ultime, maligne, qui les emportera voyager trop près du tropique du Cancer.

Tout à coup, un inconnu vous offre des choux-fleurs !

On se répète à longueur de formation que rares sont les clients ayant une liste de courses précises en FL et que, en général, ils choisissent à l’impulsion face à l’étal. Et ? Compte-tenu des défaillances chroniques sur les basiques de l’étalagisme, on oublie que si certains consommateurs le tolèrent encore et choisissent le moins pire, d’autres passent carrément leur chemin. Avec des salades défraîchies, des tomates plus fripées qu’un dimanche après-midi sur la promenade des anglais, des pommes avec la même tête que Clive Woodward, le rayon fait parfois très peu envie. Il ne s’agit donc plus ici de savoir ce qu’ils vont choisir mais de s’assurer qu’ils ne repartiront pas sans rien ou n’iront pas grossir les rangs des convertis aux légumes surgelés ou aux yogourts et barres chocolatées, eux-aussi en concurrence directe avec le fruit dessert.

Kleenex business

Hormis dans les Produits Frais Traditionnels, les innovations produits sortent des gammes aussi vite qu’elles y sont rentrées. Quand ça ne gagne plus, on arrête ! Ce mouvement perpétuel fait par exemple partie intégrante de la croissance des desserts lactés, des boissons, des biscuits… Et, pendant ce temps, rien ou presque en FL à part les sursauts d’une quatrième gamme qui peinent toujours à trouver l’espèce de ‘rouge gustative’ pouvant remplacer la chioggia spéciale benji ou le nouveau parfum de Danao pour épauler pêche/abricot… Peut-on décemment se passer autant d’innovation sur un marché alimentaire ?

Président Débile 6 : résurgence

Le Palais de l’Elysée. ©Photo Xdr

Entre le roquet rouge encore moins sympathique que son hologramme, l’enfumeur chérubinique qui fait son cinéma mais sans annoncer le programme, le 5e couteau, contraint de suppléer un Président sans courage et déjà lui-même élu par hasard, qui veut amplifier encore la dérive alors que la France est déjà le pays le plus imposé et le plus assisté d’Europe, la grenouille qu’on veut noyer dans son bénitier pour avoir oublié de contrôler que maman avait fait ses devoirs, la tête blonde qui a recyclé National Socialisme en Patriotisme du Peuple sans que les veaux Alzheimerisés ne s’en émeuvent… au secours ! L’élection présidentielle en France, c’est vraiment pas le Beyrou !
Ceci étant dit, ce sont les mêmes qui s’insurgent contre l’élection emperuquée de Donald par une majorité de petits blancs racistes et obèses ayant le même QI que leur 44 chromé, qui s’élèvent contre le seul choix cohérent s’offrant à des français qui pensent surtout à en faire le moins possible et à tendre la main à un état anciennement providence et de tous temps proxénète.

De tous ces maux, l’un est moins pire…

30 millions de faux amis

©Photo Xdr

Après les coccinelles, pandas, colibris et autres grenouilles, voici venir les amis des abeilles !
Vous avez remarqué combien les animaux jouissant d’un capital sympathie sont réquisitionnés les uns après les autres pour tenter de sauver le soldat Végan ? Combien on utilise leur image pour essayer de dire, parfois assez maladroitement, que tel ou tel pays, producteur ou produit est respectueux de la nature ? Alors, dans l’ordre, on a eu la petite bête à bon Dieu qui tentait d’expliquer l’agriculture raisonnée à des consommateurs ne sachant à quel saint se vouer, puis les pandas joufflus ayant manifestement délaissé le Kung-fu pour abuser de pousses de bambou hallucinogènes, les colibris, la grenouille bionique issue des cartels latinos, veillant scrupuleusement à ce que tout le monde s’acquitte de sa dette au péage marketing, et maintenant les abeilles ! Au delà de toutes ces démarches qui, j’en suis conscient, sont de vraies tentatives d’avancées, ne doit-on pas craindre que ce carnaval des animaux ne continue à laisser le consommateur dubitatif et ignorant de ce qui se cache derrière le green masque ?

Touchez ma bosse, monseigneur !

Jean Marais incarne « Le bossu » en 1959 dans un film de André Hunebelle. © Photo Xdr

On sait, avec l’épisode de Madame Fillon jetée en pâture à la populace par la hyène mediatico politique, qu’un acte légal n’est pas forcément moral. Dans la même logique, on doit aussi se demander si un concept intelligent est toujours vendeur. Bien sûr qu’une boîte de conserve cabossée ou avec une étiquette partiellement déchirée ne voit en rien l’intégrité de son contenu menacé. Si, de surcroît, on la paye moins cher, cela peut faire le bonheur du consommateur au budget limité et du contrôleur de gestion dans sa guerre à la casse. Ceci étant dit, a-t-on intégré l’impression d’acheter un produit au Rabat plutôt que dans une grande surface? A-t-on imaginé l’esprit tordu de certains qui vont arracher les étiquettes à dessein? A-t-on pensé aux inspecteurs en tous genres qui vont immanquablement crier au crime de lèse-traçabilité? Après, juste pour rire, je propose qu’on donne le facing des boites cabossées à faire à l’ELS qui gonfle tout le monde, si…si, vous savez, celui qui veut tous les fériés, est systématiquement pris dans un embouteillage le lundi, a toujours un enfant malade en février…

Wonderbox

© végéblog Guely

Ah les promesses affichées sur ces présentoirs de boîtes à bonheur aux couleurs flashy : le temps d’un week-end, on nous promet bien-être, gastronomie, séjour gourmand… Et quand on détaille un peu, on y parle de délices, de tables, de bistrots… Compte tenu du niveau d’insatisfaction des consommateurs vis-à-vis des F&L qui ne baisse pas, je suis convaincu qu’il y a dans notre Filière toute la matière pour un marketeux à construire une Wonderbox dédiée à nos F&L : découverte de la Production via un ‘vie ma vie’ de quelques heures, blind test sur les espèces, dégustation, cuisine… À quand la Wonderbox WE de récolte des abricots en Ardèche ou escapade dans les vignes du Ventoux ? Même si c’est plus dur que les quelques heures de pierres chaudes de Madame ou de petit cheval cabré de Monsieur, rares sont les consommateurs qui ont un mauvais souvenir des vendanges de leur jeunesse…

Enherbement maximum !

Alors que le Bio continue, et c’est très bien ainsi, de progresser en F&L, certains producteurs encore plus français que les autres question mentalité (comprenez vraiment jamais contents !) s’autorisent à penser. Plutôt que de se poser les bonnes questions, on commence à noter des débuts de scission entre les talibans du Bio, qui veulent faire de ce mode de culture un étendard pour porter haut et rouge les discours anti-patron et rejeter en black block tout semblant d’industrialisation de l’agriculture, en vérifiant avant utilisation que le fumier organique ne vient pas d’une vache Filloniste ou que le compost est de gauche, et les agriculteurs Bio plus pragmatiques, qui cherchent plutôt comment financer autrement que par l’éternelle aumône de Bruxelles les années de conversion, comment éviter les déconversions, comment démocratiser le Bio, comment faire du Bio non pas une secte d’ultras mais plutôt le fer de lance d’une nouvelle agriculture conventionnelle recommençant enfin à raisonner.
Quand arrêtera-t-on enfin dans notre Filière de casser systématiquement les nouveaux jouets qu’on nous donne ?