Crise : réunion extraordinaire le 17 août à FranceAgrimer
Filière — Par Julie Martin le 12 août 2011 13 h 25 min
La crise s’intensifie chez les producteurs de fruits & légumes. Après de nombreux cris d’alarme et des actions de contrôle effectuées sur les autoroutes A9 et A7, la FNSEA, JA, Légumes de France et la FNPFruits ont obtenu une réunion extraordinaire à France Agrimer mercredi 17 août.
Mardi dernier (le 9 août), à l’appel de la Fnsea, c’est le péage de Gallargues le Montueux (proche de Montpellier) qui a été le lieu de rassemblement d’une centaine de producteurs de fruits et légumes, majoritairement issus du Gard et des Pyrénées-Orientales. Un barrage filtrant sur l’autoroute A9 leur a permis de contrôler les camions en provenance d’Espagne et d’en vider en partie 5 d’entre eux. Les producteurs avaient déjà organisé une manifestation similaire le 11 juillet au niveau du péage du Boulou (66). Suite à la manifestation du péage de Gallargues, un grossiste du marché de Nîmes a été également vandalisé, suspecté de vendre des produits espagnols.
Hier jeudi (le 11 août), c’est l’autoroute A7 qui était investie au niveau de Lançon de Provence à l’appel de la FDSEA, toujours pour une opération de contrôle des camions frigorifiques transportant des fruits et légumes en provenance d’Espagne. Les 150 à 200 producteurs réunis ont vidé le contenu de trois poids lourds, remplis de pêches, nectarines, poires et figues espagnoles, ainsi que d’oranges d’Afrique sud. « C’est un problème de société. Est-ce que l’on veut encore des producteurs de fruits et légumes dans nos régions ? Est-ce qu’on veut encore des productions de qualité ? », demandait Claude Rossignol, président de la FDSEA des Bouches-du-Rhône.
Les producteurs dénonçaient également le problème des calibres des fruits, de l’usage de produits phytosanitaires et du coût de production, moindre en Espagne. Par ailleurs C. Rossignol soulignait qu’ « alors que la saison des pommes et des poires commence, les chambres frigorifiques sont déjà pleines de produits de l’hémisphère Sud ».
Egalement présent, Bruno Darnaud dénonçait sur France Inter la très forte concurrence espagnole en fruits à noyau avec des pêches ibériques négociées à 50 cts –ou moins- sur l’Allemagne alors que le prix « normal » des productions françaises est estimé à 1,30 cts /kg. En fruits à noyau, les trois semaines de précocité des productions françaises ont entrainé un choc frontal avec les productions espagnoles. Avec la crise de la bactérie E.coli qui a lourdement affecté la filière, la météo peu propice à la consommation de leurs produits et une concurrence estimée déloyale, les producteurs appellent à un « un plan de sauvetage » pour la filière fruits et légumes, qui selon eux « se meurt dans l’indifférence générale ». « Nous attendons la présence de tous les acteurs de la filière afin que des décisions d’urgence soient prises et permettent aux exploitants de retrouver de l’oxygène », ajoutent les syndicats.










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